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Les nombreux dangers de la pénurie de main-d’œuvre

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De toutes les provinces canadiennes, c’est le Québec qui est aux prises avec le pire problème de pénurie de main-d’œuvre. La situation est d’autant alarmante qu’on est en pleine période de déconfinement accéléré.

Les chiffres ? À la fin de mars dernier, selon les plus récentes données de Statistique Canada, il y avait 181 030 postes vacants. Ce niveau record représente 5,1 % de tous les emplois disponibles au Québec.

Par le fait même, le Québec affiche ainsi le plus haut taux de postes vacants au pays. Dans l’ensemble du Canada, à titre de comparaison, le taux de postes vacants s’élève à 4,1 %, soit un point de pourcentage de moins qu’ici. Chez nos voisins ontariens, le taux de postes vacants atteint à peine les 3,7 %.

ÇA EMPIRE DE MOIS EN MOIS

Malheureusement, la pénurie de main-d’œuvre québécoise a empiré depuis le premier trimestre 2020, dont la fin dudit trimestre coïncidait avec le déclenchement de la pandémie de la COVID-19.

À ce moment-là, il y avait au Québec 128 410 postes vacants. 

Un an plus tard, le nombre de postes vacants atteint les 181 030, en hausse de 52 620. Pour une magistrale augmentation de 41 %.

Imaginez le problème. À la fin de mars dernier, on était encore sous l’emprise du confinement. Le nombre de chômeurs s’élevait à 323 500. Et malgré ce grand nombre de chômeurs, il y avait 181 030 postes vacants.

Avec le grand déconfinement qui vient d’être enclenché à la grandeur de la province, il est évident que le nombre de postes vacants risque d’augmenter encore sensiblement.

De là le cri d’alarme lancé notamment par le Conseil du patronat et la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante.

LEGAULT DÉNIGRE ANGLADE

Et ce n’est sûrement pas en dénigrant la cheffe libérale Dominique Anglade qui prêche en faveur d’une solide immigration pour pourvoir une portion des postes vacants que François Legault va régler notre problème de la pénurie de main-d’œuvre.

Comme on sait, depuis son arrivée au pouvoir, le gouvernement Legault a freiné l’immigration. Lors de sa première année complète au pouvoir, soit 2019, le solde migratoire international a fondu de 10 649, pour terminer l’année à 34 195 immigrants.

C’était le plus faible solde migratoire international depuis 2003, soit en 16 années.

Évidemment, à cause de la pandémie, il ne fallait pas compter sur l’année 2020 pour attirer plus d’immigrants au Québec. Le solde migratoire international a bouclé 2020 avec seulement 23 601 immigrants.

L’IMMIGRATION, INCONTOURNABLE

Pour régler à long terme le problème de la pénurie de main-d’œuvre, il va falloir que le gouvernement Legault se fasse à l’idée qu’une solide immigration fait partie de la solution.

Et il est faux de croire que les défenseurs d’une solide immigration ne visent qu’à combler les jobs les moins payantes qui sont boudées par les travailleurs québécois.

C’est très réducteur de penser ainsi, n’en déplaise au premier ministre François Legault.

Chose certaine, le Québec fait face à un très grave problème de pénurie de main-d’œuvre. 

Toutes les solutions sont bienvenues, que ce soit une hausse d’immigrants, une augmentation de la rémunération, une accélération au niveau de la formation, une élévation des compétences. Etc. Etc.