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Fascination royale

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Photo d’archives, AFP Le duc et la duchesse de Sussex, Harry et Meghan, lors d’une visite à Sydney en octobre 2018.

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Harry et Meghan Markle annoncent la naissance de leur second enfant et voilà que plusieurs médias partout dans le monde en font leur première page. Pourtant ce ne sont pas les autres sujets d’actualité qui manquent : taxe de 15 % au G7, sénateurs américains en visite à Taïwan, tentative de retour de Trump, attaque djihadiste meurtrière au Burkina Faso, etc. 

Même cette chronique porte sur cette naissance. Permettez que j’aborde le sujet sous un autre angle : celui de notre bêtise collective.

Oui, bravo au couple pour ce second enfant. Ce texte ne les vise pas personnellement. La question presque effrontée que je nous pose est celle-ci : pourquoi certaines personnes sont-elles fascinées par l’aristocratie ?

Il n’existe pas grand-chose de plus puant qu’une aristocratie, surtout dans une démocratie. Elle est formée de gens qui par leur naissance ont davantage de droits que les autres citoyens. 

Au Canada anglais, l’aristocratie britannique est l’un des rares héritages qui empêchent le pays de basculer complètement dans le vide postnational. On comprend que les anglophones de descendance loyaliste se pâment à chaque hoquètement de la famille royale.

Mais au Québec, la royauté britannique ne devrait susciter qu’indifférence ou mieux, dégoût et rejet. Pour des raisons historiques et par attachement au principe républicain d’égalité en droits entre les citoyens. 

La fascination de plusieurs Québécois pour la famille royale britannique est un des résultats de la conquête anglaise. Au fil des siècles, certaines valeurs britanniques ont fini par être perçues comme supérieures aux autres. Parfois à raison, parfois à tort.

Aura dynastique 

La royauté britannique n’est pas seule à bénéficier d’une aura dynastique. Justin Trudeau est devenu premier ministre grâce au nom de son père. Les admirateurs de sa famille sont même en train de chercher qui parmi ses enfants pourrait un jour devenir premier ministre.

Comme s’il existait un gène de la compétence politique. 

Le même phénomène s’est produit avec la famille Kennedy ou avec la famille Johnson au Québec.

En fait, les familles de grands politiciens bénéficient souvent de trois avantages que d’autres travaillent dur à acquérir : un nom de famille prestigieux, un grand réseau de contacts bien placés et une bonne culture politique.

Besoin d’identification

Beaucoup ont besoin de personnes auxquelles s’identifier dans tous les domaines, du sport aux arts, en passant par la recherche et la politique.

Pourtant, personne ne s’attend à ce qu’un grand athlète ou un grand artiste engendre nécessairement un autre grand athlète ou un autre grand artiste, même si cela se produit parfois.

Néanmoins, en politique les attentes sont immenses. Par exemple, tout le monde voit bien que Donald Trump tente de fonder une dynastie politique, même si ses enfants paraissent être d’assez médiocres politiciens. Mais ils pourraient remporter des élections.

Au fond, peut-être que les humains aiment s’attacher aux autres émotivement, avant de les comprendre.