/opinion/blogs/columnists
Navigation

Pas la faute des «nounes» ni des «graines»

Coup d'oeil sur cet article

« Même s’il te fait la baboune... snap pas ta NOUNE. Même si c’est aphrodisiaque... snap pas ta CRAQUE. Même si tu l’aimes... snap pas ta GRAINE ». Poème des temps modernes ou plutôt campagne de sensibilisation douteuse ?

La campagne de sensibilisation Snap toi pas du Service de police de la Ville de Québec circule sur internet depuis le mois de mai. Elle vise à sensibiliser les jeunes du secondaire aux risques d’envoyer des contenus sexuellement explicites par le biais de la technologie.

Déjà-vu navrant

En janvier dernier, j’ai parlé dans une chronique de la campagne de sensibilisation #FullCélèbre, financée par les gouvernements canadien et québécois, qui traitait aussi des dangers des sextos. Sur les affiches, on pouvait voir une jeune fille avec un sac en papier sur la tête, comme s’il était honteux d’envoyer ce genre de photos. Je critiquais le fait que la campagne rejetait la faute sur les victimes plutôt que sur les cyberprédateurs.

Et voilà que l’histoire se répète avec la campagne Snap toi pas. Cette campagne est elle aussi à côté de la plaque.

  • Écoutez la chronique de Madeleine Pilote-Côté à QUB radio

Et si c’était votre fille ?

Chers parents, si votre fille avait transmis une photo sexuellement explicite à son copain et que celui-ci l’avait envoyée à d’autres, contre qui seriez-vous en furie ? La personne en faute ici est l’irresponsable copain ou votre fille ?

Snap toi pas n’a rien compris. Il est irréaliste de penser que les jeunes vont arrêter de s’envoyer des sextos. Ceux qui ont besoin d’être éduqués sont les gens mal intentionnés qui utilisent à mauvais escient le contenu qu’on leur envoie en privé.

En continuant de faire croire que les dérapages en lien avec les sextos sont la faute de ceux et celles qui les produisent, ce genre de démarche de sensibilisation passe à côté du vrai problème.

Pour être efficaces, les campagnes doivent cibler les réels malfaiteurs.