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Une peine exemplaire pour un homme qui a failli tuer son ex

L’accusé s’était introduit par effraction chez la victime avant de la poignarder

Michel Lalande
Photo tirée de Facebook Michel Lalande a écopé d’une peine de neuf ans à l’ombre pour s’en être pris à son ex.

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En confirmant la peine exemplaire de neuf ans de détention pour un homme jaloux sans histoire qui a violemment blessé son ex en la poignardant à de multiples reprises, la Cour d’appel envoie un message fort selon lequel la violence conjugale doit être sévèrement punie, croient des experts en droit.

Le 15 octobre 2017, Michel Lalande s’est introduit chez son ex à son insu. Il était jaloux et inquiet que son ancienne amoureuse ait refait sa vie avec un autre homme. 

Rapidement, la discussion entre eux dégénère. Une altercation éclate et Lalande asperge la femme de poivre de Cayenne au visage et la poignarde à plusieurs reprises.

Atteinte à 17 reprises au cou, au dos, aux jambes et aux mains, la victime a survécu, mais vit avec d’importantes séquelles encore aujourd’hui. Michel Lalande a plaidé coupable aux accusations qui pesaient contre lui en avril 2020. 

Même si l’accusé de 60 ans est « un homme sans histoire, qui n’a pas d’historique de violence », le juge l’avait malgré tout condamné à une peine de neuf ans, pour s’assurer qu’il serait « isolé » de la société, mais aussi de sa victime « qui le craint toujours ». 

« La peine [...] doit d’abord dissuader quiconque de commettre de pareilles infractions. Toute personne doit savoir que si elle se rend coupable de voies de fait graves à l’endroit de son ex-conjointe, elle pourrait être privée de sa liberté pour une période importante », avait dit le juge Dominique Dudemaine, de la Cour du Québec, en accordant la peine suggérée par la Couronne.

Selon le magistrat, il est clair qu’en commettant son crime, l’accusé a voulu « reprendre le contrôle » et le « pouvoir sur son ex-conjointe ». 

Un message fort

La défense, qui demandait une sentence beaucoup plus clémente, soit moins de trois ans de détention, avait porté en appel cette décision.

Mais cette semaine, la Cour d’appel a entériné cette sentence « sévère, voire très sévère », mais sans aucune erreur de droit ou de principe, selon elle.

Cette décision lance ainsi un message fort à la population, croient deux anciennes juges. 

« Ça envoie comme message que même sans antécédent judiciaire, tu peux avoir une peine de prison sévère », lance Nicole Gibeault.

« C’est une sentence sévère, qu’on peut considérer d’exemplaire, en vertu de cette époque que l’on vit, où la violence conjugale est très présente », ajoute Suzanne Coupal.

Par ailleurs, le juge de première instance avait insisté sur la chance de la victime d’être toujours en vie, mais aussi sur celle de l’accusé, qui se serait vu imposer une peine beaucoup plus importante si la femme était décédée des suites de ses graves blessures.