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Roland-Garros: Nadal battu par Djokovic en demi-finales au bout de 4h de combat

Novak Djokovic.
AFP Novak Djokovic.

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Tremblement de terre à Roland-Garros: Rafael Nadal, treize fois sacré sur la terre battue parisienne et en quête d’un 21e trophée record en Grand Chelem, a été renversé par le N.1 mondial Novak Djokovic en demi-finales en quatre manches 3-6, 6-3, 7-6 (7/4) 6-2 au bout d’un combat d’anthologie de plus de 4h vendredi.

Novak Djokovic.
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Ce n’est que la troisième défaite de l’Espagnol en 108 matches à Roland-Garros. Djokovic, déjà vainqueur à Paris en 2016, affrontera le Grec Stefanos Tsitsipas (5e) en finale dimanche et y visera un 19e titre en Grand Chelem, pour revenir à une longueur du record co-détenu par Roger Federer et Nadal.

Rafael Nadal.
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Rafael Nadal.

Djokovic cherchera aussi à devenir le premier joueur dans l’ère Open, et seulement le troisième de l’histoire (après Emerson et Laver), à s’adjuger au moins deux fois chacun des quatre trophées du Grand Chelem. Ce que ni Federer ni Nadal n’ont réussi.

«C’est le plus grand match que j’ai joué ici à Paris, aussi pour l’ambiance. Le soutien était incroyable pour les deux joueurs, c’était fantastique», a apprécié le Serbe, alors qu’une dérogation au couvre-feu a été accordée aux 5 000 spectateurs présents pour rester jusqu’à la fin du match.

«Si tu veux battre Rafa sur son court, tu dois jouer ton meilleur tennis. Ce soir, c’était mon meilleur tennis», a-t-il ajouté.

«C’était un privilège d’être sur le court avec Rafa pour cet incroyable match», a-t-il encore déclaré.

Djokovic était déjà un des deux seuls joueurs à avoir battu Nadal à Roland-Garros, en 2015 en quarts de finale, avec le Suédois Robin Söderling en 2009. Il devient le seul à y être parvenu à deux reprises.

«J’ai donné tout ce que j’avais physiquement et mentalement» mais «je sais que je peux mieux jouer sur ce court», a estimé Nadal.

Tout s’est sans doute joué à la fin du troisième set, qui s’est étiré le temps d’un match de foot - 91 minutes précisément -, et que Djokovic a fini par arracher au jeu décisif, alors que l’Espagnol s’était procuré une balle de deux sets à un au jeu précédent.

Nadal ne s’était plus incliné à Roland-Garros depuis six ans. En 2016, il avait déclaré forfait avant son match du troisième tour.

Djokovic, lui, n’avait plus battu le Majorquin sur terre battue depuis 2016.

Première finale majeure pour Tsitsipas

Le Grec Stefanos Tsitsipas, N.5 mondial, s'est qualifié pour sa première finale en Grand Chelem à Roland-Garros en venant à bout de l'Allemand Alexander Zverev (6e) en cinq manches 6-3, 6-3, 4-6, 4-6, 6-3 en plus de trois heures et demie vendredi.

Stefanos Tsitsipas.
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Stefanos Tsitsipas.

À 22 ans, il devient le premier joueur grec à s'inviter en finale majeure, le joueur le plus jeune à y parvenir aussi depuis Andy Murray en 2010. 

Jusque-là, Tsitsipas avait perdu ses trois premières demi-finales en Grand Chelem (Open d'Australie 2019 et 2021, Roland-Garros 2020).

«Je me suis souvenu d'où je viens et de mes racines, mon rêve c'était de jouer ici, sur ces grands courts», a-t-il confié les larmes aux yeux.

«C'était très difficile, très émotionnel. Je suis passé par beaucoup de hauts et bas, c'est la victoire la plus importante de ma carrière jusque-là», a-t-il ajouté.

En se hissant en finale, Tsitsipas, joueur qui a gagné le plus de matches (39) depuis le début de la saison, celui aussi qui en a gagné le plus sur terre battue en 2021 (22), est finalement là où on l'attendait.

Au cours de la tournée sur ocre, le Grec s'est offert son premier Masters 1000 mi-avril à Monte-Carlo et est aussi passé au bord de battre Rafael Nadal à Barcelone, et Novak Djokovic à Rome.

Sur le court Central vendredi, Tsitsipas a mené relativement tranquillement deux manches à zéro, en moins d'1 h 20 min, en proposant une démonstration de tennis sur terre battue, à la fois offensif et appliqué, et avec une impeccable couverture de terrain.

«Très stressant»

Mais le match a pris ensuite une autre tournure.

Dans la deuxième manche déjà, Zverev s'était brièvement échappé 3 jeux à 0 avant que le Grec ne revienne en trombe enchainant 6 jeux de suite pour finalement s'adjuger la manche 6-3.

Mais dans les troisième et quatrième manches, le grand Allemand (1,98 m) est nettement monté en puissance au service, en termes de réussite derrière sa deuxième balle notamment, et a limité les fautes, quand Tsitsipas est devenu moins percutant et moins incisif.

Si bien que le Grec n'a eu quasiment aucune occasion dans ces deux manches (une seule balle de bris) et qu'après un peu moins de trois heures de match, Zverev a égalisé à deux manches partout.

Tsitsipas s'est retrouvé immédiatement dos au mur dans le set décisif, mené 0-40 sur son service d'entrée. Il a alors inscrit cinq points de suite pour se sortir de l'ornière, et c'est lui qui s'est emparé de la mise en jeu de son adversaire quelques jeux plus tard pour mener 3-1.

«C'était très stressant, tellement intense. Ce premier jeu, ça a été le jeu le plus important de la cinquième manche, je suis revenu, je suis resté en vie avec le soutien du public, j'ai senti qu'il y avait encore de l'espoir, qu'il y avait encore quelque chose à faire», a-t-il raconté.

Si Zverev, sur son service, est parvenu dans un premier temps à écarter - avec panache - quatre premières balles de match, le Grec a conclu dans le jeu suivant, dès sa première occasion, sur un as.