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Le DJ qui voulait être artiste pop

Robert Robert
Photo courtoisie, Boris Halas Robert Robert a travaillé comme DJ durant dix ans avant de faire un virage vers la musique pop.

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Arthur Gaumont-Marchand, alias Robert Robert, n’en a que faire de la pandémie. Avec son nouvel album vitaminé, Silicone Villeray, l’ancien DJ de 25 ans souhaite mettre un peu d’ambiance festive dans ce printemps de déconfinement. Le Journal s’est entretenu avec le musicien montréalais qui a pu compter sur Hubert Lenoir pour la coréalisation de son album.

Pourquoi as-tu décidé de prendre le nom de Robert Robert ?

« C’est un nom qui m’est venu quand j’avais 16 ans, avec des amis. C’était très dans le moment présent. Au fur et à mesure, j’ai décidé de garder ce nom. Ça me permet de faire pas mal ce que je veux avec la musique. »

Il y a beaucoup d’albums créés durant la pandémie qui sont tranquilles, car ils reflètent l’ambiance morose des derniers mois. Ton disque est plutôt rythmé. Est-ce ce que tu avais en tête dès le départ ?

« Il y a beaucoup de chansons qui ont été écrites avant la pandémie, en fait. Et durant les derniers mois, je trouvais que c’était tellement un moment sombre qu’on aurait dit que les chansons que j’écrivais, c’était pour me sortir de cette ambiance-là. »

De quelle façon Hubert Lenoir est-il arrivé dans le projet ?

« On a un collaborateur commun qui lui a montré sur quoi je travaillais. Il m’a écrit sur Instagram pour me dire qu’il voulait participer à l’album. Comme j’aime vraiment ce qu’il fait, j’ai dit oui. Il est venu à Montréal et on s’est vraiment bien entendu. Je suis aussi allé à Québec pour travailler avec un de ses collaborateurs, Marius Larue. Hubert était là durant la production, durant le mix. Il venait avec des idées tout le temps. On n’a jamais eu d’entente pour qu’il soit coréalisateur de l’album, mais c’est arrivé de fil en aiguille. »

La dernière chanson de l’album, La nuit se plaindre, comprend la participation vocale d’Hubert. Est-ce que vous l’avez écrite ensemble ?

« J’avais déjà écrit les paroles et la plupart des accords. Hubert m’a demandé si j’avais des trucs sur lesquels il pouvait collaborer. J’ai pensé à cette chanson-là, car j’étais bloqué un peu. Je trouvais qu’elle n’était pas à la hauteur des autres chansons de l’album et je pensais même l’enlever. Il est arrivé avec de très bonnes idées. »

Si on revient dans ta jeunesse, la musique est arrivée de quelle façon dans ta vie ?

« Mes deux parents aiment beaucoup la musique. Quand j’étais jeune, ils voulaient que je joue d’un instrument. Jusqu’à l’âge de 13 ans, j’ai alterné entre le piano, la guitare et la basse. Je suis éventuellement tombé sur le logiciel de production de musique GarageBand. C’est là que je me suis découvert cette passion pour produire de la musique. »

Robert Robert avec Hubert Lenoir dans le vidéoclip pour La nuit se plaindre.
Photo courtoisie
Robert Robert avec Hubert Lenoir dans le vidéoclip pour La nuit se plaindre.

Tu as commencé à travailler comme DJ à quel âge ?

« À 15 ans, j’ai découvert la musique électronique. Je me suis mis à aller dans des raves à Montréal. J’étais jeune, mais il n’y a personne qui me cartait dans les bars ! J’ai appris à mixer et je me suis mis à avoir du boulot comme DJ à 16 et 17 ans. »

Est-ce que ce travail t’a permis de voyager ?

« Oui, j’ai eu la chance de pouvoir voyager avec la musique électronique. Je suis allé aux Francofolies de La Rochelle, à l’île de la Réunion. Au Canada, je suis allé à Halifax et Toronto. C’était vraiment cool. J’étais un peu surpris par tout. Mais je me demandais aussi ce que je voulais faire musicalement, quelle était mon intention. »

À quel moment as-tu décidé de faire un virage vers la musique pop ?

« En décembre 2018, je faisais une tournée en France. J’étais DJ dans des clubs de quatre à six heures du matin. C’est vraiment tard ! Le problème, c’est que j’avais trois soirées consécutives dans trois villes différentes. Après chaque soirée, je finissais de travailler à six heures du matin, j’allais à l’hôtel à sept heures et je prenais le train à 11 h pour aller dans une autre ville. Je me couchais en arrivant et j’allais au club après ça. Ça m’a vraiment brûlé.

« Je ne me reconnaissais plus là-dedans. Je me suis mis à plus me reconnaître dans ce que Lydia Képinski, Les Louanges et Hubert Lenoir faisaient. C’est là que je me suis dit que j’avais le droit d’essayer des nouveaux trucs et de faire ce que j’avais le plus envie de faire. »


L’album de Robert Robert, Silicone Villeray, est disponible sur le marché. Pour plus d’infos : robertrobert.bandcamp.com.