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Les routes font pitié aux Îles-de-la-Madeleine

Il faudrait près de 20 ans pour remettre le réseau municipal en état

Route aux Iles-de-la-Madeleine - Chemin Patton
Photo Nigel Quinn Plusieurs routes municipales sont gravement abîmées aux Îles-de-la-Madeleine, comme c’est le cas ici, sur le chemin Patton.

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Destination touristique estivale prisée pour ses panoramas paradisiaques, les Îles-de-la-Madeleine sont paradoxalement aux prises avec un réseau routier lamentable. Selon le maire de l’archipel, il faudrait investir « facilement » 30 M$ pour refaire les routes abîmées.

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« Le dossier des routes aux Îles, c’est un éternel recommencement », lance d’emblée le maire des Îles-de-la-Madeleine, Jonathan Lapierre.

Le climat doux et humide des Îles jumelé aux sols marécageux et argileux représente un cocktail difficile pour l’état du réseau routier municipal de quelque 200 kilomètres, soutient le maire.

« C’est humide beaucoup plus longtemps, le sol est moins sec. Nous ne sommes pas sur un caillou de roche aux Îles, nous sommes sur un caillou de sable », illustre-t-il, ajoutant que la durée de vie maximale des routes est de 10 ans.

Ainsi, chaque fois qu’on répare une route, une autre est à refaire, dit-il.

<b>Jonathan Lapierre</b><br /><i>Maire des Îles-de-la-Madeleine</i>
Photo Nigel Quinn
Jonathan Lapierre
Maire des Îles-de-la-Madeleine

Beaucoup de travail

Le problème est si grand que la petite municipalité située au cœur du golfe du Saint-Laurent emprunte 1,5 M$ chaque année, depuis 2013, pour tenter de redonner un nouveau souffle aux nombreuses routes brisées. 

« Tant et aussi longtemps que je serai maire, chaque année, on va emprunter pour investir dans le réseau routier puisque c’est une priorité pour la population », soutient-il.

Mais, à ce rythme, la réparation du réseau pourrait s’étirer sur de 15 à 20 ans, affirme M. Lapierre.

Plus cher qu’ailleurs

Par ailleurs, le coût élevé du bitume, lié aux frais d’insularité, fait gonfler la facture pour les Madelinots.

« C’est certainement autour d’un 20 % plus cher qu’ailleurs. On ne peut donc pas réparer autant de kilomètres qu’ailleurs pour le même montant. Les entrepreneurs n’ont pas le même volume qu’ailleurs », explique M. Lapierre.

« Le ministère des Transports a ses propres règles d’appels d’offres et ça n’inclut pas les municipalités. Eux, ils ont des prix nationaux et nous, on a des prix locaux », poursuit-il.

Le maire souhaite que le gouvernement légifère afin de fixer des prix maximums au bitume. Il affirme d’ailleurs avoir rencontré chaque année le ministre des Transports en ce sens.

« On en discute, on revendique, on fait état de notre situation », dit-il. Jusqu’à maintenant, ses demandes n’ont toutefois pas été entendues, dit-il.

Entretenues par le ministère des Transports, la route principale (199) et quelques routes secondaires sont toutefois en bon état.

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