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Un trottoir toujours aussi dangereux

Aucune amélioration n’a été apportée dans ce secteur du Vieux-Québec malgré un accident mortel en 2019

Le conseiller municipal et chef de Démocratie Québec, Jean R
Photo Diane Tremblay Le chef de Démocratie Québec, Jean Rousseau, déplore la lenteur de la Ville à améliorer la sécurité des piétons là où a eu lieu la tragédie.

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Les piétons qui empruntent le trottoir pour circuler le long du boulevard Champlain, dans le Vieux-Québec, près du lieu où est décédée accidentellement Petya Chivieva, en 2019, réclament toujours un aménagement plus sécuritaire, presque deux ans après le drame.

• À lire aussi: Accident mortel: un camionneur accusé de conduite dangereuse un an après le drame

Le 12 septembre 2019, Petya Chivieva, 31 ans, est morte écrasée par un camion semi-remorque qui a empiété sur le trottoir dans une courbe prononcée du boulevard Champlain, dans le Vieux-Québec. 

La victime, Petya Chivieva, a été fauchée en septembre 2019 sur le boulevard Champlain. Le semi-remorque, qui circulait en direction est, aurait pris la courbe en empiétant sur le trottoir.
Photo d'archives, Agence QMI
La victime, Petya Chivieva, a été fauchée en septembre 2019 sur le boulevard Champlain. Le semi-remorque, qui circulait en direction est, aurait pris la courbe en empiétant sur le trottoir.

Des fleurs et une note marquent encore aujourd’hui le lieu de la tragédie, non loin de la traverse Québec-Lévis. Sur la feuille plastifiée, des citoyens réclament un réaménagement de la courbe, l’élargissement et l’isolement du trottoir.

Malheureusement, plutôt que de s’améliorer, les lieux sont en décrépitude, comme a pu le constater Le Journal dans le cadre de la série Nos routes en déroute. En plus d’être étroits et collés sur une courbe prononcée, le trottoir et la chaîne de rue montrent des signes de détérioration. Sur la traverse piétonne, il faut même contourner les trous dans la chaussée. 

À voir l’état de la chaîne de rue, on comprend qu’elle n’est pas à son premier empiétement. Une situation que confirment des témoins. 

La Ville pointée du doigt

Pour le chef de Démocratie Québec, Jean Rousseau, ce secteur présente des lacunes majeures qui doivent être corrigées au plus vite. « C’est un problème qui reste entier et qui n’est pas pris au sérieux, malgré toutes les excuses que la Ville nous donne sur les délais, sur ceci ou cela. On les connaît, leurs excuses. Ça prend une volonté et ça prend quelqu’un qui est en charge du dossier et ce n’est pas le cas », déplore M. Rousseau. 

« On prétend qu’on bouge, mais il n’y a rien qui avance », a-t-il ajouté.

Cet accident a levé le voile sur plusieurs enjeux de sécurité dans ce secteur très prisé par les touristes, notamment sur le plan de la circulation de transit, qui, bien qu’elle soit interdite, reste omniprésente. 

« Trouver une solution »

Parmi les solutions, il est aussi question d’aplanir la courbe en faisant l’acquisition d’une bande de terrain appartenant au Groupe Desgagnés, mais, après vérification, aucune démarche en ce sens n’a été initiée auprès de l’entreprise privée. 

Du côté de la Ville de Québec, on dit poursuivre « le travail d’analyse ». Le ministère des Transports ainsi que le ministère de la Culture sont impliqués dans le dossier. « La priorité est de trouver une solution qui assurera la sécurité de tous les utilisateurs », a affirmé David O’Brien, porte-parole.

La Ville doit installer des panneaux de signalisation recommandant une réduction de la vitesse à l’approche des deux courbes d’ici la fin de juin. 

Olivier Ouellet, gérant du Sapristi, reconnaît que la circulation des véhicules lourds dans le secteur est intense.

« C’est nuisible pour le bruit, le visuel, les odeurs et, comme on a pu le constater, ç’a même causé un accident. C’est un coin de rue propice à ça. Le trottoir est petit. C’est dangereux. Les camions lourds ont d’autres endroits pour passer, mais ils utilisent ce raccourci. Il y a définitivement un problème à cet endroit-là », a-t-il affirmé. 

« Pas sécuritaire »

Des témoins ont raconté qu’il arrive que des camions lourds empiètent encore sur le trottoir, comme en témoigne l’état de dégradation de la chaîne de rue.
Photo Diane Tremblay
Des témoins ont raconté qu’il arrive que des camions lourds empiètent encore sur le trottoir, comme en témoigne l’état de dégradation de la chaîne de rue.

« On voit souvent des camions qui embarquent sur la chaîne de trottoir, veux, veux pas, lorsqu’ils tournent. Le ciment est même usé », a ajouté M. Ouellet. 

« Sincèrement, je ne trouve pas ça sécuritaire du tout, mais je n’ai pas le choix de marcher là pour aller prendre l’autobus », a confié Anne Chaptal, qui travaille dans un commerce du boulevard Champlain.


Une accusation de conduite dangereuse ayant causé la mort a été déposée contre le chauffeur, Réjean Houde, 59 ans, qui doit revenir en cour le 7 septembre prochain pour la suite des procédures.