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L’art de retrouver ses repères

Michel Rolion
Photo courtoisie Michel Rolion partage ses journées entre l’écriture et l’animation de stages en programmation neurolinguistique (PNL) et en hypnose à l’Institut Génération Formation qu’il a créé à Montpellier, en France.

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Spécialiste en programmation neurolinguistique et en hypnose, le Français Michel Rolion propose cette année L’homme qui voulait mourir vivant, un roman initiatique qui suit le parcours de guérison d’Alain, un homme qui affronte à la fois un diagnostic de cancer et une séparation brutale avec sa compagne, Alyson. Convaincu qu’elle s’est réfugiée à New York, il décide de s’y rendre, dans l’espoir de la retrouver. 

Quittant les Alpes françaises pour la Big Apple, bien décidé à retrouver Alyson, Alain multiple les rencontres providentielles qui provoqueront petit à petit des prises de conscience et de grands changements dans sa vie et dans son attitude. 

En entrevue téléphonique depuis Montpellier, Michel Rolion parle avec enthousiasme de ce premier roman écrit avant la pandémie, où le héros est dévasté par un double tsunami. 

<strong><em>L’homme qui voulait mourir vivant</em></strong><br><em>Michel Rolion</em><br>Éditions Edito<br>376 pages
Photo courtoisie, Edito
L’homme qui voulait mourir vivant
Michel Rolion
Éditions Edito
376 pages

« Je n’ai pas du tout été influencé par le confinement. Mais essayer de vivre vivant aujourd’hui, c’est plus difficile. On est obligé, si on veut vraiment être très vivant aujourd’hui, d’avoir une vie intérieure riche, et c’est pas le cas de tout le monde », observe-t-il.

« J’aurai bientôt 60 ans. J’ai eu des enfants. Je vis avec la même femme depuis 40 ans. J’ai la chance d’avoir un équilibre. J’ai été psychothé-rapeute pendant longtemps et les psys sont débordés, en ce moment, en France. Les gens ne vont pas bien, et particulièrement les jeunes de 20 à 25 ans. »

Besoin de rêver

Michel Rolion voit des gens qui abandonnent leurs rêves. « C’est très grave, perdre ses rêves. C’est vrai que si on n’a pas de quoi manger ou qu’on est dans l’insécurité, ou pas de toit pour dormir, c’est vraiment grave. Mais dès que ces besoins de sécurité sont fournis, l’être humain a besoin de grandeur, de liberté. Il a besoin de rêver. »

Il souligne que les humains se posent des questions, avancent, réfléchissent au sens de la vie. « On a envie de faire quelque chose de notre vie. Et quand on ne peut plus le faire, il y a une mort du désir. Et quand il n’y a plus de désir, il n’y a plus d’envie. Il n’y a plus “d’en vie”. On peut le dire en un mot ou en deux mots. »

Ce concept apparaît à travers le roman et le désir de rester en vie, en dépit des épreuves, est fort. « Les deux grandes valeurs de la vie, pour moi, c’est l’amour et la liberté. Elles sont cadenassées derrière une vie qui est finalement très courte. En attendant, est-ce qu’on peut vivre intensément ? »

Alain, le héros du livre, est mis K.O. par un diagnostic terrible et par une perte amoureuse. « Il est en danger de mort parce qu’il a un cancer et il est en danger d’amour parce que sa compagne le quitte. Il est complètement dévasté et fait tout pour sauver les meubles. Du coup, il va devenir vivant. Quelquefois, on peut presque ressusciter d’une vie monotone parce que, justement, on est confronté à une situation extrême. »