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Nos routes en déroute: un réseau routier trop étendu au Québec

Le Québec a une population plus petite que l’Ontario pour soutenir un réseau routier beaucoup plus vaste

Trafique sur les autoroutes
Photo Didier Debusschère L’autoroute de la Capitale sur cette photo fait partie d’un vaste réseau routier qui parcourt la région de Québec.

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Le Québec possède un réseau routier plus de 50 % plus vaste que celui de l’Ontario, même si sa population est presque moitié moindre, une situation qui explique en grande partie pourquoi nos routes sont en si mauvais état, selon des experts.

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« L’étendue, la superficie de notre réseau routier par rapport à la taille de la population font en sorte qu’avant de considérer tout le reste, c’est pas facile d’entretenir nos routes. C’est probablement la statistique qui explique le mieux l’état actuel de notre réseau », avance Guy Doré, professeur de génie civil à l’Université Laval.

Selon une étude de la firme Applied Research Associates réalisée pour le compte du ministère des Transports en 2020, le Québec possède l’un des réseaux routiers les plus étendus dans tout le nord-est de l’Amérique du Nord et même à la grandeur du Canada.

Par rapport à 10 autres provinces ou États en Amérique du Nord, seule la riche Alberta pétrolière compte plus de kilomètres de routes que le Québec.

Plus que le voisin

La comparaison est particulièrement frappante avec l’Ontario voisin dont la population est de 14,5 millions d’habitants (contre 8,4 millions pour le Québec). L’Ontario possède un réseau de 40 427 kilomètres, alors que le Québec dispose d’un réseau de 61 468 kilomètres.

M. Doré explique que la population de l’Ontario est plus densément concentrée dans le sud de la province, ce qui permet de fonctionner avec beaucoup moins de kilomètres de route que le Québec.

Michel Aumonst, président de Bitumes Québec, abonde dans le même sens. 

« Chaque Québécois a 2,5 fois plus de kilomètres de route pour lui qu’un Ontarien. Il faut qu’avec chaque dollar dépensé en entretien des routes on fasse beaucoup plus », dit-il.

Selon M. Doré, l’état du réseau routier québécois s’est globalement amélioré entre 2000 et 2012. De gros efforts ont été consentis à cette époque pour entretenir ce qui avait déjà été aménagé.

Depuis cette période, les routes du Québec ont eu tendance à se détériorer, soutient M. Doré. 

Michel Aumont estime, lui aussi, qu’il y a eu des années où il y a eu détérioration du réseau, mais il est satisfait des investissements récents annoncés par le gouvernement Legault.

Malgré l’étendue de son réseau, le Québec continue toutefois d’ajouter de nouvelles routes. 

Le gouvernement caquiste a annoncé en 2020 qu’il irait de l’avant avec le prolongement de la 138 sur la Basse-Côte-Nord. 

Il est aussi question de refaire l’autoroute 55 à quatre voies entre Drummondville et Trois-Rivières.

« C’est très discutable », dit Guy Doré.

Vrai besoin ?

Ce dernier souligne que tous les ajouts de nouveaux tronçons de route sont justifiables en soi. 

« Il y a toujours un besoin pour des nouvelles routes, mais est-ce que ce besoin est plus grand que les autres besoins qu’on a ailleurs ? » demande-t-il.

Il ne faut pas être naïf et croire que les décisions se prennent toujours de manière parfaitement rationnelle.

« Politiquement, c’est beaucoup plus rentable d’annoncer une nouvelle route que d’annoncer qu’on va entretenir celles qu’on a déjà », soumet-il. 

Nombre de kilomètres de routes    

  • Alberta : 63 115 
  • Québec : 61 468 
  • Saskatchewan : 54 422 
  • Minnesota : 46 600 
  • Ontario : 40 427  

Source : Étude d’Applied Research Associates pour le MTQ, 2020

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