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Le débat des pourboires est reparti

La décision prise par un restaurant de Montréal provoque plusieurs réactions

GEN-Le resto Larry’s qui viens d’abolir les pourboires
Photo Agence QMI, Mario Beauregard Le restaurant Larrys situé dans le Mile End à Montréal a décidé d’abolir les pourboires et payer ses serveurs avec un salaire fixe.

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Devrait-on abolir les pourboires ? Le débat est relancé après qu’un restaurant montréalais a annoncé cette semaine que ses employés allaient dorénavant être rémunérés avec un salaire fixe.  

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Les propriétaires du Larrys ont expliqué sur les réseaux sociaux avoir pris cette décision pour le bien de leurs employés. Et pour cause : François Meunier de l’Association Restauration Québec (ARQ) doute que cette philosophie soit dans l’intérêt de ces restaurateurs du secteur du Mile End à Montréal. 

« Ils perdraient le crédit d’impôt de 75 % qu’ils perçoivent sur le pourboire déclaré », s’étonne M. Meunier, qui ne pense pas que cette approche représente l’avenir de la restauration.

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Il reconnaît cependant que la qualité du service ne ressortirait pas écorchée de l’abolition du pourboire. 

« Les restaurateurs auraient quand même intérêt à donner un bon service, sinon les clients ne reviendraient pas », raisonne le vice-président aux affaires publiques de l’ARQ. 

Employés heureux 

L’ancienne restauratrice Sophie Duchastel de Montrouge, elle, ne voit que du bon dans la décision du Larrys et elle espère que cette initiative fera boule de neige. 

« Avec la pandémie, l’industrie est fragile et c’est le moment de se réinventer », plaide celle qui a été propriétaire du Bistro Chez Rosie, dans Rosemont, de 2017 à 2019.

À l’époque, le milieu de la restauration l’avait plutôt accueillie avec une brique et un fanal lorsqu’elle avait opté pour ce modèle d’affaires. La clientèle et le personnel avaient plutôt bien réagi pour leur part. 

« Les serveurs gagnaient peut-être moins les grosses soirées, mais ils gagnaient plus quand c’était tranquille », évoque Mme Duchastel de Montrouge, avant d’ajouter que le pourboire a aussi comme défaut de contraindre les serveuses à rester polies avec les clients aux mains baladeuses. 

Mais les grands gagnants de l’abolition du pourboire seraient sans contredit les cuisiniers.

« En ce moment, le salaire des cuisiniers est à la hausse, mais ça reste moins de 40 000 $ par année, alors qu’un serveur peut faire plus de 50 000 $. L’écart est énorme », illustre François Pageau, professeur à l’Institut de tourisme et d’hôtellerie du Québec. 

Pour l’heure, il se rallie à la position de l’ARQ, qui milite pour changer la loi afin que les pourboires soient obligatoirement répartis entre les employés. 

Selon l’ARQ, les serveurs acceptent de partager leurs pourboires avec le personnel en cuisine dans seulement un tiers des restaurants, actuellement.