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Médecins de famille: Legault évoque la menace de pénalités

Médecins de famille: Legault évoque la menace de pénalités
Photo Stevens Leblanc

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François Legault envisage d’utiliser les pénalités financières créées par l’ex-ministre de la Santé Gaétan Barrette, mais jamais appliquées, afin d’obliger les médecins de famille à prendre en charge un plus grand nombre de patients.  

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«Je le dis aux médecins de famille, à l'automne, on va travailler très fort à changer les choses», a lancé le premier ministre au moment de présenter son bilan de la dernière session parlementaire, à Québec, vendredi.  

Lors de la campagne électorale de 2018, la CAQ avait promis de réformer le mode de rémunération des omnipraticiens du Québec pour y inclure une part de «capitation». 

Autrement dit, certains médecins de famille seraient payés pour la prise en charge d’un groupe de patients, plutôt qu’à l’acte, comme c’est principalement le cas présentement.  

Toutefois, aucune entente en ce sens n’est encore survenue avec la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ).  

Après la carotte, Québec menace donc de sortir le bâton. «Il y a la deuxième approche, qui était l’approche de Gaétan Barrette, qui n’est pas nécessairement mauvaise, qui était le projet de loi 20, où il y a des pénalités si un médecin de famille ne prend pas en charge un minimum de patients», a commenté François Legault.  

«Donc, on regarde ces deux approches-là. Mais ce n’est pas acceptable, actuellement, qu’il y ait autant de Québécois qui n’ont pas de médecin de famille», souligne-t-il.  

Malgré son adoption sous le gouvernement Couillard, les pénalités prévues dans le projet de loi 20 – pouvant aller jusqu’à 30% de la rémunération d’un médecin – n’ont jamais été utilisées.  

La FMOQ dénonce 

«Je suis très surpris. Je trouve ça triste, malheureux, dans les circonstances», a déploré le président de la FMOQ, Dr Louis Godin, en rappelant l’implication de ses membres dans la dernière année pour lutter contre la COVID-19.  

«Je me serais attendu que le premier ministre, plutôt, souligne le travail des médecins de famille, comme celui des autres professionnels de la santé durant cette période de pandémie», ajoute-t-il.  

Dr Godin affirme que sa fédération ne s’est jamais opposée au principe de la capitation. Les négociations étaient très avancées, assure-t-il, avant d’être suspendues pendant la crise sanitaire.  

Mais son application est moins simple qu’il n’y paraît. Contrairement aux omnipraticiens ailleurs au Canada, qui œuvre souvent uniquement en cabinet, les toubibs québécois sont aussi appelés à travailler dans les hôpitaux et certains doivent enseigner.  

«Ce n’est pas un petit changement, c’est excessivement majeur», affirme le président de la FMOQ.  

«Mais on n’est pas fermés à la capitation. C’est simplement qu’on n’est pas rendus là. Et lorsqu’on va nous réinviter à négocier, nous allons répondre présents», dit-il.  

Dr Godin déplore que le premier ministre Legault ait recours à l’approche de l’ex-ministre Barrette. «C’est toujours les mêmes menaces. Qu’on arrête. C’est une recette qui ne fonctionne pas, la menace et la coercition. C’est bien prouvé, et je ne comprends pas qu’on ressorte ça», déplore-t-il.