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La prison pour un pompier pédophile

L’homme de 36 ans a plaidé coupable d’avoir eu de multiples contacts sexuels avec une adolescente de 14 ans

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Photo d'archives Sébastien Perreault a cessé d’occuper ses fonctions de pompier en Montérégie à la fin mars, après avoir plaidé coupable de contacts sexuels sur une mineure en décembre dernier.

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Un juge a rappelé à un ex-pompier de la Montérégie qu’il ne pouvait rejeter le blâme sur une adolescente victime de ses abus sexuels avant de l’envoyer réfléchir en prison pendant sept ans.

« Vous aviez tendance à attribuer à la victime l’initiative de plusieurs gestes à caractère sexuel et à mettre la faute sur cette dernière », a déploré le juge Benoît Gariépy, en condamnant Sébastien Perreault, jeudi dernier, au palais de justice de Saint-Hyacinthe. 

« Une enfant de 13-14 ans ne peut pas vous inviter, ne peut pas consentir à quoi que ce soit de nature sexuelle. Pendant sept ans, j’espère que vous allez y réfléchir à chacune des journées », a poursuivi le magistrat dans son sermon.

Il y a six mois, l’homme de 36 ans qui était pompier à la Régie intermunicipale de sécurité incendie de la Vallée-du-Richelieu a plaidé coupable à des contacts sexuels sur une adolescente de moins de 16 ans. Les gestes s’étaient produits entre janvier 2017 et octobre 2018.

Elle en vomit son gâteau de fête

Perreault, une connaissance de la mère de la victime, s’est livré à de multiples épisodes d’attouchements sur l’ado, selon le résumé des faits présenté au tribunal.

Il a aussi eu une relation complète avec elle le jour de ses 14 ans. La jeune fille en avait vomi son gâteau d’anniversaire.

« Pendant que toi, tu vivais la belle vie, moi je pleurais et je n’allais vraiment pas bien. J’ai été obligée de voir un psychologue, un travailleur social, un intervenant de la CAVAC [Centres d’aide aux victimes d’actes criminels]... tout ça à cause de ce que tu m’as fait vivre. Aujourd’hui, j’avance avec la tête haute, et je ne me laisse plus marcher sur les pieds », a raconté la victime à son agresseur, dans une lettre lue par Me Claudie Gilbert, de la poursuite.

L’adolescente, que l’on ne peut identifier sur ordre du tribunal, se tenait droite devant Perreault durant l’audience.

Le pompier déchu a lui aussi lu un mot à la victime dans lequel il s’est excusé et s’est dit conscient « des répercussions psychologiques » que ses gestes ont eues dans sa vie. 

« Je vais surtout continuer à travailler sur moi-même pendant mon incarcération pour que cette situation ne se reproduise plus jamais », a-t-il dit.  

Sentence exemplaire 

Le juge Gariépy a ainsi entériné la suggestion commune de sentence.

« On parlait de deux relations complètes et quelques épisodes d’attouchements. Sept ans, c’est une sentence importante et sérieuse. Ce n’est pas le type de sentence qu’on retrouvait il y a quelques années », a salué Me Gilbert.

La procureure a également souligné la remarque du juge voulant que Perreault rejette une partie du blâme sur sa victime.

« On voit régulièrement des distorsions cognitives dans ce type de dossier. Les agresseurs prétendent que la victime a tenté de les séduire. C’est toujours surprenant de voir qu’on peut imputer une responsabilité à une enfant », a-t-elle poursuivi.

Pour la mère de la victime, dont on doit aussi taire le nom, il s’agit d’une peine « exemplaire ».

« Ma fille va mieux, elle est soulagée. C’est fini. On va pouvoir passer à autre chose. Je souhaite que ça fasse réfléchir d’autres personnes avant qu’ils commettent des gestes semblables », a-t-elle laissé tomber. 


Sébastien Perreault avait réussi à conserver son emploi de pompier durant plus de 3 mois après avoir plaidé coupable, même s’il s’était fait arrêter à la caserne.