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Pistes cyclables: encore plusieurs voies dangereuses

La sécurité des cyclistes est compromise à plusieurs endroits dans la région

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Photo Jean-François Racine Tous les matins, Claude Samson quitte Lévis en utilisant le traversier pour ensuite se rendre au travail dans le secteur de Vanier. Le cycliste, photographié à proximité de la traverse, a modifié son parcours en raison du danger.

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Malgré des investissements importants, plusieurs endroits restent dangereux pour les cyclistes dans la région de Québec. 

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Mauvais entretien ou aménagement douteux, la situation est loin d’être parfaite en dépit des nombreuses améliorations. 

Grièvement blessé le 1er octobre 2019 sur l’avenue Saint-Sacrement, Claude Samson a eu la vie sauve grâce à son casque, qui s’est cassé en deux sous la force de l’impact. La conductrice a voulu s’engager sur la rue des Artisans, heurtant de plein fouet le cycliste qu’elle n’a jamais vu. 

M. Samson a été blessé lors d’une collision avec un véhicule au coin de la rue des Artisans et de l’avenue Saint-Sacrement. Il juge cette avenue dangereuse et n’y circule plus en vélo depuis.
Photos d’archives
M. Samson a été blessé lors d’une collision avec un véhicule au coin de la rue des Artisans et de l’avenue Saint-Sacrement. Il juge cette avenue dangereuse et n’y circule plus en vélo depuis.

Un peu craintif, le quinquagénaire a choisi de modifier son parcours en raison du danger. Tous les matins, le cycliste quitte Lévis en utilisant le traversier pour ensuite se rendre au travail dans le secteur de Vanier.  

« L’avenue Saint-Sacrement n’est pas belle. C’est magané et plein de trous. C’est vraiment dangereux. Je ne passe plus là. C’est brisé et ce n’est pas aménagé. Je ne veux plus chuter et porter un collier cervical pendant trois mois », explique M. Samson, qui a eu besoin de plusieurs mois de convalescence. 

Confusion 

Depuis qu’il est remonté en selle, il utilise aussi quotidiennement la piste cyclable sur le terre-plein central du boulevard Pierre-Bertrand, un endroit où rien n’est simple. 

« Il y a plusieurs intersections et des virages en U. Ça pourrait être moins compliqué même si le partage de la route se fait mieux », ajoute le cycliste expérimenté. 

En 2009, un document de l’INSPQ jugeait dangereuses les bandes cyclables bidirectionnelles qui croisent plusieurs rues ou entrées commerciales et industrielles. Douze ans plus tard, il en reste toujours, comme sur la route Jean-Gauvin, dans le secteur de Cap-Rouge.
Photo Didier Debusschère
En 2009, un document de l’INSPQ jugeait dangereuses les bandes cyclables bidirectionnelles qui croisent plusieurs rues ou entrées commerciales et industrielles. Douze ans plus tard, il en reste toujours, comme sur la route Jean-Gauvin, dans le secteur de Cap-Rouge.

Si Québec et Lévis ont beaucoup dépensé dans les dernières années pour améliorer la vie des cyclistes, certains aménagements ne font pas l’unanimité.  

Le fameux corridor cyclable de la rue Père-Marquette, entre la colline Parlementaire et le campus de l’Université Laval, a beaucoup fait jaser pour ses nombreux détours qui rallongent un trajet linéaire. Même en hiver, on peut s’y perdre, blaguent les utilisateurs. 

Danger 

Sur la rue de la Promenade-des-sœurs, toujours à Cap-Rouge, la bande cyclable bidirectionnelle, du même côté de la chaussée, exige que des cyclistes circulent à contresens du trafic.
Photo Didier Debusschère
Sur la rue de la Promenade-des-sœurs, toujours à Cap-Rouge, la bande cyclable bidirectionnelle, du même côté de la chaussée, exige que des cyclistes circulent à contresens du trafic.

Ailleurs, c’est la sécurité qui fait parfois défaut. À Cap-Rouge, sur la rue Promenade-des-Sœurs, seules les traces de peinture délimitent la bande cyclable bidirectionnelle sur un seul côté de la route, forçant ainsi les cyclistes à rouler à contresens.  

« Le plus sécuritaire, c’est d’ignorer cette bande cyclable et de rouler à droite de la chaussée », affirme Jean Belle-Isle, un résident du quartier. 

Selon Martial Van Neste, président de la Table de concertation vélo des conseils de quartier de Québec, l’aménagement du terre-plein central du boulevard Pierre-Bertrand est plus embêtant.
Photo Didier Debusschère
Selon Martial Van Neste, président de la Table de concertation vélo des conseils de quartier de Québec, l’aménagement du terre-plein central du boulevard Pierre-Bertrand est plus embêtant.

Selon Martial Van Neste, président de la Table de concertation vélo des conseils de quartier de Québec, le réseau régional assez âgé comporte toujours des sections qui n’ont aucun sens.  

Encore du travail 

Selon des cyclistes, la sécurité pourrait aussi être améliorée dans la côte de la Pente-Douce, seul accès plus facile à gravir pour accéder à la haute-ville.
Photo Didier Debusschère
Selon des cyclistes, la sécurité pourrait aussi être améliorée dans la côte de la Pente-Douce, seul accès plus facile à gravir pour accéder à la haute-ville.

« Pour le vélo utilitaire, il y a beaucoup d’endroits où ça va très mal à Québec. On a fait un répertoire à la Ville pour montrer l’ensemble des endroits qu’on considère dangereux », mentionne-t-il. 

La Ville de Québec pourrait également améliorer l’accès à la haute-ville. 

« La seule pente qui n’est pas si pire, c’est la Pente-Douce et ce n’est pas un endroit protégé. C’est pourtant un lien important. La Ville fait beaucoup de peinture, mais presque pas de voies protégées pour les cyclistes. La sécurité fait foi de tout », précise M. Van Neste.

KM DE VOIES CYCLABLES  

  • Laval : 292 km  
  • Québec : 376 km (382 km fin 2021) 
  • Montréal : 876 km 
  • Sherbrooke : 153 km 
  • Gatineau : 312 km