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Irlande du Nord: Johnson évoque un «terrain d'entente» après sa rencontre avec Biden

Irlande du Nord: Johnson évoque un «terrain d'entente» après sa rencontre avec Biden
AFP

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Le premier ministre britannique Boris Johnson a relativisé jeudi ses divergences avec Joe Biden sur les tensions post-Brexit en Irlande du Nord, assurant que le maintien de la paix dans la province britannique constituait un « terrain d’entente » et se disant « optimiste ». 

« Nous voulons nous assurer de conserver l’équilibre du processus de paix. Il y a absolument un terrain d’entente et je suis optimiste que nous y arriverons », a déclaré Boris Johnson aux télévisions britanniques après avoir rencontré le président américain à Carbis Bay, dans le sud-ouest de l’Angleterre, à la veille du début du G7 sous présidence britannique.

Début de la rencontre Biden-Johnson à la veille du G7  

À la veille du sommet du G7 en Angleterre, Joe Biden et Boris Johnson se sont retrouvés jeudi pour leur premier tête-à-tête, une prise de contact assombrie par les tensions qui agitent l’Irlande du Nord à la suite du Brexit. 

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Le premier déplacement à l’étranger du président américain doit marquer le « retour » des États-Unis après le mandat de Donald Trump, a souligné Joe Biden en arrivant mercredi soir au Royaume-Uni pour une intense tournée européenne qui l’emmènera également à Bruxelles pour des sommets avec l’OTAN et l’Union européenne, puis à Genève pour une rencontre avec Vladimir Poutine.  

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Signe de l’importance accordée à la relation avec l’allié britannique, il a démarré son voyage par une rencontre avec le premier ministre britannique Boris Johnson à Carbis Bay, station balnéaire du sud-ouest de l’Angleterre qui accueille de vendredi à dimanche les dirigeants du G7.

« Tout le monde est absolument ravi de vous voir », a lancé M. Johnson en se tournant vers le locataire de la Maison-Blanche, à ses côtés, après une marche avec leurs épouses respectives le long de la côte des Cornouailles, sous un temps agité.

Les deux dirigeants doivent signer une nouvelle « Charte de l’Atlantique » conçue sur le modèle de la celle signée par Winston Churchill et Franklin D. Roosevelt il y a 80 ans, pour réaffirmer les « valeurs » partagées et prendre en compte les nouveaux défis comme les cyberattaques ou la crise climatique.

Le document cherche à affirmer que « si le monde a changé par rapport à 1941, les valeurs restent les mêmes » concernant la défense de la démocratie, la sécurité collective et le commerce international, a fait savoir Downing Street.

Ne pas « donner de leçon »

Les tensions politiques, qui avaient même donné lieu début avril à de violentes émeutes, qui agitent l’Irlande du Nord depuis le Brexit viennent cependant assombrir le tableau. Joe Biden, fier de ses origines irlandaises, n’apprécie pas les tentatives de Londres de revenir sur le « protocole nord-irlandais » adopté dans le cadre du Brexit, qui évite le retour d’une frontière avec l’Irlande, mais perturbe les approvisionnements entre la Grande-Bretagne et la province nord-irlandaise.

L’accord dit du Vendredi saint de 1998, obtenu avec l’implication de l’ancien président américain Bill Clinton, avait mis un terme aux violences entre républicains catholiques et unionistes protestants qui avaient fait quelque 3 500 morts en 30 ans en Irlande du Nord.

Lors du G7, Joe Biden va signifier à Boris Johnson que « les progrès (enregistrés depuis l’accord) doivent être protégés », selon un responsable américain: « l’idée n’est pas d’entrer en confrontation ou de se poser en adversaire, il n’est pas venu donner de leçon ».

En privé, l’administration Biden semble se montrer plus sévère: selon le quotidien britannique The Times, la plus haute diplomate américaine en poste en Grande-Bretagne, Yael Lempert, a déjà accusé Londres d’« attiser » par son attitude les tensions en Irlande du Nord lors d’une rencontre.

Accusée par Londres de « purisme » juridique et de manquer de pragmatisme, l’UE a averti mercredi, lors d’une réunion infructueuse, qu’elle réagirait fermement faute de respect des engagements pris.

« Le protocole (...) doit être appliqué complètement », a martelé jeudi la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, précisant qu’elle évoquerait le sujet avec Boris Johnson lors d’une rencontre samedi en marge du G7, en présence du président du Conseil européen, Charles Michel.

« Démocraties unies »

Au-delà de ce sujet épineux, si les accents populistes de « BoJo » lui ont valu des comparaisons avec Donald Trump, fervent partisan du Brexit, le dirigeant conservateur est beaucoup plus en phase avec l’administration de Joe Biden sur les grands sujets internationaux comme la crise climatique ou les défis posés par la Chine et la Russie.

Les deux dirigeants doivent également discuter d’une reprise des voyages entre leurs pays après la pandémie, sujet délicat au moment où le Royaume-Uni subit une poussée du variant Delta apparu en Inde.

Lors du sommet des pays riches, qui s’annonce dominé par la pandémie, le premier en personne en deux ans, le président américain, critiqué pour avoir tardé à partager des vaccins avec le reste du monde, va mettre sur la table la promesse que les États-Unis vont acheter 500 millions de doses de vaccins contre le Covid-19 de Pfizer/BioNTech pour les donner à d’autres pays, dont 200 millions cette année.

La lutte contre le réchauffement climatique sera l’autre priorité du sommet, avant la grande conférence de l’ONU sur le climat (COP26) prévue en novembre en Écosse.

« Les États-Unis sont de retour ! », a lancé M. Biden peu après son arrivée au Royaume-Uni, reprenant ainsi le message qu’il martèle depuis son arrivée au pouvoir voilà cinq mois. « Et les démocraties du monde entier sont unies pour affronter les défis les plus difficiles ».

Après le G7, Joe Biden rendra visite dimanche à la reine Elizabeth II au château de Windsor puis participera à Bruxelles au sommet de l’OTAN avant un autre sommet avec l’UE.

Son long déplacement en Europe culminera mercredi prochain à Genève par sa rencontre avec son homologue russe Vladimir Poutine. Ukraine, Bélarus, sort de l’opposant russe emprisonné Alexeï Navalny, cyberattaques: les discussions s’annoncent âpres et difficiles, notamment sur ce dernier point.