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Nous étions pauvres, mais on ne le savait pas

ART-MARC-HERVIEUX
Photo d’archives

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Les parents de Marc Hervieux étaient des ouvriers du quartier Hochelaga-Maisonneuve. À la maison, son père écoutait la musique country à CKVL 850 tandis que Marc découvrait l’art lyrique en visionnant les émissions animées par Yoland Guérard. 


Es-tu originaire du quartier Hochelaga-Maisonneuve ?

Ma première résidence familiale était située au 1693 rue Valois, juste en face de l’église Saint Aloysius qui est devenue le site du parc Valois après que l’église a été détruite par le feu. Je suis tellement fier de mon quartier.

Tu n’enlevais pas tes patins pour le dîner ?

Le samedi matin, on jouait au hockey au parc Valois. Sur l’heure du midi, je n’enlevais pas mes patins dans la maison pour manger. En après-midi, une fois que ma mère ouvrait les lumières extérieures, c’était l’heure pour le retour à la maison.

Aimais-tu cuisiner ?

Ma mère devait travailler chez Drolet Uniformes après que mon père a été cavalièrement mis à pied après 42 ans de service à la Saint-Laurence Sugar. Dès ma première année à l’école, j’ai appris à faire mes repas du midi.

Une sortie mémorable c’était chez Michelle BBQ ?

Le restaurant Michelle BBQ était situé sur la rue Ontario. La seule fois que je suis allé dans un restaurant avec mes parents fut chez Michelle BBQ pour célébrer ma confirmation.  

Dans ta jeunesse, tu n’es jamais retourné avec tes parents au restaurant ?

À l’intérieur d’un restaurant, jamais. À l’occasion, on se dirigeait avec papa au légendaire restaurant Broadway à Pointe-aux-Trembles, mais on mangeait nos frites et hot dogs dans l’auto. 

Quel est ton premier emploi ?

Je travaillais quelques heures par semaine à la Biscuiterie Oscar. Ensuite, j’ai travaillé au CCSE Maisonneuve comme moniteur. 

Tu as a été un moniteur à la Base de plein air Sainte-Émélie ?

Après trois semaines, on m’a nommé le directeur de la base. Alors, j’animais des téléromans fictifs, des quiz comme à la télé, des soirées autour d’un feu de camp et, en fin de soirée, je chantais à la boîte à chanson. 

Tes talents de cuisinier t’ont aidé.

La cuisinière a subi un malaise cardiaque. Qui était pour lui succéder ? Je suis devenu l’heureux élu. Le jour avec le groupe de la cuisine, on préparait les trois repas et en soirée, j’animais les activités. 

Votre maison a été expropriée ?

Les gouvernements avaient décidé de convertir la rue Notre-Dame en une autoroute pour un accès vers le tunnel Louis-Hippolyte-La Fontaine. Près de 50 ans plus tard, l’autoroute n’a jamais vu le jour au détriment des familles qui ont vu leurs résidences se faire démolir.

Tu assistais aux matchs des Expos gratuitement.

Les pères de mes meilleurs amis à l’école primaire étaient des préposés aux tourniquets. Chaque fois, que j’allais au baseball, même au match des Étoiles en 1982, ils me laissaient franchir le tourniquet gratuitement avec un billet du match de la veille.

Vous faisiez la file d’attente pour jouer à un jeu vidéo.

Stéphane Monette était le seul de nos amis qui avait un jeu vidéo Atari. Sa mère ne voulait jamais plus d’une personne à la fois avec lui dans sa chambre. Après avoir disputé une partie, on retournait à la fin de la ligne pour jouer un autre match. 

Qui t’a inspiré à chanter de l’opéra ?

Ma grand-mère demeurait avec nous. Elle fredonnait toujours des chansons que j’aimais beaucoup. Plus tard, j’ai appris que c’était des opérettes, dont la célèbre Veuve Joyeuse

Parle-nous du Foyer Rousselot

Le Foyer Rousselot accueillait les personnes âgées non-voyantes. Malgré mon jeune âge, j’interprétais pour eux des chansons de leur époque, accompagné au piano d’une résidente, madame Frenette qui m’a beaucoup aidé. D’ailleurs tu viens de m’apprendre qu’elle était la belle-mère du fondateur d’Yvon Roy Sports et que son fils Robert jouait au baseball avec toi.  

Tu vas faire quoi comme travail ?

C’est la question que mon père m’avait posée quand je lui ai dit que je voulais devenir un chanteur. Il a ajouté que chanter c’était tout simplement un passe-temps et non pas du travail.

Quand as-tu décidé de faire tes études en musique ?

Après le décès de mon père, car je ne voulais pas le décevoir

Plusieurs universités américaines t’ont sollicité ?

Plusieurs universités m’ont offert des bourses d’études, mais j’ai choisi le Conservatoire de musique de Montréal. 

Quelle était la marque de ta première voiture ?

Je trouve l’anecdote entourant ma voiture plutôt drôle que la voiture elle-même. Quelle époque nous vivions ! J’ai acheté une voiture, je n’avais pas de permis de conduire ni d’assurance, mais cela ne m’a pas empêché d’aller voir ma blonde qui étudiait à Saint-Hyacinthe. 

Quelle rencontre a marqué ta vie ?

Sans aucun doute, la rencontre avec le réputé chanteur d’opéra (baryton) québécois Louis Quilico qui a été l’invité de la plupart des grandes maisons d’opéra aux États-Unis et en Europe.

Qui t’a permis de découvrir l’opéra ?

Monsieur Maurice Côté du CCSE Maisonneuve dirigeait une troupe de chanteurs dont je faisais partie. Nous présentions des spectacles qui, en réalité, étaient des opérettes. Monsieur Côté m’a aidé beaucoup à découvrir le monde de l’opéra.  

Qui aurais-tu aimé rencontrer ?

Le regretté grand chef d’orchestre français Georges Prêtre. Cependant, je me considère chanceux d’avoir pu rencontrer les plus grands chanteurs d’opéra, Luciano Pavarotti et Plácido Domingo.

Tu me sembles triste quand je te parle du Canadien.  

Mon père était un farouche partisan du Canadien. J’aurais tellement aimé qu’il puisse être présent lorsque j’ai interprété l’hymne national avant les matchs du Canadien en séries. Papa, à chaque fois, je pense à toi avant le match. 

Tu partages ta vie depuis 25 ans avec Caroline Rheault

Caroline Rheault et mes trois filles sont mes sources d’inspiration dans ma vie. Durant les moments difficiles de ma carrière, Caroline a toujours été présente pour moi.