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Parlons «manger»

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Avait-on déjà autant parlé de bouffe dans l’actualité qu’on l’a fait au cours de la dernière année et demie ?

Pas pour rien que les textes de notre blogueur Sylvain Charlebois, de l’Université Dalhousie, font autant réagir. Qu’il parle de beurre trop dur à cause des résidus d’huile de palme que certains producteurs donnaient à leurs vaches ou de caisse enregistreuse libre-service en épicerie, ça interpelle tout le monde.

Ceux qui font et vendent notre nourriture, comme ceux qui la déposent dans le frigo en arrivant chez eux.

  • Écoutez la chronique de Claude Villeneuve au micro de Richard Martineau sur QUB radio :

Ça parle de nous

L’agroalimentaire, c’est social et c’est politique, et ce, même quand on ne critique pas le coût des LAB-École de Ricardo ou du riz beurre et persil que Marilou vend en épicerie.

Ça parle de notre rapport au territoire quand on se demande si c’est intelligent de faire sortir un tunnel autoroutier en plein champ, à Lévis. Ça parle d’écologie quand on se dit que, même sans devenir végétalien, diminuer notre consommation de produits bovins et porcins donnerait un coup de main à la planète. Ça parle d’économie quand on insiste sur l’importance d’encourager les producteurs d’ici. Ça parle d’immigration quand on pense pénurie de main-d’œuvre ou nouveautés culinaires.

Manger local

Voilà pourquoi il s’agit de vrais enjeux de société quand on apprend que les Serres Demers font vivre leur main-d’œuvre étrangère dans des taudis insalubres ou quand 50 000 poulets sont euthanasiés chaque jour parce qu’il y a un conflit de travail chez Exceldor. On n’est pas formaté pour voir dans la tomate qu’on lave sous le robinet ou les poitrines de poulet qu’on fait mariner un outil d’oppression.

À la fin, on ne se rend pas compte comment produire notre nourriture c’est un des travaux les plus ingrats et exigeants qui existent, autant pour les employés du bas de la chaîne que pour les investisseurs en haut de la chaîne. Partant de là, c’est difficile de prendre un bord, surtout quand les consommateurs que nous sommes tous cherchent le meilleur prix.

À la fin, manger local, cela a un prix. Le problème, c’est que ne pas le faire, ça en a un aussi. Suffit d’une petite pandémie...