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Le Québec, coupable des crimes britanniques?

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L’effrayante histoire de la fosse commune de Kamloops, en Colombie-Britannique, nous rappelle à quel point le gouvernement canadien a traité les Amérindiens à la manière de populations résiduelles, entassables dans des réserves, condamnées à l’extinction.

Cette vision d’inspiration britannique s’est inscrite dans la Loi sur les Indiens et concrétisée dans la politique des pensionnats. Cette loi, malgré ses évolutions, structure encore les rapports avec les Amérindiens au Canada. Elle relève du racisme d’État, clairement, et pas de ce nébuleux racisme systémique, qui désigne tout autre chose. 

Amérindiens

Il est toutefois fascinant de voir à quel point certains multiplient les raisonnements tortueux et odieux pour faire de cette horreur britannique un crime québécois. 

Rappelons la vérité historique. 

Depuis la Nouvelle-France, nos ancêtres ont noué des alliances avec les Amérindiens. 

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De Champlain à Bernard Landry, en passant par Honoré Mercier et René Lévesque, les Québécois, à travers le seul État qu’ils contrôlent, ont toujours mené une politique de la main tendue envers les Amérindiens. 

Revenons sur un événement majeur qui en témoigne.

Au moment de l’affaire Riel, en 1885, Honoré Mercier se solidarisera pleinement avec les Métis en parlant de son « frère Riel ». Il s’opposait alors au funeste John A. Macdonald, à l’origine de la Loi fédérale sur les Indiens. La vieille alliance franco-amérindienne vivait encore dans le cœur des nôtres. Ce n’est pas un détail.

Québec

Des Québécois ont été associés à ces pensionnats ? Vrai. Mais dans une politique qu’ils n’ont pas décidée et dans une structure de pouvoir dont ils ne fixaient pas les orientations.

L’histoire des Canadiens anglais et des Québécois n’est pas interchangeable. 

Les francophones, à travers le seul État qu’ils contrôlent, ont pensé leurs rapports aux Amérindiens très différemment. Cette politique n’était pas parfaite, mais n’avait rien à voir avec celle qui a semé tant d’horreur au Canada.

Cela devait être rappelé.