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La mission de Carey Price

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Photo AFP Carey Price est en grande partie responsable des succès du Canadien depuis le début des séries éliminatoires.

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Quelque chose s’est passé chez le Canadien depuis l’humiliation de 4 à 0 lors du match numéro 4 de la série face aux Maple Leafs de Toronto. Cette équipe est métamorphosée. Les vétérans se sont levés, les jeunes contribuent et, évidemment, Carey Price est un véritable mur de briques devant son filet.

En ce moment, on le sent dans une zone. Il est imperturbable. Il voit tout, tout le temps, avant tout le monde. Lors du match numéro 2 face aux Jets de Winnipeg, vendredi soir, quelques séquences m’ont sauté aux yeux. 

Aussi bête que ça puisse paraître, à un moment dans la rencontre, la rondelle s’est retrouvée dans le coin du territoire défensif du Canadien. J’ai alors pris la peine de me concentrer sur le langage non verbal de Carey Price et ça ne mentait pas. Il était tellement concentré, regardait autour de lui pour s’assurer d’être bien au fait de toutes les menaces potentielles. Chaque arrêt, même lors de tirs provenant du bâton de joueurs comme Nikolaj Ehlers ou Kyle Connor, semblait un arrêt de routine.

Par sa domination, il force l’adversaire à prendre de mauvaises décisions. On a l’impression que c’est lui qui décide d’où va aller la rondelle.

HÉRITAGE À LAISSER

Il semble investi d’une mission, le gardien étoile du Canadien. Comme s’il réalisait que le temps file, qu’il aura 34 ans dans quelques mois et que, plus les jours passent, plus son objectif de remporter la Coupe Stanley s’éloigne.

Depuis plusieurs années, on le compare aux grands gardiens de l’histoire du Canadien mais aussi de la LNH. La carrière du numéro 31 du Tricolore n’est pas terminée et c’est réellement une fois retiré qu’on pourra vraiment mesurer l’ampleur de ce qu’il a accompli. Par contre, peu importe les honneurs individuels, les statistiques personnelles, une chose demeure : s’il ne gagne pas la Coupe Stanley, il y aura toujours quelqu’un pour rabaisser ses exploits.

On l’a vu avec Alex Ovechkin. Même s’il marquait 50 buts par saison, on entendait constamment ses détracteurs lui reprocher d’être incapable de mener son équipe au prochain niveau. Ç’aura pris 13 saisons à « Ovi » avant d’enfin mettre la main sur le Saint-Graal du hockey.

Je suis convaincu que ça commence à trotter dans la tête de Price. 

PORTE OUVERTE

En ce moment, on sent que le Canadien croit en ses moyens plus que jamais. Comme nous tous, ils sont parfaitement au courant que sans Mark Scheifele et Paul Stastny, les Jets sont un adversaire à leur portée.

Ce que j’aime, c’est qu’ils ne sont pas tombés dans le piège de prendre le match numéro 2, le premier sans le joueur étoile Scheifele, à la légère. Ils ont de nouveau offert un effort constant de 60 minutes.

Comme je le disais, il y a quelque chose de transformé chez l’équipe de Dominique Ducharme depuis le match numéro 4 face aux Leafs. On a entendu que certains vétérans s’étaient levés et ça semble porter fruit.

Parlant de vétérans, le quatrième trio de l’équipe me surprend. Corey Perry et Eric Staal offrent de précieux services au Canadien depuis le début des séries éliminatoires. J’aime aussi l’apport des jeunes qui ne semblent plus intimidés. Et que dire du top 4 en défense qui, utilisé à outrance, fait le travail plus que jamais.

Il y a un dénominateur commun à tout ça : Dominique Ducharme. Autant on l’a critiqué en début de séries, autant il mérite qu’on lui lance des fleurs maintenant.

On voit l’entraîneur qui a forcé Marc Bergevin à lui donner une chance comme pilote en chef. Bientôt, il faudra retirer « par intérim », à sa description de poste.

– Propos recueillis par Kevin Dubé 

Les échos de Bergie  

Plus ça change...

J’ai été déçu de voir Mark Scheifele devant les médias, vendredi, tenter d’excuser son geste face à Jake Evans. Il ne s’aide pas en agissant ainsi puisque les nombreuses reprises qui tournent en boucle depuis quelques jours ne laissent aucun doute. Ceci étant dit, la LNH a encore une fois raté une belle occasion de passer un vrai message. Quand Dale Hunter a été suspendu 21 matchs en 1993, je croyais que la Ligue nationale venait de passer un message pour les années à venir. Je trouve désolant de voir que rien n’a changé. Ce comité qui décide des suspensions est risible. On sait pertinemment que c’est Colin Campbell qui tire les ficelles et envoie son supposé préfet, George Parros, devant les projecteurs. On le répète à chaque fois, mais c’est devenu évident que ça prendra un mort ou un blessé très grave pour que la LNH accepte de se regarder dans le miroir.

Pauvres Sabres

À défaut d’avoir gagné quoi que ce soit la saison dernière, les Sabres de Buffalo peuvent au moins se réjouir d’avoir gagné la loterie du repêchage. Quelle catastrophe, cette équipe ! Quand ton meilleur joueur, Jack Eichel, demande à être échangé, c’est que le problème est extrêmement profond. Buffalo a toute une commande sur les bras. Les agents libres de renom ne veulent pas y signer et ils doivent absolument passer par le repêchage s’ils désirent mettre sur la glace une équipe compétitive. Par contre, quand même tes hauts choix de repêchage demandent de quitter, tu es dans le pétrin.

La panique à Toronto

Les partisans et les médias s’en donnent à cœur joie après l’élimination hâtive des Maple Leafs de Toronto. Avec raison, je dois l’avouer. Cette équipe a baissé les bras, n’a pas démontré l’instinct du tueur qui leur aurait permis de fermer les livres contre le Canadien. Maintenant, quelle est la suite ? Le directeur général Kyle Dubas est-il encore l’homme de la situation ? Qu’adviendra-t-il de Sheldon Keefe qui n’a pas su s’ajuster en s’entêtant à ne pas défaire le duo Auston Matthews – Mitch Marner ? Accepteront-ils de reconnaître que ce n’est pas avec des vétérans en fin de carrière comme Joe Thornton ou Jason Spezza que tu dois entourer tes jeunes vedettes ? L’été sera long et mouvementé, dans la ville Reine.