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Mont-Tremblant: les revenus de contraventions en chute libre

Mont-Tremblant: les revenus de contraventions en chute libre
PHOTO ARCHIVE/L'INFORMATION DU NORD

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Le plus récent rapport financier de la Ville de Mont-Tremblant, dans les Laurentides, montre que les revenus tirés des «amendes et contraventions» décernées par ses policiers ont fondu comme neige au soleil en 2020, avec à peine 295 883$ engrangés par la municipalité de 10 500 habitants au cours de la dernière année. 

C’est presque deux fois moins qu’un an plus tôt alors que la récolte atteignait 574 185$. C’est aussi largement inférieur aux 629 000$ qu’espéraient les élus dans leur budget de 2020. Le manque à gagner dépasse les 333 000$.

Cette baisse drastique est survenue en plein conflit de travail entre les policiers et la Ville qui a finalement débouché, l’hiver dernier, sur l’annonce de la dissolution du Service de police de la Ville de Mont-Tremblant. La Sûreté du Québec doit prendre le relais dans cette municipalité en juin.

Les policiers de Mont-Tremblant se défendent d’avoir mis la pédale douce dans l’émission de contraventions. Le président de la Fraternité des policiers de Ville Mont-Tremblant, Serge-Alexandre Bouchard, a soutenu qu’aucun «mot d’ordre en ce sens n’a été envoyé à ses membres», d’autant plus que les policiers savent qu’ils pourraient devoir rembourser la Ville si un tribunal reconnaissait qu’ils se sont concertés pour réduire l’émission de contraventions.

M. Bouchard pointe plutôt du doigt les nombreux confinements liés à la COVID-19 pour expliquer la chute du nombre de contraventions. «C’est devenu complètement mort en ville, y a plus personne», a-t-il soutenu.

Le maire de Mont-Tremblant, Luc Brisebois, n’était pas disponible pour répondre à nos questions. Le directeur du Service de police, Jean Desjardins, n’a, quant à lui, pas rendu notre appel.

Dans une déclaration écrite, le directeur des communications de Mont-Tremblant, Maxime Dorais, a indiqué que la Ville réserve ses commentaires, «considérant que ce dossier est judiciarisé».

En février dernier, la Fraternité des policiers avait publié un communiqué dans lequel on pouvait lire que les maires de Mont-Tremblant et de Lac-Tremblant-Nord «ont laissé entendre que les policiers de la Ville de Mont-Tremblant ne répondaient plus aux appels et que les services à la population n'étaient plus assurés». Les policiers avaient dénoncé ces propos, qu’ils ont qualifiés de «fausses allégations», avant de déposer un grief contre la Ville.

Mont-Tremblant a annoncé son intention de dissoudre son corps de police municipale en décembre 2019. Sa demande a été acceptée en février 2021 par la ministre de la Sécurité publique Geneviève Guilbault.

La fusion du Service de police de Ville Mont-Tremblant avec la Sûreté du Québec fait cependant toujours l’objet d’une contestation devant les tribunaux par les policiers de la Ville. Les auditions doivent se tenir à la fin de l’année.

Selon l’évaluation des autorités de Mont-Tremblant, l’abolition du service de police municipale et son remplacement par les agents de la Sûreté du Québec permettraient des économies d’environ 2 M$ par année.