/finance/opinion/columnists
Navigation

Le CH, une bouée de sauvetage pour la relance

SPO
Photo Agence QMI, Thierry Laforce Des partisans du CH réunis devant le Centre Bell, plus tôt cette semaine.

Coup d'oeil sur cet article

Une équipe Cendrillon, un balayage contre les Jets après une remontée historique contre les Leafs, le tricolore est en train de ressusciter le centre-ville de Montréal après des mois de morosité pandémique. C’est un scénario inespéré pour la relance.  

Je me surprends moi-même : ma dernière visite au centre-ville remonte à janvier dernier. Je me souviens d’avoir ressenti, à l’époque, un frisson de désespoir. Avec ses locaux inoccupés, ses tours de bureaux vides et ses multiples cônes orange, comment pourrait-on ramener les Québécois au cœur de la ville de Montréal ? Nul besoin de se casser la tête, le sport est en train de faire le travail ! 

Des scènes de liesse, des terrasses bondées et une certaine fierté retrouvée, les Montréalais se sont réapproprié leur centre-ville cette semaine. Depuis un an et demi, on n’avait pas vu une telle action !  

« En 2014, ce sont les dernières séries disputées par le Canadien, nous avions calculé les retombées à 3 millions $ par match, m’a souligné cette semaine Michel Leblanc, PDG de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain. Ce sont des personnes qui dépensent dans les commerces, les restaurants et les bars. Il y a certainement un peu moins de monde, mais il y a tout un optimisme en ville en ce moment ! » 

Les succès du CH offrent une contribution économique indéniable, mais ils servent aussi à créer un lien social. Les projecteurs installés dans les parcs, les téléviseurs sortis sur les balcons et les restaurants sportifs déconfinés offrent une occasion de renouer avec les amis et les proches qu’on n’avait pas vus depuis belle lurette.  

Retour 

En se promenant dans le centre-ville cette semaine, on pouvait croiser des travailleurs se rendant au boulot avec leur chandail du tricolore. On prévoit un retour de 25 % des travailleurs cet été, et jusqu’à 50 % d’ici l’automne.  

Il n’y a pas que le cœur de Montréal qui se remet à battre. Partout au Canada, les centres-villes suscitent un nouvel engouement.  

À Vancouver, par exemple, il y a eu 4293 ventes de condos neufs au premier trimestre de cette année, soit plus du double que la même période l’an dernier. Selon la firme Altus, à Calgary, les ventes ont augmenté de 66 % pour atteindre 407 unités, et à Hamilton, les ventes ont triplé pour atteindre 515 unités.  

À Montréal, les ventes de condos sont en baisse de 4 % par rapport au début de 2020, mais elles sont supérieures à celles de la fin de l’année dernière. Et l’été s’annonce chaud sur le marché immobilier de la métropole. Peu d’investisseurs sont désormais prêts à parier contre Montréal.  

Gros défis 

Le télétravail à temps partiel risque cependant de réduire l’affluence. L’étalement urbain s’est aussi accéléré. Selon l’Institut de la statistique, entre 2019 et 2020, Montréal a perdu un total de 36 000 résidents, contre 28 000 l’année précédente. 

Il faudra aussi lutter contre le crime qui s’est développé dans plusieurs quartiers. L’itinérance, de son côté, a pris de nouveaux visages. Le Canadien aura beau gagner la Coupe Stanley, il y a loin de la coupe aux lèvres avant de réanimer complètement un centre-ville confronté à de tels défis !