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Québec accusé d’avoir créé un monopole au bénéfice de Lion

Le programme de subvention favoriserait outrageusement cette entreprise

GEN - LION ÉLECTRIQUE ET USINE DE BATTERIES
Photo Martin Alarie

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Plusieurs intervenants du monde du transport scolaire au Québec dénoncent un quasi-monopole octroyé à l’entreprise de Saint-Jérôme Lion Électrique par un programme bonifié de subvention du gouvernement Legault.

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Ce programme de 250 millions $ annoncé à la fin avril par Québec vise l’électrification du transport scolaire d’ici 2030. Il accorde une subvention de 150 000 $ par véhicule pour l’achat d’autobus électriques fabriqués au Canada.

Le hic, c’est que Lion Électrique, de Saint-Jérôme, est actuellement une des seules entreprises d’envergure à pouvoir se prévaloir de ce programme, selon des intervenants contactés.

Selon nos informations, des entreprises et organisations québécoises prévoient soulever le problème au cours d’une conférence de presse prévue cette semaine. 

Véronique Dubé, vice-présidente des opérations chez Autobus Thomas, à Drummondville, dénonce le fait que le programme avantage en ce moment outrageusement Lion.

  • Écoutez la chronique économique d’Yves Daoust, directeur de la section Argent du Journal de Montréal, sur QUB radio:

Sa compagnie compte une cinquantaine de travailleurs. Elle fait des affaires au Québec et dans les Maritimes.

« Le programme favorise totalement un autre joueur pour électrifier le transport scolaire. C’est quand même tout un fardeau que le gouvernement vient de mettre sur une entreprise en démarrage. C’est risqué de mettre 100 % du fardeau sur une entreprise en démarrage », dit-elle.

Emplois en jeu 

Selon cette dernière, de nombreux emplois pourraient être en jeu pour les entreprises actives ici dans le transport scolaire.

« En vertu du programme d’aide, il y a seulement Lion qui se qualifie, parce que ses autobus sont assemblés au Canada. Ça va amener une problématique. On a des doutes à savoir s’ils vont être capables de livrer la marchandise », avance de son côté Luc Lafrance, président de la Fédération des transporteurs par autobus du Québec.

« C’est sûr que s’il y avait de la concurrence, ce serait mieux », dit-il.

Trop rapide ?

Selon lui, l’expérience passée n’a pas toujours été positive. 

« Quand on a un problème avec l’électrique, il faut remorquer l’autobus jusqu’à Saint-Jérôme », explique-t-il. 

Selon un exploitant d’une petite flotte d’autobus scolaires qui a demandé l’anonymat, en vertu d’un projet de loi à venir, les exploitants vont bientôt être forcés d’acheter des autobus électriques. « C’est drastique, c’est trop rapide », dit-il.

Appelé à réagir, le porte-parole de Lion, Patrick Gervais, a indiqué que ces mesures favorisaient l’économie locale et que les problèmes rencontrés par Lion dans les dernières années avaient été corrigés.

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