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«Pinocchio»: Matteo Garonne inspiré par son fils

«Pinocchio»: Matteo Garonne inspiré par son fils
Capture d'écran

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Le réalisateur italien Matteo Garonne revient aux sources de «Pinocchio», conte pour enfants de Carlo Collodi publié en 1883. Il s’est inspiré de la relation avec son fils pour mettre en scène le pantin de bois dont le rêve est de devenir humain. Entretien... 

Tout le monde connaît l’histoire de Pinocchio, popularisée par le dessin animé des studios Disney en 1940. D’abord publiée en feuilleton dans un magazine italien pour enfants, l’histoire a été traduite en plus de 300 langues. «Les aventures de Pinocchio» serait même l’ouvrage le plus vendu... après la Bible!

«Je voulais faire un film qui soit fidèle à l’original et qui surprenne les cinéphiles. C’était le défi principal de proposer un spectacle au public», souligne Matteo Garonne lors d’une entrevue réalisée par l’Agence QMI.

Voyage dans le temps...

Fasciné par «Pinocchio» depuis sa plus tendre enfance – il conserve précieusement le «storyboard» d’une scène, dessiné lorsqu’il avait 5 ou 6 ans -, Matteo Garonne explique avoir «essayé de retrouver l’approche simple et pure perdue [avec l’âge adulte]. En faisant le film, nous avons travaillé d’après les illustrations d’Enrico Mazzanti, les premières jamais faites pour le conte. J’ai eu de nombreuses autres influences. Nous avons effectué énormément de recherches et avons trouvé des photos de la fin du XIXe siècle montrant la pauvreté, les fermiers, toute l’Italie de cette période.»

Car, comme il le rappelle, «il ne faut pas oublier que ce conte est l’histoire de fermiers, c’est une histoire de pauvreté. Nous voulions retrouver cette Italie qui disparaît.»

Matteo Garonne a choisi Roberto Benigni pour tenir le rôle de Geppetto, ébéniste et «père» de Pinocchio. «J’ai eu la chance d’avoir Roberto à mes côtés. Il a grandi dans ce monde, en Toscane, juste à côté de l’endroit où Collodi a écrit "Pinocchio". Il a grandi dans une famille de fermiers très pauvres. Personne d’autre que lui n’aurait pu autant m’aider dans la construction de cet univers.»

Le jeune Federico Ielapi incarne Pinocchio. Le garçon s’est soumis quotidiennement, pendant trois mois, à des séances de quatre heures de maquillage pour avoir l’air d’un pantin de bois.

«Federico est un très bon acteur. Je l’ai choisi surtout pour sa détermination. Son approche était celle d’un jeune perfectionniste. En règle générale, j’essaye de choisir des acteurs qui possèdent un trait commun avec leur personnage. Dans le cas de Federico, je crois bien que personne n’est plus éloigné que lui de Pinocchio. Le pantin fuit les règles, le devoir, les responsabilités alors que Federico est l’exact opposé. Il est déterminé, fort, incroyable, généreux. Federico avait 8 ans au moment du tournage et nous avons essayé de jouer et de travailler sur la naïveté du personnage.»

Loin de l’autre Pinocchio

Matteo Garrone a grandi avec l’adaptation faite, dans les années 1970, pour la télévision italienne par Luigi Comencini et dans laquelle Nino Manfredi tenait le rôle de Geppetto et Gina Lollobrigida celui de la fée. «Mon film ne sera pas le dernier, mais il était important pour moi qu’il y ait une adaptation cinématographique italienne, tournée en Italie avec des acteurs italiens, du conte», dit-il.

«Le fait de faire un film pour enfants est une grande responsabilité, ajoute-t-il. Le plus important a été de voir leurs réactions, de voir leur surprise devant le film.»

Plusieurs scènes surprendront en effet les spectateurs, même si elles sont dans le livre. Celle avec un juge/singe qui condamne Pinocchio lorsqu’il ne vole rien est l’une d’elle. Mais le réalisateur a écrit des moments qui ne figurent pas dans l’ouvrage d’origine, dont la scène dans laquelle Geppetto répare le visage amoché de Pinocchio.

«C’est une idée que j’ai eue dès le début. Le processus de création du film a été long, ça a pris deux ans, mais cette scène a été la raison principale pour laquelle j’ai fait le film, c’est à elle que je pensais lorsque j’étais fatigué de l’attente. Je suis sûr que Collodi l’aurait aimée parce qu’elle ne trahit pas l’esprit du livre et elle m’a été inspirée par mon fils. Je dois dire que j’ai pu concevoir "Pinocchio" grâce à la relation que j’ai avec mon fils.»

«Pinocchio» prend l’affiche dans les salles du Québec le 11 juin.