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Des outils internet à la rescousse des employeurs

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Devant le manque de main-d’œuvre au Québec, le taux de chômage était à 6,6% en mai, des outils web ont été développés pour améliorer les contacts entre entreprises et chercheurs d’emploi. Certaines solutions permettent le partage d’employés et servent à combler les besoins de courte durée. 

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L’entrepreneur Mathieu Laveau a notamment mis sur pied en novembre 2019 l’application dispoapp.ca, qui permet aux employeurs de dénicher des travailleurs «pour une journée ou quelques semaines», maximum trois. 

Cette solution a été utilisée par une vingtaine de compagnies d’ici comme Chocolats Favoris, La Cage – Brasserie sportive, La Maison Simons, Café Ricardo et l’Hôtel Château Laurier, énumère le président de la compagnie.

«Nous desservons présentement comme industries la restauration, l’hôtellerie, l’industriel et l’entreposage», mentionne M. Laveau.

Chaque candidat «doit se préqualifier» avant de pouvoir soumettre sa candidature sur des mandats temporaires. «On vérifie les antécédents criminels et d’emplois», explique M. Laveau. 

Souvent, il s’agit de personnes souhaitant arrondir leurs fins de mois avec un deuxième emploi ou tout simplement travailler durant une courte période.

«Il y a une grosse demande, présentement, provenant du secteur de la restauration pour avoir du personnel temporaire. Les employeurs tentent de trouver des employés à temps plein ou à temps partiel, mais entre-temps, ils cherchent d’autres options», indique M. Laveau, précisant que les cuisiniers sont très demandés. Sur son application, il y a des offres à 20$ de l’heure.

Les produits et les salariés

La plateforme BizBiz Share, qui mise sur le partage des ressources, comme les bureaux ou les équipements entre les entreprises, offre aussi maintenant un espace dédié au partage de talents.

«Plusieurs clients nous ont dit: on partage nos ressources, mais peut-on aussi partager nos ressources humaines lorsqu’il y a une baisse de production au lieu d’utiliser le chômage? [...] Il y a quelques échanges qui ont été réalisés», avance Pierre Daigneault, chef de la stratégie.

En début d’année, l’entreprise a lancé la plateforme BizBiz Construction en collaboration avec l’APCHQ, axée sur la location, l’achat ou la vente d’équipement. M. Daigneault aimerait un jour ajouter à cette offre la possibilité de partager des travailleurs de la construction entre entreprises.

La compagnie travaille aussi sur un produit qui visera principalement «le domaine de l’hospitalité», soit les restaurants et l’hôtellerie.

Récemment, M. Daigneault a justement participé à une visioconférence portant sur le partage de la main-d’œuvre, organisée par le Conseil québécois du commerce de détail (CQCD). Catherine Ross, avocate principale et vice-présidente senior, gens et culture, pour le Groupe Aldo, était aussi l’une des invités de cet événement.

Elle a affirmé, durant la présentation, que le détaillant québécois avait partagé ces derniers mois des employés avec le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de l’Ouest-de-l’Île-de-Montréal, afin qu’ils puissent offrir leur aide durant la campagne de vaccination. 

«Nous n’étions pas dans un contexte où ces employés-là n’avaient plus de travail. C’était des employés qui travaillaient encore à temps partiel chez Aldo. Nous avons offert à ces gens-là la possibilité de prendre trois mois pour collaborer à l’effort de vaccination», a-t-elle raconté.

Une vingtaine de salariés ont changé d’employeur temporairement. La responsable chez Aldo a concédé que cette expérience a entraîné son lot de défis administratifs, notamment pour les salaires et les assurances.

Difficile pour certains secteurs

Ces derniers jours, plusieurs hôteliers ont indiqué au Journal avoir tenté l’expérience du partage de la main-d’œuvre, mais la tâche s’avère plutôt complexe pour le moment.  

«Nous avons essayé, et ce, même cet hiver. Le fait que nous n’ayons pas de réunions d’affaires ou de congrès, tout le monde a des besoins pour la fin de semaine. Il y a certains hôtels qui ont prêté des gens à un autre établissement dans une autre région, mais cela a été difficile», a confié Marjolaine de Sa, DG de l’Association hôtelière de la région de Québec.