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Omnium des États-Unis: retour sur un duel épique

Tiger Woods avait triomphé sur Rocco Mediate lors du tournoi 2008 à Torrey Pines

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Photo d’Archives Tiger Woods célèbre après son fameux oiselet au 18e trou à Torrey Pines, en 2008.

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Tiger Woods a marqué l’histoire du golf et l’imaginaire de millions d’adeptes à travers le monde, de multiples façons. Sa grandiose victoire au Tournoi des Maîtres de 1997 ou son retour triomphant à Augusta en 2019 sont à jamais gravés dans la bible du sport. Son sacre lors de l’Omnium des États-Unis de 2008 à Torrey Pines s’inscrit parmi les plus grands moments de sa carrière.

Il y a déjà 13 ans que Woods, sur une patte alors qu’il s’était à nouveau blessé au genou gauche en plus de subir deux fractures de stress à la jambe, a remporté une véritable pièce d’anthologie au 91e trou. 

Oui, 91 ! Les quatre rondes régulières en plus de celle en prolongation face au 158e golfeur mondial, Rocco Mediate, alors âgé de 45 ans, n’avaient pas suffi à couronner un champion tant le duel était époustouflant jusqu’au lundi. Woods avait calé un second oiselet au dernier trou pour éviter la défaite.

Pour la troisième fois de l’histoire du grand championnat américain, le vainqueur était couronné au terme d’une « mort subite ». Woods avait alors savouré un troisième titre du U.S. Open après ses conquêtes de 2000, à Pebble Beach, et 2002, à Bethpage. 

Cette semaine, l’Association de golf des États-Unis (USGA) est de retour à Torrey Pines, lieu de cette bataille épique, pour la 121e édition de l’Omnium américain.

Évidemment, quatre mois après son terrible accident de voiture, Woods n’y participe pas. N’empêche, cette grande victoire résonne encore dans le décor époustouflant de la banlieue de San Diego. Impossible de ne pas se rappeler l’un des meilleurs faits saillants de l’histoire du tournoi. Au même titre que le fameux 63 de Johnny Miller en ronde finale à Oakmont, en 1973, en plus de tous les autres.

Retour sur une semaine sensationnelle et un week-end historique sur les falaises du Pacifique. 

Une première

Pour la première fois de l’histoire, la USGA décide de jumeler les trois meilleurs golfeurs au monde lors des deux premières rondes. De retour d’une intervention chirurgicale au genou, sa troisième, Woods joue avec Phil Mickelson et Adam Scott. 

Après une ronde initiale de 72 (+1), le Tigre s’invite au tableau principal avec une carte de 68 (-3) à l’aube du week-end. 

Accusant jusqu’à cinq coups de retard à un certain moment sur le meneur Mediate le samedi après-midi, le meilleur golfeur au monde fait finalement des flammèches sur le neuf de retour. Même s’il grimace de douleur maintes fois, il enchaîne les coups fumants. Il réalise deux aigles, le premier grâce à un incroyable roulé de 65 pieds au 13e fanion, et un autre au 18e, sans oublier son approche parfaite depuis les abords du 17e vert, bonne pour un oiselet. 

À l’issue de 54 trous, il mène le championnat par un seul coup. Dans cette position, jamais un titre majeur ne lui a glissé entre les pattes. 

Woods démarre sa ronde finale avec un double boguey suivi d’un boguey alors que Mediate gruge de précieux coups. Mais son fer droit fait ensuite défaut sur plusieurs courts roulés, laissant son rival toujours en vie. Persévérant dans la douleur, Woods ne lâche pas. En retard par un seul petit coup en s’installant sur le tertre de la normale 5 du 18e, tous les espoirs sont permis. Deux mauvais coups laissent présager qu’il échappera le titre. 

Les poings en l’air

Mais pas si vite... Même Mediate refuse de célébrer trop tôt. Woods place son approche à une douzaine de pieds du fanion. Il fait alors opérer sa magie en calant l’oiselet. L’exclamation du descripteur de NBC, Dan Hicks, synthétise la journée et la route de Woods par une brillante phrase qui résonne encore aujourd’hui : « Expect anything different?! »

Rugissant, les deux poings en l’air, Woods force ainsi la prolongation qui aura lieu le lendemain. 

Le destin frappe durant la ronde de prolongation. L’avance de trois coups qu’il réussit à se forger fond sous le soleil californien. Le Tigre réussit encore à créer l’égalité avec un oiselet au 18e. Il finit ensuite la besogne avec une normale au 91e trou, mettant un point d’exclamation à un incroyable duel. 

C’est pourquoi depuis 13 ans, le film de cette édition de l’Omnium américain ne vieillit pas et fait toujours autant rêver.