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Français: l'instinct de survie s'active

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Le sondage publié dans nos pages hier, à propos de l’appui au cégep français, devrait, dans un pays normal, avoir l’effet d’une bombe politique.

Les Québécois, depuis des années, semblaient apathiques à propos du dossier linguistique. Il n’en est plus ainsi. Le débat des derniers mois a porté fruit.

Les Québécois constatent désormais à quel point le français régresse. Nous payons le prix d’un quart de siècle de négligence linguistique.

Cégep

64 % des Québécois jugent le français en danger. Quant aux francophones, ils sont 78 % à le reconnaître !

Plus encore : les Québécois constatent que le projet de loi 96 de la CAQ est bien moins costaud que ne le prétend le gouvernement.

Mieux : dans leur ensemble, les Québécois embrassent le cégep français à 58 % !

C’est ce qu’on appelle un renversement de l’opinion. François Legault oserait-il encore dire de cette idée qu’elle est extrémiste ?

Disons les choses brutalement : parler du recul du français, cela revient à parler de la progressive disparition du peuple québécois. De son assimilation.

Les Québécois, au fond d’eux-mêmes, savent qu’ils pourraient bien, d’ici peu, atteindre un point de non-retour. Ils voient que Montréal se détache du reste du Québec, que Laval suit le mouvement. Ils comprennent les conséquences politiques de cette dépossession.

Les Québécois francophones sentent bien qu’ils sont de plus en plus méprisés en leur propre pays, qu’on les traite comme un résidu historique inintéressant, en plus de les accuser de racisme quand ils demandent seulement qu’on respecte leur identité.

Écoutez Les idées mènent le monde, une série balado qui cherche a éclairer, à travers le travail des intellectuels, les grands enjeux de sociétés.

Disparition

Les Québécois comprennent bien, autrement dit, qu’ils peuvent mourir comme peuple, disparaître, être condamnés à la folklorisation, devenir étrangers en leur propre pays, à nouveau conquis, mais cette fois au nom du multiculturalisme.

Alors leur instinct de survie s’active.

Le gouvernement Legault doit retourner faire son travail, et nous présenter une « nouvelle loi 101 » à la hauteur de la situation.