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Un plan de 735 M$ pour revitaliser le Mont-Sainte-Anne

Ces investissements lui permettraient de retrouver ses lettres de noblesse

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Le plan présenté jeudi par Les Amis du Mont-Sainte-Anne prévoit des investissements privés et publics de l’ordre de 735 M$, des sommes jugées nécessaires, selon l’organisme, afin de permettre au site de retrouver ses lettres de noblesse.

L’ambition est d’en faire une destination de plein air et de tourisme offrant des activités sur quatre saisons.  

«C’est un point de départ emballant dont on avait hâte de vous parler», a lancé Yvon Charest, président des Amis du Mont-Sainte-Anne, qui a aussi piloté le dossier du pont de Québec.  

Selon l’organisme, le parc du Mont-Sainte-Anne est un joyau régional qui requiert instamment des investissements considérables.   

D’après le plan de développement, 175 M$ sont prévus uniquement pour corriger le sous-investissement des dernières années par le propriétaire actuel de la station de ski, Resorts of the Canadian Rockies (RCR), et pour mettre la montagne au goût du jour avec de nouveaux aménagements.  

Dans la nouvelle vision du parc du Mont-Sainte-Anne, il est prévu de créer une boucle d’activités avec trois sommets.
PHOTO REPRODUCTION LES AMIS DU MONT-SAINTE-ANNE
Dans la nouvelle vision du parc du Mont-Sainte-Anne, il est prévu de créer une boucle d’activités avec trois sommets.

À cela s’ajoutent 550 M$ pour du développement immobilier de villégiature, en plus de 10 M$ en infrastructures publiques.  

Réactions

Même si M. Charest a bon espoir de voir ces investissements aller de l’avant, la partie est loin d’être gagnée, car RCR dit travailler aussi sur son propre plan de développement. 

«Nous avons reçu ce matin même le plan de développement présenté par Les Amis du Mont-Sainte-Anne. N’ayant pas été consultés ou invités à prendre part à leur démarche, nous ne sommes pas en mesure de le commenter à ce moment-ci. Pour notre part, nous continuons de travailler sur l’élaboration d’un plan directeur de développement pour la montagne, comprenant la bonification des composantes récréotouristiques. Le Mont-Sainte-Anne a toujours travaillé de concert avec les différents acteurs touristiques de la région et il est primordial pour nous de continuer en ce sens», a affirmé Maxime Cretin, directeur général et vice-président du Mont-Sainte-Anne.

Malgré cette réponse, M. Charest, qui n’en est pas à ses premières armes comme négociateur, croit que la réalisation du plan des Amis du Mont-Sainte-Anne est possible et souhaitable pour la pérennité du site.  

«Le Mont-Sainte-Anne a déjà présenté des projets de développement ambitieux en 2008 et en 2011, des projets de 150 M$, mais ils n’ont rien fait avec. Deuxièmement, l’automne passé, jusqu’en octobre, le Mont-Sainte-Anne travaillait avec nous sur le plan de développement pour les activités autres que la montagne et ils se sont retirés du dossier», a rappelé M. Charest.  

À la croisée des chemins

Selon lui, il est évident que RCR ne peut plus se contenter du statu quo.  

«On a communiqué avec RCR. On leur a envoyé une offre et on est en attente d’une réponse. On sait que RCR est à un moment névralgique, car il doit rénover ses infrastructures. Toutes ses remontées ont plus de trente ans. Jusqu’à présent, il a été capable de gérer la montagne sans faire trop d’investissements, mais maintenant, il est à la croisée des chemins», a dit M. Charest, qui attend une réponse officielle à l’offre présentée.  

«On s’attend surtout à une réponse sur l’offre, plus que sur le plan de développement», a-t-il mentionné, sans vouloir en dire plus. 

«Nous, on est relativement flexible sur les options en autant qu’il y ait une pérennité pour la montagne et que ça se fasse dans un temps quand même assez rapide.» 

Plus tôt ce printemps, le gouvernement du Québec a entrepris des procédures juridiques afin de reprendre les terrains du pourtour de la montagne. 

Le sort de la station Stoneham, qui appartient aussi à RCR, pourrait aussi se jouer en même temps que celui du Mont-Sainte-Anne.  

«Quand on a communiqué avec RCR, on a dit que notre intérêt premier, c’était le Mont-Sainte-Anne, mais que, si pour toutes sortes de raisons, RCR voulait se retirer complètement du Québec, nous, on est prêt à discuter avec eux pour ce qui est de la station Stoneham.» 

À partir de maintenant, la stratégie globale de revitalisation devient une carte professionnelle pour Les Amis du Mont-Sainte-Anne afin d’approcher des investisseurs potentiels.