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Relever les défis proposés par une belle diversité

Campeau 0506
Photo courtoisie Sylvain Danis, de la pourvoirie Domaine Shannon, exhibe une belle brochette de dorés qu’il a attrapés lors de notre séjour, à la fin mai.

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De nombreux adeptes cherchent un emplacement poissonneux où les espèces les plus populaires se côtoient.

À quatre heures trente de Montréal, on retrouve l’immense territoire à droits exclusifs du Domaine Shannon et sa trentaine de lacs.

Un peu d’histoire

En 1969, Raymond et Bernise Danis, qui étaient respectivement vendeur de meubles et professeure, décident de changer de vie et d’acquérir un ancien camp de bûcheron converti en pourvoirie. Ils déménagent alors leurs pénates et leurs quatre jeunes enfants de 1, 3, 5 et 7 ans. Tout ce beau monde passait six mois à cette auberge de la forêt et le reste de l’année dans le secteur de Maniwaki. 

Au fil des décennies, ces deux entrepreneurs, secondés par leurs fils Sylvain et Serge qui ont pris la relève avec le temps, ont complètement revampé les diverses habitations et en ont construit plusieurs autres. 

Parlons pêche

L’espèce vedette de ce beau coin de pays est assurément le doré. La population est si saine et abondante dans le secteur qu’il est possible d’en conserver huit mesurant entre 37 et 53 cm pour la consommation.

Le roi des percidés est présent dans plus de 20 lacs, dont le Séguin qui borde l’auberge, et le Lenôtre. Sur ces grandes étendues d’eau, d’une longueur respective de 13 et de 6 km, les astucieux manieurs de cannes y attrapent des spécimens frôlant régulièrement le kilo. Retenez toutefois que les nombreux passionnés qui s’y rendent déjouent fréquemment des trophées de 3 et de 4 kg.

La technique la plus performante en début de saison consiste à présenter une sangsue bien vivante sur un petit hameçon accompagné d’un plomb coulissant. Par la suite, lorsque les dorés se dirigent vers les premiers escarpements, il est préférable d’opter pour la pêche à la jig avec corps souple ou à la traîne avec poissons-nageurs de grande profondeur.

Pour vous donner une meilleure idée sur cet éden, sachez que Sylvain Danis, qui a travaillé toute sa vie à la pourvoirie, a vu de ses yeux plus d’une centaine de gros percidés qui faisaient osciller la balance à plus de 4,54 kg (10 lb). Il se remémore un heureux client qui a soutiré un monstre de 7,9 kg (17,4 livres) en 1981.

Grandes dents

Si vous exploitez les baies herbeuses, les amoncellements de roches abritant des ménés, les embouchures des affluents et la proximité des arbres et des souches submergés, vous risquez de croiser le fer avec des brochets de 2 et de 3 kilos. Chaque jour, ou presque, d’habiles pêcheurs passent le cap des 6 kg. Le record de tous les temps, mis à part les histoires d’antan, pesait 14,5 kg (32 lb).

La pêche avec des cuillères métalliques et des gros devons vous permettra de rapporter jusqu’à 10 carnassiers.

Si vous voulez tenter de fracasser votre propre record, sachez que vous pouvez opter pour une visite au lac Butel, où tous les spécimens doivent être graciés. Chaque été, on y intercepte 2 ou 3 gros prédateurs de plus de 10 kg.

Pour le plaisir

Il y a une quinzaine d’années, les proprios ont enrichi les eaux du lac Andorra avec des ombles de fontaine mesurant en moyenne 30 cm. La clientèle y déjoue des mouchetées frôlant le kilo. Il y a quatre ans, Gaston Laurin a eu la surprise de sa vie en hissant de ces eaux une palette de 2,25 kg.

La plupart des techniques traditionnelles fonctionnent bien pour arriver à vos fins.   

Pistes et repères  

Des gros carnassiers comme ceux-ci font souvent fléchir les cannes des adeptes.
Photo courtoisie
Des gros carnassiers comme ceux-ci font souvent fléchir les cannes des adeptes.
  • Nom : Le domaine Shannon 
  • Où : Haute-Gatineau, en Outaouais.  
  • Directions : De Mont-Laurier, suivre la 117 nord jusqu’à la borne kilométrique 288. Tournez à droite sur le chemin Lépine et parcourez 70 km de chemins forestiers. 
  • État des routes : Relativement bien entretenues, selon la météo et l’ampleur de la circulation. 
  • Signalisation : Tout est bien indiqué.  
  • Superficie : 335 km2
  • Habitations : 25 chalets. 17 sont situés à proximité de l’auberge et les autres, plus isolés, en bordure de lacs.  
  • Cotes de la FPQ : De rustique à 4 étoiles. 
  • Capacité: La plupart sont pour 4 convives. Certains chalets peuvent accueillir jusqu’à 12 personnes. 
  • Forfaits : Européen avec possibilité de repas à la carte, vacances famille et sur mesure, au besoin. 
  • Commodités : Chalets tout équipés, grande auberge avec bar et salle à manger quatre services, cabane et service d’éviscération, buanderie, vente d’essence, de vers et de sangsues, location sonar et équipement, service de guide, rampe de mise à l’eau, WiFi à l’auberge. 
  • Espèces : Doré, brochet et ombles de fontaine. 
  • Zone : 14 
  • Activités : Piscine, kayak, canot, chasse à l’orignal, ours et petit gibier. 
  • Unicité : Serge et Sylvain Danis ont travaillé toute leur vie afin de bâtir l’entreprise familiale. 
  • Infos : 888-449-3285 ou www.domaineshannon.com.   

Lorsqu’ils préfèrent le naturel  

À l’occasion, il est difficile de rivaliser avec un appât vivant qui bouge, qui sent et qui goûte.
Photo courtoisie
À l’occasion, il est difficile de rivaliser avec un appât vivant qui bouge, qui sent et qui goûte.

À certaines occasions, les dorés font la fine gueule et deviennent très sélectifs.

Certains pêcheurs, comme moi, ne se servent jamais d’appâts naturels. Ils préfèrent tenter de relever le défi de trouver le bon leurre artificiel et la juste manière de l’utiliser. On se dit qu’il y a une si grande gamme d’offrandes disponibles sur le marché qu’il y a fort possiblement quelque chose, une bébelle magique, qui pourrait surpasser ou équivaloir à la sangsue ou au lombric en question. 

À maintes et maintes reprises, j’ai eu le plaisir de pouvoir tirer mon épingle du jeu avec mes gogosses en caoutchouc, comme certains les appellent, tandis que mes partenaires ou voisins immédiats se servaient d’esches vivantes et vigoureuses.

Confession

Je dois toutefois vous avouer qu’à quelques occasions, principalement dans le nord, je n’ai pas réussi à me démarquer. Je suis revenu bredouille ou presque. Quelquefois, on a la forte impression que les percidés veulent quasi exclusivement de la viande... 

S’il y a bien une chose que j’ai apprise au cours de ma longue carrière, c’est qu’il faut avoir une confiance inébranlable dans nos approches et nos techniques. Toutefois, il ne faut pas imposer nos choix aux poissons et s’entêter. Il faut plutôt les laisser nous indiquer ce qu’ils désirent en faisant quelques tentatives d’essais et d’erreurs. J’avoue qu’il est parfois difficile de tracer une ligne pour savoir quand on doit s’arrêter. 

Comme je l’expliquais dans le texte ci-joint, lors de ma visite au Domaine Shannon, notre guide utilisait des sangsues empalées au niveau de la ventouse avec un petit hameçon. Un plomb coulissant rendait la présentation plus attrayante en réduisait la tension. Sylvain sortait les dorés à un rythme de 10 contre 1. J’avais beau nouer tout ce qui me passait par la tête, sans trop de succès. 

En direct

Grâce à son sonar Garmin Echomap doté d’une sonde Panoptix LiveScope, nous étions aux premières loges pour voir l’action en direct. Quand Sylvain descendait sa sangsue, nous pouvions observer quelques dorés s’intéresser à l’esche qu’il leur présentait. Bien que certains lui tournaient le dos, on en voyait d’autres s’élancer et la dévorer.

Quand on orientait le faisceau vers les diverses offrandes que j’ai exploitées, on voyait souvent des spécimens curieux s’approcher. Il y avait toutefois un manque rapide d’intérêt. Mes présentations bougeaient, vibraient et attiraient les regards, mais pas assez pour les faire réagir à tout coup. Le passage d’un front froid qui a fait chuter le thermomètre de plus de 10-12 degrés n’est certainement pas étranger à cette situation.

Ce qui est génial dans un tel contexte, c’est qu’à toutes les fois que Sylvain soutirait un doré ou que nous le voyions à l’écran du sonar, je savais qu’ils étaient présents, mais que je n’offrais pas ce qu’ils souhaitaient.

Finesse

Dans un scénario de la sorte, il ne faut jamais oublier que la subtilité doit primer. De plus, il faut se servir d’un fil fin et invisible et délaisser les agrafes, bas de lignes métalliques et autres accessoires qui pourraient dévoiler votre subterfuge.