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Crise du poulet: une situation «inconcevable», dénoncent les producteurs

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Alors que le conflit de travail perdure à l’usine d’Exceldor de Saint-Anselme, et que près d’un demi-million de poulets ont été euthanasiés et jetés, le président des éleveurs de volailles du Québec estime que la situation est «inconcevable».

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«On trouve que c’est immoral, que c’est inconcevable. Un éleveur de poulets veut élever ses poulets pour nourrir la population et non pour les euthanasier», martèle Pierre-Luc Leblanc en entrevue à l’émission À vos affaires.

Ce dernier est d’avis qu’il est l’heure de se tourner vers d’autres usines puisque les négociations ne cheminent pas. 

  • Écoutez l'analyse de Caroline St-Hilaire et d'Antoine Robitaille avec Benoit Dutrizac sur QUB radio:  

«Il faut que les autres usines au Québec puissent faire du temps supplémentaire. [...] Même chose du côté des abattoirs de l’Ontario et de l’est du Canada. Il faut maximiser les capacités», dit M. Leblanc.

«On est sous une gestion de l’offre. On a une responsabilité [...] de nourrir la population canadienne et québécoise», ajoute-t-il.

La pointe de l’iceberg?

Pour le spécialiste de l’industrie agroalimentaire à l’Université Dalhousie Sylvain Charlebois, la grève n’est que le début de la crise du poulet.

«Il y a un problème au niveau de la transformation, on peine à recruter. Il y a 7000 postes vacants au Québec. Plusieurs de ces postes-là se trouvent dans des usines comme à Saint-Anselme. Ce n’est pas des conditions faciles», explique-t-il.

C’est pourquoi il appelle à une réflexion pour moderniser la filière de transformation de viandes au Québec, comme c’est le cas ailleurs dans le monde.

«Ce qui manque, ce sont des capitaux, tant privés que publics. [...] Ce ne sont pas tous les postes qui peuvent être remplacés par des robots, mais il y en a beaucoup», mentionne M. Charlebois.

Et si les grévistes sont montrés du doigt pour la crise actuelle, l’employeur a lui aussi une part de responsabilité à prendre.

«Et même les producteurs, indique Sylvain Charlebois. Il y a contexte de gestion de l’offre. Les producteurs ont des quotas. [...] Si on arrête le système, en fait, c’est le système au complet qui tombe.»

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