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Saint-Augustin: en déontologie pour avoir défendu ses voisins

Quebec
Photo Stevens LeBlanc Des travaux majeurs seront réalisés cet été par Hydro-Québec sur la route Tessier, à Saint-Augustin-de-Desmaures, afin d’implanter une ligne électrique souterraine qui sera surplombée d’un trottoir, réduisant ainsi la largeur de la chaussée.

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Un élu municipal a-t-il le droit d’intervenir au sujet d’un enjeu dans la rue où il réside ? La réponse est non, selon la CMQ, qui vient de citer en déontologie un conseiller de Saint-Augustin, près de Québec.

La Commission municipale du Québec reproche à Marcel Desroches de s’être placé en situation de conflit d’intérêts à neuf reprises entre septembre 2020 et janvier 2021.

Le conseiller s’est opposé vigoureusement à un projet controversé d’Hydro-Québec qui va éventrer une partie de sa rue – la route Tessier – cet été, pour le passage d’une ligne électrique souterraine.

L’aménagement d’un trottoir aux frais d’Hydro-Québec, en surface, entraînera la perte de stationnements et provoque du mécontentement. Les citoyens n’en veulent tout simplement pas, selon le conseiller qui dit les avoir simplement relayés en réclamant une consultation citoyenne sur leurs préoccupations.

« La loi dit que je ne peux pas prendre fait et cause pour les gens de ma rue... c’est bizarre comme ça ! Si la Ville mettait la limite de vitesse à 100 km/h dans ma rue, je ne pourrais strictement rien dire ? Ça me dépasse », s’insurge-t-il en entrevue.

La conseillère indépendante Annie Godbout se porte à sa défense. « Il a agi de bonne foi. Si la loi interdit à un élu d’être le porte-voix des citoyens qu’il représente, il y a quelque chose à changer dans cette loi-là », a-t-elle réagi.

Dénoncé par un opposant

Le conseiller Yannick Lebrasseur confirme avoir dénoncé son adversaire politique. M. Desroches, insiste-t-il, aurait dû s’abstenir de faire des pressions sur les autres élus.

« Il l’a dit lui-même qu’il est en conflit d’intérêts, mais il a argumenté pendant 40 minutes (en séance du conseil). Il a exprimé ses craintes personnelles. À un moment donné, tu dois te retirer. À trois reprises, on lui a proposé de consulter un conseiller en éthique. En 2021, on ne peut plus faire des affaires de même. »

M. Desroches s’est retiré de ses fonctions, le 18 mai, en raison de l’enquête en cours, mais il reviendra siéger sous peu. Âgé de 70 ans, il quittera la politique à la fin du mandat actuel.