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Legault et Fitz: l’élastique était étiré au max...

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Photo d'archives François Legault et Pierre Fitzgibbon ont été rattrapés par la constance et la rigueur de la commissaire à l’éthique, Ariane Mignolet.

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Lorsque la commissaire à l’éthique a conclu que le ministre de l’Économie contrevenait au code en détenant des entreprises en lien d’affaires avec l’État, en décembre dernier, François Legault et Pierre Fitzgibbon ont cru qu’ils pouvaient acheter beaucoup de temps en jouant la carte de la négation. Ils ont étiré l’élastique comme ils ont pu, mais ont dû céder cette semaine devant le même implacable constat.

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En décembre, les caquistes avaient rejeté une nouvelle recommandation de blâme contre leur pilier de l’économie.

Jugeant la sanction exagérée, François Legault a choisi de défendre son ministre et de ne pas le forcer à se conformer au code en vendant ses parts d’Immervision et de White Star Capital. 

Le premier ministre combattait alors la deuxième vague de la pandémie. Et dans son entourage, on était certain que les complexes démêlés éthiques du responsable de l’aide aux entreprises préoccupaient davantage les chroniqueurs politiques que les citoyens dans les chaumières.

L’équipe gouvernementale a fait le calcul qu’il valait mieux endurer les critiques pendant un temps que de se priver de Fitzgibbon à un moment aussi crucial.

Mais le solidaire Vincent Marissal a déposé une nouvelle plainte pour demander à la commissaire à l’éthique de statuer sur l’infraction au code qui se poursuivait. 

« La réponse est arrivée plus tôt qu’on pensait », admet une source gouvernementale. 

L’attention étant moins sur la lutte à la COVID à ce moment-ci, on juge que les tribulations du ministre peuvent « davantage devenir une distraction » pour le gouvernement.

Que fera Fitz ?

Le plan A de François Legault, qui n’a toujours pas l’intention d’effectuer un remaniement, est que son ami Fitz réussisse à vendre ses fameuses parts et qu’il réintègre sa place d’ici quelques mois.

C’est pourquoi il demande au ministre des Finances, Eric Girard, de cumuler pour l’instant les deux fonctions, sans donner de promotion à un député de son équipe.

Il n’écarte pas une autre solution si Fitz n’arrive pas à trouver preneur à un prix qui lui convient.

Il existe aussi une autre possibilité. Autant l’homme fort de l’Économie a pris goût à son rôle de négociateur d’affaires pour le gouvernement, autant il a détesté se trouver constamment au centre de controverses depuis son arrivée en politique.

Il s’était plaint le 31 mars dernier « d’acharnement complet » de la part du Journal.

Après un moment de pause forcée de l’attention médiatique, il pourrait avoir envie de reprendre le collier, ou constater qu’il serait plus heureux en terminant le mandat loin des projecteurs et retourner ensuite au monde des affaires.

Le gouvernement croit à « une bonne probabilité » qu’il revienne.

Mais sinon, M. Legault pourrait être tenté de recruter une grosse pointure de l’extérieur, qui accéderait au Conseil des ministres et tenterait de se faire élire en 2022.

Dans l’actuel caucus caquiste, celui qui possède le plus un profil d’entrepreneur est probablement le député d’Orford, Gilles Bélanger. Mais il n’a ni le réseau de contacts de Fitz ni une relation privilégiée avec François Legault.

Déception et fatigue

Chose certaine, le premier ministre encaisse difficilement la perte, au moment où la fatigue de la gestion de pandémie se fait sentir et que la relance doit se mettre en branle.

Il fallait le voir faire la leçon avec arrogance à la cheffe de l’opposition, Dominique Anglade, jeudi, au Parlement. « Un jour elle va peut-être comprendre ce que je dis », a-t-il asséné, avant de chercher aussi à détourner l’attention lors des questions de Pascal Bérubé, en soutenant que le PQ n’est pas intéressé par l’économie.

Au bout du compte, Legault et Fitzgibbon devaient savoir dès leur arrivée au pouvoir en 2018 que ses parts dans des sociétés privées ne seraient pas compatibles avec sa responsabilité ministérielle.

Ils se sont essayés... 

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