/news/provincial
Navigation

Le projet immobilier controversé sur la Grande Allée avorte

Coup d'oeil sur cet article

À la suite d’une forte mobilisation citoyenne, la Ville de Québec a décidé de ne pas donner son aval à la mouture actuelle du projet immobilier controversé qui devait se réaliser au 955, Grande Allée Ouest.

Le projet de 40 millions $, porté par Immeubles Simard, devait compter 180 logements. Or, de nombreux citoyens de ce secteur, situé à la frontière des quartiers Saint-Sacrement et de Sillery, ont exprimé leur dépit devant le changement programmé au PPU (Programme particulier d’urbanisme) du Pôle urbain Belvédère, adopté il y a à peine quatre ans. 

Les inquiétudes touchaient notamment la facture identitaire du quartier, sa réalité géographique, la circulation, les arbres et la tranquillité du secteur. Le processus de consultation réalisé de façon virtuelle à cause de la pandémie n’a pas été du goût de plusieurs. 

Échanges acerbes

Lundi après-midi, en impromptu de presse, le maire Labeaume a fait savoir que « la Ville va demander un nouveau projet » au promoteur tout en assurant que la municipalité n’avait aucun « mea culpa » à faire dans ce dossier. 

En soirée, le conseil municipal fut le théâtre d’échanges acerbes entre les conseillers de la majorité et ceux de l’opposition à ce sujet. En fin de compte, les élus ont majoritairement décidé de mettre fin au processus de modification réglementaire au PPU. 

« Bien que le changement de vocation de l’usage et la correction de certaines dispositions demeurent pertinents dans le cadre des objectifs du PPU, il est souhaité de revoir certains aspects du projet », pouvait-on lire dans le sommaire décisionnel. 

Bureaux plutôt que du logement

Contacté lundi soir, Marc Simard, président d’Immeubles Simard, s’est dit déçu.

« J’ai appris [lundi] à 16 h que le projet ne serait pas accepté. C’est sûr qu’on est déçu. Pour le quartier, c’était un excellent projet, a-t-il fait savoir. Ce changement d’optique de la Ville est dur à comprendre. »

Un nouveau projet, qui ne nécessitera pas de changement au PPU, verra néanmoins le jour. « Ce ne sera pas du tout la même chose. On avait un projet strictement d’habitation. Là, ça va être principalement des bureaux et partiellement de l’habitation », a ajouté M. Simard. 

De son côté, le citoyen Marc-André Roy était plutôt heureux de cette issue. « On est content. Il y a eu une levée de boucliers, car ça a été fait à la hâte. C’était un mauvais projet avec des dimensions excessives », a-t-il avancé.

Le chef de Démocratie Québec, Jean Rousseau, qui a demandé la semaine dernière un moratoire sur ce projet, a également exprimé sa satisfaction. « Je félicite les citoyens pour avoir convaincu les élus de la nécessité d’un nouveau projet », a-t-il réagi.