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L’ombre de la formation en ligne plane sur le réseau collégial

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La croissance prévue du nombre d’étudiants au cours des prochaines années donne des maux de tête aux directions de cégeps. Plusieurs établissements manquent déjà d’espace et cherchent des façons de répondre à la demande des étudiants. 

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L’enseignement en ligne fait partie des avenues envisagées.

«C’est une véritable menace», a soutenu la présidente de la Fédération nationale des enseignantes et enseignants du Québec (FNEEQ-CSN), Caroline Quesnel.

Selon Mme Quesnel, qui représente 85 % des professeurs de cégep de la province, la majorité de ses membres rejette le modèle d’enseignement expérimenté pendant la pandémie.

«Il y a des directions qui voient ce qui s’est passé depuis le début de la pandémie comme un laboratoire pour définir ce que sera l’enseignement supérieur du futur. Nous, on a le mandat de lutter contre [cette vision]», a-t-elle précisé.

Marcher sur des œufs

Les directions des cégeps savent qu’elles marchent sur des œufs avec l’idée d’étendre la formation en ligne. Les syndicats de professeurs s’y opposent, mais la croissance de la clientèle étudiante pose de nombreux défis. Le nombre d’étudiants devrait augmenter d’environ 20 % d’ici 2029. Des solutions s’imposent pour accueillir tous ces nouveaux étudiants.

Au ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, on indique qu’un «groupe de travail [qui réunit les collèges privés et publics] a été mis sur pied et [qu’]il a été entendu que les établissements vont mettre en place des mesures variables afin de répondre aux besoins accrus générés par cette hausse relative de clientèle étudiante. On peut penser par exemple à une offre accrue de cours d’été [...].»

La directrice des études du Cégep Édouard-Montpetit, à Longueuil, Josée Mercier, se montre plus précise. «Nous avons entrepris les discussions avec le syndicat des professeurs sur la question de l’enseignement en ligne», a souligné Mme Mercier, qui reconnait qu’il s’agit d’un sujet délicat.

Josée Mercier ajoute que l’offre de cours en soirée fait aussi partie des scénarios envisagés, mais là encore, la directrice des études entrevoit des difficultés. «Ce n’est pas tous les enseignants qui seront intéressés à se déplacer pour donner des cours le soir. [Si nous voulons maintenir leur intérêt et l’attrait pour la profession], peut-être que l’enseignement en ligne serait une solution.»

La présidente de la FNEEQ, Caroline Quesnel, soutient pour sa part que toute avancée dans l’enseignement en ligne devra faire l’objet de négociations avec les enseignants.

«La formation à distance existe déjà dans le réseau», a-t-elle souligné, «mais ce type d’enseignement est encadré par des moyens technologiques et la reconnaissance de la surcharge de travail qu’il exige».

«Ce que le modèle d’enseignement en ligne expérimenté pendant la pandémie a démontré, c’est qu’il mène à l’épuisement physique, moral et intellectuel des profs», a-t-elle conclu.