/news/society
Navigation

Pénurie d’éducatrices: «Une tempête parfaite pour cet été», admet le ministre Lacombe

Coup d'oeil sur cet article

Les ruptures de services dans les garderies et CPE risquent de se multiplier. Une «tempête parfaite» se prépare dans les services de garde, qui seront aux prises avec une pénurie d’éducatrices hors du commun cet été, admet le ministre Mathieu Lacombe.

• À lire aussi: Éducatrices en garderies et en CPE: le ministre Lacombe inquiet de la vague de départs appréhendée

• À lire aussi: Petite enfance: une éducatrice sur deux songe à quitter le métier

Manquant déjà cruellement de personnel, les directions de garderies et CPE devront jongler également avec des parents qui prennent moins de vacances en raison des restrictions sanitaires, les voyages à l’étranger n'étant pas recommandés. Sans parler des règles de la Santé publique, qui forcent les installations à employer plus d’éducatrices pour accueillir les tout-petits et ne pas mélanger les groupes.   

«On est devant une tempête parfaite pour cet été, a reconnu jeudi le ministre de la Famille. Évidemment, on ne peut pas forcer les parents à prendre des vacances, même si, parfois, on a envie de leur dire que les enfants aussi ont besoin de vacances!»

  • Écoutez l’entrevue de Mathieu Lacombe, ministre de la Famille à QUB radio

Mathieu Lacombe se dit sensible à tous les parents qui sont forcés de garder leur bambin à la maison après une interruption de services dans leur garderie ou leur CPE. «C’est un casse-tête quotidien pour les parents à qui ça arrive», a-t-il dit.  

Et le pire pourrait être à venir. Près d’une éducatrice sur deux envisage de quitter la profession.  

En effet, pas moins de 47% des travailleuses de la petite enfance œuvrant en CPE ou en installation privée songent à changer de métier d’ici trois ans, a révélé un sondage maison du mouvement Valorisons ma profession réalisé auprès de 3669 éducatrices de partout au Québec.  

Le maigre salaire, qui peut aller de 32 000 à 42 000$ au bout de 10 ans de services, est en cause. Notons que des négociations entre le gouvernement et les éducatrices en installation, pour le renouvellement de leurs conventions collectives, sont en cours.  

Aide financière pour les responsables en milieu familial 

Afin de pallier la pénurie de places en services de garde, le ministre a annoncé de l’aide financière pour les responsables de garderie en milieu familial. Chaque année, le réseau perd 4000 places. Quelque 51 000 bambins sont inscrits sur la liste d’attente. M. Lacombe veut «inverser la tendance».   

Les responsables d’un service de garde en milieu familial qui offrent actuellement six places recevront 3000$ par an. Celles qui décideront d’offrir neuf places avec le soutien d’une assistante pourront toucher jusqu’à 6000$ par an. Un incitatif financier de 3500$ est également prévu pour les personnes qui souhaitent devenir responsables d’un service de garde en milieu familial. 

Offre tardive

La députée péquiste Véronique Hivon estime que le ministre Lacombe aurait dû s’occuper bien avant de cet enjeu pour attirer des responsables de garderie en milieu familial et, surtout, les retenir.

«L'urgence, c'est de s'occuper aussi de ce qu'on lui dit depuis des ans, de la pénurie d'éducatrices, avec des moyens forts, et ça commande un rattrapage salarial massif, parce que ce travail-là le vaut, et parce que la pénurie actuelle le commande», a-t-elle ajouté, en point de presse à l’Assemblée nationale.  

La députée de Joliette n’a pas manqué de rappeler que les éducatrices, au front depuis le début de la pandémie, n’ont pas eu droit à la prime COVID.  

«Imaginez, dans les épiceries, dans les pharmacies, les commis ont eu des primes; les éducatrices n'ont pas eu de primes, ni pendant la première vague, quand elles étaient les seules au front. Donc, les écoles étaient fermées, tout était fermé, les CPE étaient ouverts, il n'y avait pas de primes!»  

À VOIR AUSSI