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Le Canadien est à mi-chemin de l’objectif

SÉRIES : Maple Leafs vs Canadiens
Photo Martin Chevalier Le Canadien a besoin des services du défenseur Jeff Petry.

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Il ne faut surtout pas mésestimer le Canadien.

Chacun y va de son analyse, chez les entraîneurs, chez les décideurs, et tous sautent à cette conclusion. On reconnaît que les Golden Knights de Vegas devraient trancher le débat, mais attention : le Canadien ne débarque pas dans le carré d’as par chance.

Il a réalisé un parcours rempli d’obstacles qu’il a brillamment contournés en s’élevant à un niveau de compétition qu’on ne le croyait pas en mesure d’atteindre. Du moins, les indices de fin de calendrier étaient très contradictoires.

C’est pourquoi on répète un peu partout que les Golden Knights devront se méfier d’une équipe s’amenant à Las Vegas en ne souffrant d’aucun complexe. Une équipe qui a liquidé l’équipe, les Maple Leafs de Toronto, que tous les observateurs avaient choisie pour ce duel de la demi-finale.  

Il n’est donc pas étonnant qu’on s’invite à la prudence quand vient le temps d’étaler les arguments accordant une priorité aux Golden Knights ; on s’empresse d’ajouter que mésestimer un rival aussi déterminé, aussi intense, aussi courageux pourrait entraîner des contretemps causant de sérieux maux de tête à l’équipe favorite pour atteindre la finale. Donc, on reconnaît que les Golden Knights ont peu de faiblesses, mais on ne cache pas que le Tricolore est justement ce genre d’équipe capable d’exploiter les petits détails et de surprendre son adversaire.

Question de chance ?

Il ne fait aucun doute que le Canadien soulève bien des interrogations. A-t-il convaincu la chance de l’accompagner dans le but d’atteindre les objectifs dévoilés par Marc Bergevin en janvier dernier ? On peut évoquer, entre autres, que les Leafs ont perdu John Tavares, leur capitaine, dès le premier match de la série, et que, chez les Jets, Mark Scheifele a fait passer ses intérêts personnels avant ceux de son équipe, mais le Canadien n’a-t-il pas montré du caractère, n’a-t-il pas composé avec l’adversité en déployant un effort soutenu chaque soir ? N’a-t-il pas présenté un jeu collectif plongeant ses deux premiers rivaux dans la confusion et expédiant les meilleurs effectifs dans une profonde léthargie ?

Certes, la série entre les Golden Knights et leurs grands rivaux de la division Ouest, les joueurs de l’Avalanche du Colorado, a fait contraste avec tout ce qu’on a vu entre le Canadien et les Jets. Le rythme était endiablé, les joueurs des deux formations ont montré une belle créativité, et la robustesse était au rendez-vous ; on a donc respecté les standards que ces deux formations avaient établis au cours du calendrier régulier.

Combien de fois a-t-on entendu des propos suggérant que les Golden Knights et l’Avalanche évoluaient dans une autre ligue ?

Si l’on s’arrête sur les 82 points récoltés, on peut se laisser emporter.

Un calendrier trompeur

Mais oublie-t-on qu’au cours du calendrier régulier, les Golden Knights ont affronté les Sharks, les Kings, les Coyotes, les Ducks, des équipes médiocres, et les Blues ? Cependant, le Wild a réussi à leur tenir compagnie dans une certaine mesure, poussant même les Golden Knights à disputer un match ultime lors du premier tour. 

Le Wild, cette équipe inconnue, une des belles surprises de la saison, une formation regroupant de jeunes joueurs talentueux et entourant les deux gardiens d’une brigade défensive ayant accumulé plusieurs années de service.

Et si le Wild avait misé sur un gardien comme Carey Price...

Rien contre Cam Talbot. Mais Price aurait-il eu un impact plus important ? Sans dire que le Canadien pratique un style qui s’apparente à celui du Wild, il n’en demeure pas moins qu’on peut toujours dresser un parallèle entre les deux organisations. Des jeunes à qui l’on confie des responsabilités accrues, des vétérans qui ne ratent jamais une occasion pour rappeler à leurs coéquipiers la chance qui s’offre à eux de réaliser un exploit unique.

Mais, il y a Price.

Quel duel en perspective ! Carey Price contre Marc-André Fleury, ce gardien acharné, qui refuse toujours de se laisser abattre par l’adversité.  

Et pour Marc Bergevin et Dominique Ducharme, qui ont navigué sur une mer agitée pendant les six dernières semaines du calendrier, le mandat du début de saison est toujours à leur portée alors que sur 31 équipes, il n’en reste que quatre.  

Dans les moments les plus inquiétants, alors qu’on s’interrogeait sur leur avenir avec le Canadien, ils ont cru et croient toujours qu’ils ont mis en place une structure pouvant les conduire très loin. Ils sont maintenant à mi-chemin de l’objectif final.

Un adversaire redoutable

L’adversaire est redoutable. Corey Perry peut en témoigner. Les Stars de Dallas, l’équipe qui lui avait accordé un contrat d’un an, l’avaient écarté avec du jeu méthodique, avec une brigade défensive efficace et avec une grande détermination.

Toutefois, il faudra que Jeff Petry reprenne le collier le plus rapidement possible.  

Le top quatre créé pour affronter les Leafs et les Jets ne peut tenir le coup bien longtemps sans l’un de ses membres les plus importants, peut-être le plus important.

Vegas en six. Aurais-je choisi Vegas en ayant l’assurance que Petry ne raterait pas le début de la série ? Peut-être pas. Mais il ne faut pas mésestimer cette équipe, elle a du caractère.