/sports/opinion/columnists
Navigation

Le Canadien en plein contrôle

HKN-SPO-MONTREAL-CANADIENS-V-WINNIPEG-JETS---GAME-TWO
Photo AFP Les joueurs félicitent Carey Price après la victoire de 1-0 sur les Jets de Winnipeg lors du deuxième match de la série de deuxième tour, hier.

Coup d'oeil sur cet article

Le Canadien a tenu parole. Il n’a pas cherché à venger Jake Evans. Il n’avait pas à le faire non plus. Mark Scheifele a pénalisé les Jets lui-même en se sortant de la série pour quatre matchs. Tant pis pour lui !

Bon, la série est encore jeune. Mais à la lumière de ce qu’on a vu hier soir, le Canadien tient déjà les Jets dans les câbles.

On repassera pour le spectacle, mais le Tricolore a joué comme une équipe en plein contrôle. Carey Price n’a pas eu à se fendre en quatre toute la soirée.

Il a effectué les arrêts aux bons moments, particulièrement lorsque les Jets ont pressé le pas dans les dernières minutes de la rencontre.

En parfaite symbiose

Sans Paul Stastny et Scheifele, les Jets ne sont pas la même équipe. Mais le Canadien n’est pas moins bon pour autant.

Les troupiers de Dominique Ducharme sont en parfaite symbiose. Tout le monde joue bien.

Il y a un bail qu’on a vu une équipe du Canadien jouer aussi bien en séries. 

Il faut remonter à 2014 alors que la formation dirigée par Michel Therrien avait balayé le Lightning de Tampa Bay en première ronde avant de surmonter un déficit de 3-2 contre les Bruins au deuxième tour, pour l’emporter en sept matchs.

On se souvient ce qui est arrivé en finale de l’Est.

Vaincu par les Rangers lors du premier match de la série à Montréal, le Canadien avait perdu les services de Price lors de la deuxième rencontre, quand Chris Kreider lui était entré dedans à pleine vitesse.

La série venait de prendre fin.

Comme Roy en 1993

Aujourd’hui, Price est « tout’ là ». 

En bonne santé et en parfaite possession de ses moyens. Il met ses coéquipiers en confiance.

Comme Patrick Roy en 1993.

« Ne vous inquiétez pas, leur disait Roy.

“Je vais faire les arrêts et chargez-vous de compter.”

Le Canadien l’a fait dix fois de suite en prolongation dans les séries.

Waite voyait juste

Price est en mission.

Rappelons-nous les déclarations de Stéphane Waite dans les jours suivant son congédiement-choc par Marc Bergevin. 

Il ne se disait nullement inquiet pour Price. Il était convaincu que son ancien protégé passerait à travers la période difficile qu’il connaissait.

Waite disait juste.

Trois mois après son départ, Price marche sur les eaux.

Gagner à domicile

Le prochain défi qui attend le Canadien sera de continuer sur sa lancée au Centre Bell.

Il y a lieu de penser qu’avec des spectateurs dans les gradins, le Tricolore voudra faire plaisir à son public et lui en mettre plein la vue.

Ce sera aux joueurs de contrôler leurs émotions et de ne pas en faire plus que le client en demande. Ils sont en bonne posture. 

Les Jets ne volent pas haut.

Au risque de se répéter, c’est quand même incroyable. Il y a une dizaine de jours, on tenait le Canadien pour mort.

On était résigné. On avait jeté l’éponge. On était prêt à passer à autre chose.

Tout a changé.

Le Canadien en est à sa première série de cinq victoires en quatre ans.

En ce 5 juin, il n’est plus qu`à deux victoires de passer dans le carré d’as.

Vous pincez-vous pour voir si c’est vrai ? 

Ils sont toujours innocents 

Mark Schefeile a tenté de se défendre de la même façon que tous les joueurs qui commettent des actes violents dans la Ligue nationale de hockey. Il ne voulait pas blesser Jake Evans.

Ah ! bon.

Quand un joueur patine sur une distance de 190 pieds pour aller frapper un adversaire, l’impact est dévastateur pour celui qui encaisse le choc.

Scheifele savait qu’en agissant de la sorte, Evans n’avait aucune chance de s’en tirer sans mal. 

C’était inévitable.

Le tribunal qui fait mal

Ce n’était pas une mise en échec légale, comme l’a affirmé son entraîneur Paul Maurice. C’était un assaut, une tentative de blesser qui a réussi.

Ça fait partie de la culture du hockey depuis toujours. Tous les moyens sont bons pour gagner dans les séries, incluant les coups dangereux.

Scheifele n’était pas repentant lorsqu’il s’est expliqué devant les médias, hier. Même qu’il juge sa sanction excessive.

Il s’est dit surtout attristé pour ses parents, sa sœur et son frère, qui ont reçu des messages haineux et des menaces au téléphone.

C’est vrai que ça n’a pas sa place. 

Pour certains, les réseaux sociaux sont un tribunal. Ils accusent, jugent et condamnent. Ils sont sans merci.

Chanceux quand même

Or, Scheifele peut se considérer chanceux que les joueurs qui posent des actes violents sur les patinoires ne tombent pas plus souvent dans le collimateur du système judiciaire.

Vous avez été nombreux à m’écrire pour me dire que la justice devrait s’en mêler.

C’est déjà arrivé.

Vingt-cinq cas notoires sont répertoriés sous le titre « Violence au hockey » sur Wikipedia. On y traite de cas survenus entre 1905 et 2015.

Deux joueurs, Alcide Laurin en 1905, et Owen McCourt, en 1907, sont décédés de coups subis pendant des matchs.

Le plus récent procès impliquant des joueurs de la LNH remonte à 2004, alors que Todd Bertuzzi, alors avec les Canucks de Vancouver, avait été trouvé coupable d’assaut et coups ayant causé des blessures à l’endroit de Steve Moore, de l’Avalanche du Colorado.

Ce dernier n’a plus jamais rejoué après cet incident.