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Un pays à la dimension de ses rivières

<strong><em>Un pays de rivières</em></strong><br>Normand Cazelais<br>Éditions La Presse
Photo courtoisie Un pays de rivières
Normand Cazelais
Éditions La Presse

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Le Québec est un pays de rivières, personne n’en doutera après la lecture de cet ouvrage éblouissant et rafraîchissant comme une saucette dans une de nos nombreuses rivières.  

Nous connaissons tous le majestueux fleuve Saint-Laurent et les cours d’eau Outaouais, Richelieu, Saint-Maurice, Saguenay, parmi les plus réputés, autour desquels s’est construit le pays. Mais le Québec en compte plus de 4500, dociles ou indomptables, dont seulement 300 n’ont pas de nom. Avec notre million de lacs, cela représente trois pour cent des réserves d’eau douce renouvelables de la planète. Une telle richesse, « l’or bleu », forge le caractère et l’imaginaire, comme on dit. Car qui dit rivière, dit aventure, escapade, canotage, baignade, pêche et chasse, eau cristalline, cascade et chute, beauté des paysages, etc.

Le géographe et journaliste Normand Cazelais nous en présente ici une trentaine aux personnalités propres, aux noms souvent exotiques, comme Harricana, Restigouche, Ashuapmushuan, Moisie ou Filles de la Gaspésie, au débit parfois de fleuve, que nos frères amérindiens ont fréquentées — et bien souvent nommées — avant notre arrivée en terre d’Amérique. « Ensemble, ces rivières livrent un visage du Québec à la fois homogène et multiple qui n’appartient qu’à lui seul », affirme l’auteur. Et dans le sillage des « Indiens », nous sommes nous aussi devenus un peuple de rivières dans un pays de rivières, véritables voies de communication et de circulation multiples. 

Toutes nos habitudes de vie, notre implantation, l’occupation du territoire, notre développement — commercial et industriel — ont été pensés en fonction des cours d’eau, explique Cazelais. Qu’on pense seulement aux moulins, au flottage du bois, aux papetières, aux centrales électriques, aux côtes, rives et abords des rivières, aux mythiques saumons remontant les rivières impétueuses pour y déposer, en amont, leurs œufs, ou encore à la saison du dégel avec les terribles débordements qui menacent des villages entiers. Rien à voir avec la géographie du pays d’où venaient nos ancêtres, les premiers explorateurs, Jacques Cartier et Samuel de Champlain, pour n’en nommer que deux.

L’estuaire du Saint-Laurent

Savez-vous que l’estuaire du Saint-Laurent, « d’une largeur de quarante-huit kilomètres et d’une longueur de trois cent dix kilomètres, est le plus grand de la planète » ? Notre majestueux Saint-Laurent est à la fois golfe, estuaire et fleuve. « Il est aussi mémoire du Québec, précise le géographe. [...] D’Anticosti à la plaine, il habille le Québec. [...] Il connaît la plaine, l’océan et les montagnes, les falaises, les éboulis, les plages de galets et de sable fin. Il connaît les froidures de janvier, les barques de pêche et les grands paquebots. L’eau salée et la marée. »

Après l’incontournable Saint-Laurent, noblesse oblige, Cazelais nous invite à découvrir 31 cours d’eau, de la rivière Outaouais, principale voie de commerce des fourrures et deuxième cours d’eau en importance au Québec avec 1271 kilomètres de longueur, à la rivière La Grande, qui prend sa source dans le réservoir Caniapiscau et s’étire sur 893 kilomètres avant de se jeter dans la mer d’Hudson, « au pays des géants ».

Avec ses photos époustouflantes, ses cartes, ses anecdotes, cet ouvrage est un enchantement.

À lire aussi  

Le jardin vivrier
Autosuffisance et non-travail du sol

<strong>Marie Thévard</strong><br>Éditions Écosociété
Photo courtoisie
Marie Thévard
Éditions Écosociété

Ce livre pourrait s’appeler « Comment faire pousser des légumes sans se fatiguer ». Ou plutôt sans fatiguer la terre où ils poussent. C’est « le fruit de 30 années d’expérience de jardinage de subsistance sur les rives du Saguenay, en climat boréal (zone de rusticité 3b), dans des conditions en principe difficiles ou moins propices à l’agriculture ». Son petit lopin de terre, Marie-thé le béchait manuellement auparavant. Plus maintenant. Finis les durs labours qui venaient bousculer le fragile équilibre du sol. Finis les outils qui pénètrent le sol. Celui-ci doit s’apparenter au sol forestier, recouvert en permanence d’un paillis végétal qui « nourrit le microbiote et lui fournit l’énergie nécessaire pour labourer à notre place ». Après avoir lu cet ouvrage surprenant — près de 400 pages tout de même —, vous saurez tout sur comment cultiver et récolter vos légumes et fruits favoris en harmonie avec la terre qui les produit et sans trop d’efforts. 

Entre solitudes et réjouissances
Les francophones et les fêtes nationales (1834-1982)

<strong>Sous la direction de Joel Belliveau et Marcel Martel</strong><br>Éditions Boréal
Photo courtoisie
Sous la direction de Joel Belliveau et Marcel Martel
Éditions Boréal

Les fêtes nationales, qu’esse ça donne ? pourrait-on se demander. Jour férié où on en profite pour se réunir en famille ou entre amis, ou occasion pour célébrer la patrie, en dehors de toute partisanerie ? Quoi qu’il en soit, la Saint-Jean-Baptiste, célébrée le 24 juin, est devenue une fête légale en 1925 (au Québec seulement). Quant aux autres fêtes, comme celles de la reine Victoria ou du Canada, elles ne me concernent pas vraiment. Ce que j’apprends dans cet ouvrage bien documenté, c’est que la fête de Dollard — aujourd’hui fête des Patriotes — a été instituée dans un contexte de forte tension entre francophones et anglophones pendant la Première Guerre mondiale. Ainsi, « des efforts furent déployés pour substituer la fête de Dollard à celle de la Reine à compter des années 1920 » et Lionel Groulx en fut le principal promoteur. Ce livre, c’est aussi l’occasion de se demander comment sera notre fête nationale, ce 24 juin 2021.