/sports/opinion/columnists
Navigation

Bonne impression de Nancy

Coup d'oeil sur cet article

Vous n’aurez jamais une deuxième chance de faire une bonne première impression. L’expression est consacrée et s’applique sûrement au parcours de Wilfried Nancy.

Pour connaître l’homme, je sais que l’entraîneur du CF Montréal est une bonne personne. En ce sens, je ne peux que me réjouir de l’annonce de la prolongation de son contrat avec le club. Nancy est un travaillant, il mérite l’opportunité et la stabilité qui viennent avec cette année supplémentaire à son entente de travail.

De plus, comme c’est la première fois qu’il est le capitaine du navire et seul maître à bord, je suis certain qu’il est doublement motivé. L’année de plus que lui offre le directeur sportif Olivier Renard ne le fera que travailler plus fort, autant dire un scénario gagnant-gagnant pour toutes les parties.

Dans toute cette histoire, c’est la durée initiale du contrat qui était pour moi une surprise. Qu’on n’ait pas voulu s’engager au départ avec lui pour plus d’une saison était à mon avis assez curieux. Probablement que le CF Montréal a voulu se montrer prudent en temps de pandémie.

Renard a sûrement voulu évaluer la transition de Nancy avec le groupe de joueurs actuels. Passer du rôle d’adjoint à celui de chef au sein de la même équipe peut s’avérer périlleux, voire bizarre par moment. Nancy semble négocier le passage sans heurts, c’est tout à son honneur.

Victoire morale

Confirmer Nancy dans ses fonctions pour une autre saison après seulement huit matchs de joués au calendrier peut aussi paraître surprenant. En agissant ainsi, je trouve que Renard a fait preuve de respect envers son entraîneur.

Depuis le début de la saison, les joueurs ne cessent de rappeler qu’ils forment une équipe, un tout, et qu’ils prennent du plaisir ensemble. Ces paroles contrastent vraiment avec la campagne précédente. C’est à mettre au crédit de l’entraîneur.

Lorsque j’étais joueur, la bonne entente au sein d’un club n’était pas nécessairement au sommet des priorités. Mais pour les générations plus récentes de joueurs, l’esprit d’équipe est devenu une condition sine qua non. Même s’ils sont des professionnels consciencieux, ils doivent avoir du plaisir au boulot. Celui-ci est essentiel à la réussite.

Jusqu’ici, Nancy semble maintenir un climat de travail qui plaît. Est-ce que ce climat découle des résultats de ce début de saison, ou l’inverse ? Dans ce département, la victoire reste le plus grand facilitateur pour l’ambiance. Le miracle que peut opérer Nancy, c’est de donner un peu de constance dans les performances à son groupe.

Quel genre d’entraîneur ?

Pendant toutes ces années en tant qu’adjoint, Nancy a accumulé beaucoup d’expérience. Des quatre entraîneurs qu’il a épaulés avec le CF Montréal, il a assurément retenu le meilleur.

D’un point de vue du jeu, je trouve qu’il y a une nette amélioration sur le terrain par rapport à l’an dernier. À chacune des rencontres jusqu’ici, le XI montréalais a trouvé une façon de rester dans le coup. Même dans leur pire match, celui contre Vancouver, les hommes de Nancy ont réussi à se donner une chance de l’emporter.

D’un point de vue tactique, le pilote table sur un 3-5-2 qui n’a pas beaucoup changé jusqu’ici. Ce qui m’intéresse, c’est de voir s’il aura la flexibilité et l’audace de s’en éloigner à un moment durant la saison. Il a un groupe pour explorer plusieurs façons de jouer.

Bref, il reste encore beaucoup de matchs pour évaluer ce que j’appellerais la « personnalité sportive » de Wilfried Nancy.

l’Euro

C’est vendredi que s’amorce l’Euro. Nous aurons amplement le temps de parler de cette compétition au cours des prochaines semaines.

Par contre, avant qu’on se lance dans ce mois de compétition, j’aimerais faire une prescription aux jeunes joueurs du Québec : prenez le temps de regarder des matchs.

En tant que formateur, je vois plusieurs jeunes qui s’entraînent avec beaucoup d’ardeur, mais qui ne regardent pas de rencontre au stade ou à la télé. Je pense que c’est une partie intégrante du développement que de s’imprégner des références du haut niveau de compétition comme l’Euro ou la Coupe du monde.

En somme : allez jouer dehors, mais prenez aussi le temps de parfaire votre culture sportive. Ce n’est sûrement pas le pire devoir qui vous a été exigé...