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Les séries de la COVID-19

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Photo d'archives, USA TODAY Sports Nick Suzuki et Cole Caufield ont apporté vitesse et hargne à toute l’équipe.

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Il y a vraiment des antifans qui sont méchants. Et Jean-Claude Grenier, adepte de Claude Poirier, gourou des Bruins de Boston au Québec, n’est pas le pire.

Je connais et j’entends plusieurs observateurs qui sont encore dubitatifs devant les exploits du Canadien. 

Même que cette semaine, Serge Savard, l’ancien directeur général du Canadien, posait calmement une question qui a eu le don de refroidir ses interlocuteurs au ShowTom : « Le Canadien a fait les séries en jouant dans la faible division Nord. L’an prochain, il va retrouver les Bruins de Boston, les Capitals de Washington, Tampa Bay et les autres grosses équipes de SON association. Êtes-vous certains qu’il va au moins se classer dans les séries ? Vous êtes-vous posé la question ? » a demandé le Sénateur.

Effectivement, dans un calendrier normal, en jouant dans l’Est, le CH ne se serait même pas qualifié pour participer aux séries de cette année. 

Dans les faits, la 18e équipe affronte la 14e au classement général. Ceux qui participaient à l’émission avec lui n’ont pas osé le contredire. 

Autrement dit, quand on n’est pas un partisan du Canadien ou qu’on n’est pas transporté par la fièvre des séries, on peut dire que ça fait deux ans de suite que la COVID-19 sauve l’organisation de la honte.

Ce n'est pas un feu de paille

Cependant, je ne partage pas les doutes de Serge Savard. C’est vrai que la division Nord était, et de loin, la plus faible de la Ligue nationale. Et que malgré tout, les Glorieux (!) ont connu une saison médiocre.

Mais il faut tenir compte du congédiement de Claude Julien. Le moment choisi pour décapiter le coaching staff du Canadien n’était pas le meilleur. 

Dominique Ducharme, à cause d’un calendrier compliqué encore plus par les cas de COVID-19, n’a pas eu le temps et l’occasion d’installer sa méthode. 

Et surtout, de prendre le contrôle du vestiaire et d’imposer sa compétence et sa personnalité aux joueurs. Ça s’est passé pendant la série contre les Maple Leafs de Toronto.

L’émergence des jeunes

Le calendrier compressé n’a pas permis à Ducharme de confier des tâches majeures à ses jeunes. 

Les blessures à Jonathan Drouin et à Brendan Gallagher ont ouvert une première porte. 

Et les difficultés du Canadien en série contre les Leafs ont forcé la main à Ducharme. Il a pu se libérer de la pression de Marc Bergevin et imposer ses choix.

Or, même si les vétérans comme Eric Staal et Corey Perry brillent contre Winnipeg, ce sont les jeunes Suzuki, Kotkaniemi et Caulfield qui ont vraiment modifié la donne. Ils ont apporté vitesse, hargne et combativité à toute l’équipe.

Se débarrasser des meilleurs

Ce n’est pas fini. D’autres méchants soulignent que le Canadien, deux fois de suite, a pu affronter une équipe après s’être débarrassé de leur leader et meilleur joueur. John Tavares avec Toronto et Mark Scheifele à Winnipeg.

C’est malheureux pour les partisans de ces équipes, mais ça fait partie du hockey. Et le CH a le droit d’atteindre sa vitesse de pointe à son moment.

En 1993, les meilleures équipes sont tombées devant le Canadien pour lui ouvrir la route vers la coupe Stanley.

En 2021, ce sont les meilleurs joueurs qui tombent et qui aident à ouvrir le chemin. 

Une équipe inspirée plonge dans l’ouverture et en profite. 

That’s all... 

Innovations de pandémie 

On a eu droit à une soirée de boxe style Commando, en direct de Mexico, vendredi. Les trois gros noms de Camille Estephan ne pouvaient pas perdre leur combat. Les conséquences auraient été énormes pour la suite de leur carrière. Stéphane Loyer, l’excellent matchmaker, a choisi des adversaires capables de donner le change pendant une couple de rounds. Mais après 30 secondes, on voyait tout de suite la classe de Bazinyan ou de Lemieux. À moins d’une malchance terrible ou d’une gauche égarée comme en a subi Steven Butler au Mexique, les gars d’EOTM évoluaient en terrain solide. L’innovation est venue d’ailleurs. Pandémie oblige, c’est Punching Grace qui produisait la télédiffusion du gala. On ne pouvait installer cinq ou six caméras et envoyer trois ou quatre commentateurs sur place. On a donc repris la formule commando, mais en ajoutant un élément qui a rendu la soirée fascinante.

La vraie stratégie

Marc Ramsay et Vincent Auclair portaient tous les deux un micro relié à la console. Non seulement on accompagnait les boxeurs dans ce qui leur servait de salle avant leur combat en suivant les préparatifs en direct, non seulement on les suivait caméra à l’épaule à travers les palmiers et les fleurs du Holiday Inn, mais surtout, pendant les rounds, on entendait les instructions et les ordres donnés par les entraîneurs. On a vu Simon Kean obéir et s’adapter selon les instructions données par Auclair, on a vu Bazinyan suivre à la lettre le plan de match de Ramsay, mais on a surtout remarqué la colère de Ramsay après un premier round que Lemieux avait pourtant complètement dominé : « Tu t’es laissé prendre par tes émotions, t’as pas boxé comme il le fallait », l’a apostrophé Ramsay.

Même après la victoire pourtant éclatante, Ramsay a profité du moment pour rappeler l’erreur. Il faut comprendre que c’est au Mexique en formule commando qu’il faut passer les messages, pas devant 19 000 personnes au Madison Square Garden. Ce n’est pas de la télévision traditionnelle. Sans doute que TVA Sports ou ESPN ne choisiraient pas cette façon de présenter le combat. Mais en temps de pandémie, c’est une façon inespérée d’en découvrir encore beaucoup plus sur le monde de la boxe.

Surtout quand il est propre...