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PQ: phase terminale ou renouvellement?

opinions - robitaille - PHOTO TWITTER TIRÉE DU COMPTE DU PREMIER
Photo tirée de Twitter Peut-être se prépare-t-il à défendre les couleurs de la CAQ dans Bonaventure en 2022 ? Plusieurs le croient. Surtout depuis la visite ostentatoire de François Legault, en juillet. Le chef de la CAQ, sur Twitter, l’avait vanté : « Sylvain a de bonnes idées pour rendre la Gaspésie encore plus attrayante ! »

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Autre départ au Parti québécois. Cette fois, c’est Sylvain Roy, député de Bonaventure, qui devient indépendant.

L’impression d’une déliquescence. Ce n’est certainement pas un signe de santé pour le parti fondé en 1968.

Le maigre caucus de 10 députés, arraché de peine et de misère en 2018, était son pire score depuis l’élection de 1976.

Rachitique

Et voilà que chaque année du mandat caquiste, il perd des membres. Devient rachitique. Il en est désormais à 7... comme lors de sa première élection générale, en 1970.

D’abord, en mars 2019, Catherine Fournier, incarnation de la jeunesse, surprit tout le monde en annonçant son départ en déclarant : « Il ne sert à rien de vouloir désespérément sauver le tronc ou les branches d’un arbre en train de dépérir. » Il fallait « en sauver les racines » et « repartir sur quelque chose de nouveau ».

Qui sont les hommes et les femmes derrière nos politiciens? Emmanuelle présente... un balado animé par Emmanuelle Latraverse.

Puis, en décembre 2020, ce fut l’éjection d’Harold LeBel. Incarnation, ici, de la longue expérience. Militant depuis l’ère Lévesque, il combinait deux postes clés : whip et président du caucus ! Arrêté et accusé d’agression sexuelle, il subira son procès cet automne.

Qu’incarnait Sylvain Roy, lui ? Quelque chose du PQ contemporain. À la fois docteur en sociologie de l’UQAM et profondément enraciné dans sa région. Citant Hannah Arendt dans une entrevue sur l’industrie forestière ou contre l’interdiction de la bière à la chasse.

Pas une surprise

Un drôle de pistolet qui, du reste, depuis quelques mois, avait le don d’irriter ses collègues au caucus, entre autres pour ses absences fréquentes. C’est sur Twitter qu’il leur a annoncé sa décision.

Dissidences récurrentes, aussi, sur des positions clés du parti. Adversaire d’une réforme du mode de scrutin, pour lequel il réclamait un référendum. Sceptique face aux discours environnementaux « à la QS ». Refus de suivre le vote du dernier Conseil national sur l’application de la loi 101 au cégep.

Lors de la course à la direction de 2020, il refusa de choisir son camp. Et, une fois le choix des militants fait, il ne se ralliera pas vraiment : « Je n’étais pas prêt à accepter que n’importe qui ait de l’autorité sur moi », m’avait-il expliqué à Qub.

Lui qui ne jurait que par le travail de député aurait pratiquement abandonné l’organisation locale péquiste, dit-on en coulisse.

Retour de Deschênes

Peut-être se prépare-t-il à défendre les couleurs de la CAQ dans Bonaventure en 2022 ? Plusieurs le croient. Surtout depuis la visite ostentatoire de François Legault, en juillet. Le chef de la CAQ, sur Twitter, l’avait vanté : « Sylvain a de bonnes idées pour rendre la Gaspésie encore plus attrayante ! »

Au PQ, on compte maintenant sur une candidature de l’ancien correspondant parlementaire de TVA, Alexis Deschênes. Candidat péquiste défait dans Trois-Rivières en 2014. Rentré en Gaspésie depuis, il est avocat au bureau d’aide juridique à New Richmond.

Dans les coulisses au PQ, voilà celui qui incarnerait le « renouvellement » du parti évoqué par Paul St-Pierre-Plamondon hier. Je l’ai joint hier et il a confirmé son intérêt : « Oui, j’ai toujours eu ça en moi, ce désir-là. »

Un Roy caquiste contre Deschênes : la bataille pourrait être intéressante dans Bonaventure en 2022. Surtout que du côté libéral, la circonscription a aussi un « historique » (Normandeau, Gérard-D. Lévesque) propre à attirer de bons noms.