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Omnium des États-Unis: Combat de coqs

Le scénario parfait à l’Omnium des États-Unis mettrait en vedette Brooks Koepka et Bryson DeChambeau

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Photo AFP Assisterons-nous à un autre épisode du feuilleton Koepka/DeChambeau à l’Omnium des États-Unis ?

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Dans le coin gauche, pesant 235 livres avec un sacre majeur et neuf victoires professionnelles : Bryson The Mad Scientist DeChambeau. Dans le coin droit, pesant 205 livres avec ses 15 victoires, dont quatre titres du Grand Chelem : Brooks « BK » Koepka. 

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Depuis la conclusion du Championnat de la PGA d’Amérique à Kiawah Island le 23 mai, le torchon brûle plus que jamais entre ces deux Américains. Si bien que certains ont évoqué la possibilité que l’Association de golf des États-Unis (USGA) les place sur le même trio lors des deux premières rondes de l’Omnium américain. Celui-ci prend son envol aujourd’hui sur les allées du South Course de Torrey Pines, en banlieue de San Diego, en Californie. 

Mais ce n’était que des ragots qui ont provoqué une petite tempête dans un verre d’eau en préparation au grand championnat américain. Contrairement à ce qui a circulé, ni le clan DeChambeau ni le clan Koepka n’ont refusé de jouer au sein du même trio. 

Dommage pour Gary Woodland, qui aurait été installé aux premières loges dans ce groupe. Il aurait souhaité souffler sur les braises ardentes d’un feu qui ne semble surtout pas vouloir s’éteindre. 

Le vétéran Webb Simpson estime que la USGA a plus à gagner en mettant l’accent sur le jeu à son championnat plutôt que sur deux joueurs. « Les rassembler dévierait trop l’attention, a-t-il expliqué, tout en disant prendre plaisir à leurs histoires. Ils ont créé une rivalité. C’est bon pour le golf. »

Le gros chat et la grosse souris

Retour sur cette soirée du 23 mai en bordure de l’Atlantique où la planète golf s’est emballée.

En entrevue avec le réseau Golf Channel, Koepka tente d’expliquer que son jeu sur les verts et sa lecture des surfaces ont fait défaut en ronde finale. Ce qui explique pourquoi il n’a pu devancer Phil Mickelson. 

Accompagné de son cadet, DeChambeau passe derrière et écoute l’explication. Ni une ni deux, on l’entend dire d’une voix basse : « Tu n’avais qu’à placer la balle sur la bonne ligne dès le départ ». 

Koepka roule instantanément les yeux et met une pause à l’entrevue, agacé par le commentaire effronté prenant des allures de déclaration de guerre dans le feu du moment. 

Cette séquence ne devait pas être mise en ondes. Elle surgit sur le web le lendemain et entraîne aussitôt un tabac. Les chaînes de télévision, les médias et les réseaux sociaux créent un immense feu de camp. 

La rivalité entre les deux golfeurs reprenait ainsi de plus belle, inquiétant au passage le capitaine de l’équipe américaine à la coupe Ryder, Steeve Stricker. Il les observe se picosser depuis si longtemps qu’ils pourraient miner l’esprit de camaraderie dans le clan de la bannière étoilée en septembre. 

Deux semaines plus tard, au tournoi Memorial de Muirfield Village, des spectateurs prennent à parti DeChambeau et crient « Brooksie », l’autre surnom de Koepka, qui ne participe même pas au tournoi. La scène amuse le double champion de l’Omnium des États-Unis (2017 et 2018), qui remercie ses supporteurs sur les réseaux sociaux, allant même jusqu’à leur offrir de la bière.

Nouvelle scène

Nous voici donc à Torrey Pines dans une nouvelle scène du feuilleton DeChambeau-Koepka. 

Bon nombre de leurs collègues prennent plaisir à dévorer leurs histoires. Mais Koepka se contrefout totalement des opinions de chacun au sujet de cette « guéguerre ». Il estime qu’elle est positive pour le sport puisque tout le monde en parle. 

« Ce qui me préoccupe, c’est ce que je fais sur le terrain. Si je me préoccupais de ce que les gens pensent, je vivrais dans un monde de souffrances », a-t-il mentionné lorsque questionné sur sa rivalité avec le champion défendant de l’Omnium des États-Unis. 

« Selon moi, cette histoire fait grandir notre sport. Elle est mise à l’avant-plan. Les gens qui ne s’intéressent pas tout à fait au golf, ou n’y jouent pas, sont interpellés. » 

De l’autre côté, DeChambeau dit s’amuser, tant et aussi longtemps que cette rivalité ne s’envenime pas et ne traverse pas la fine ligne du respect, de l’intégrité et de l’honneur. 

L’auteur d’un scénario parfait privilégierait un duel fondé sur les performances plutôt que sur un chapitre de roman-savon dans lequel tout est diaboliquement réfléchi. 

Dans un combat de coqs pour l’obtention du trophée en ronde finale, tous se délecteraient du spectacle. Dans ce cas, le sport serait franchement le grand gagnant.

121e Omnium des États-Unis

Parcours : Torrey Pines, South Course

Architectes : William P. Bell et William F. Bell (1957) / Rénové par Rees Jones 2002 et 2019

Champion en titre : Bryson DeChambeau

Bourse totale (2,25 M$ au champion) : 12,5 M$  

7685 verges

Normale : 71


Fanion le plus difficile lors de l’Omnium 2008 : La normale 4 du 12e (501 verges) avec un score moyen de 4,58 coups

Meilleure ronde lors de l’édition 2008 : 65 (-6) par Heath Slocum en 4e ronde

Rendement des champions après la 1re ronde depuis 50 ans : 62 % se trouvaient dans le top 10

Champion ayant atteint le moins souvent l’allée depuis 40 ans : Bryson DeChambeau en 2020 à Winged Foot (41,1 %)

Meilleurs scores moyens à l’Omnium depuis 20 ans : 1. Brooks Koepka (70,35 coups) 2. Patrick Reed (71,35 coups) 3. Louis Oosthuizen (71,41 coups)

 ► 7 h 29 * : Brooks Koepka, Collin Morikawa, Justin Thomas

13 h 25 * : Jordan Spieth, Scottie Scheffler, Will Zalatoris

1996 : Steve Jones est devenu le golfeur occupant le plus haut rang au classement mondial à gagner l’Omnium. Lors de son arrivée à Oakland Hills, au Michigan, il était classé au 99e rang. Dans sa bataille en prolongation face à Tiger Woods, en 2008, Rocco Mediate occupait le 158e échelon.

-9 : Meilleur score relatif à la normale dans l’histoire du US Open. Justin Thomas avait enregistré une ronde de 63 à Erin Hills en 2017.

* Heure du Pacifique (+3 h au Québec) 

Joueurs à surveiller

Jon Rahm

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26 ans | Espagne

  • Rang mondial : 3e 
  • Présence à l’Omnium : 6e
  • Tops 10 / Meilleur résultat : 1 / 3e en 2019
  • Distance moy. à l’approche depuis 200 verges : 48,5 pieds (18e)
  • Taux de verts en coups prescrits : 71,25 % (5e) 

Rambo est dominant des tertres aux verts cette saison. Il sait gagner de précieux coups sur ses rivaux. Il connaît Torrey Pines qui occupe une place particulière dans son cœur puisqu’il y a remporté sa 1re victoire chez les pros en 2017. S’il réussit à garder la balle dans les allées, il sera très dangereux. Surtout s’il garde
son sang-froid. 


Xander Schauffele

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27 ans | États-Unis

  • Rang mondial : 6e
  • Présence à l’Omnium : 5e 
  • Tops 10 / Meilleur résultat : 4 / 3e en 2019
  • Avantage compétitif (SG)* sur les verts : ,699 (8e)
  • Taux de réussite dans les fosses pour sauver la normale : 67,14 % (1er)

Abonné aux excellentes performances en tournois majeurs depuis le début de sa carrière, il n’a jamais été exclu du top 10 à ses 4 participations au US Open. Il a grandi à l’ombre de Torrey Pines. Il se démarque dans toutes les sphères de son jeu. Depuis l’herbe longue, il est efficace. Et autour des verts aussi, notamment dans les fosses. Une qualité nécessaire à Torrey. 


Scottie Scheffler

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24 ans | États-Unis

  • Rang mondial : 17e 
  • Présence à l’Omnium : 4e
  • Tops 10 / Meilleur résultat : 0 / 27e en 2017
  • Avantage compétitif (SG) des tertres : ,610 (11e)
  • Moy. score sur normale 4 : 3,97 (5e)

Un choix intéressant puisqu’aucun golfeur n’a fait mieux lors des quatre derniers tournois majeurs. Il a retranché 18 coups à la normale. Il devance ainsi les Johnson (-15), Rahm (-14) ainsi que Matsuyama et Reed (-13). Le Texan connaît une bonne saison en comptant 6 tops 10 en 22 sorties. Il cherche à signer une première victoire.  


Louis Oosthuizen

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38 ans | Afrique du Sud

  • Rang mondial : 18e
  • Présence à l’Omnium : 12e 
  • Tops 10 / Meilleur résultat : 4 / 2e en 2015
  • Distance moy. à l’approche depuis 200-225 verges : 36 pieds (7e)
  • Avantage compétitif (SG) sur les verts : ,990 (1er)

Shrek est mûr pour un second sacre majeur depuis l’Open de St.Andrews en 2010. Il connaît du succès sur les configurations de la USGA. Depuis Chambers Bay en 2015, il compte 3 tops 10. En contrôle cette saison, il mène le circuit de la PGA par son efficacité sur les verts. 

Les notes de Torrey Pines

◆ Le champion en titre Bryson DeChambeau a remis le précieux trophée métallique gagné avec panache il y a neuf mois à Winged Foot. En pleine pandémie, il ne l’a pas trimballé à travers le pays. Mais il l’a amené dans sa ville natale de Modesto, dans le centre de la Californie. « C’était plaisant de le présenter à des gens qui m’ont aidé à obtenir du succès dans ma vie. D’une certaine façon, j’ai pu redonner à ma communauté. » 

◆ En parlant de trophée, DeChambeau ne compte pas changer sa stratégie payante à Torrey Pines. Il entend être aussi agressif que l’an passé depuis les tertres. « Je vais tenter les longues claques autant que possible et lorsque je ne serai pas dans l’allée, je vais essayer de me sortir d’impasse », a-t-il affirmé à l’aube du US Open. 

◆ L’an dernier, DeChambeau avait fracassé plusieurs records du livre d’histoire du tournoi. Sa moyenne de coups de départ à 325,8 verges le place au sommet de cette catégorie parmi les champions. Il avait devancé Brooks Koepka qui avait enregistré une moyenne de 322 verges lors de son sacre à Erin Hills en 2017. Et à l’opposé du spectre alors qu’il avait misé sur la puissance plutôt que la précision, « The Mad Scientist » était devenu le champion ayant atteint le moins d’allées lors des 72 trous. Il avait affiché un taux de précision de 41,1 %. 

◆ Un seul trophée du Grand Chelem manque au vétéran Phil Mickelson qui a fêté hier son 51e anniversaire. C’est celui du US Open. La scène est parfaite alors qu’il a remporté le Championnat de la PGA d’Amérique contre toute attente il y a moins d’un mois. Dans son patelin de La Jolla, il pourrait enfin mettre un terme à sa malédiction. À six reprises, Lefty a terminé au second rang du US Open. 

◆ Les statistiques mentent rarement. Depuis 20 ans, les champions du US Open atteignent en moyenne 68 % des verts en coups prescrits. À travers les âges, ce tournoi a toujours récompensé la précision et la régularité. 

◆ La USGA a annoncé qu’environ 10 000 spectateurs franchiront chaque jour les tourniquets de Torrey Pines, ce qui représente environ le quart de la foule habituelle. 

◆ Pour cette 121e édition, la USGA a reçu 9069 inscriptions aux qualifications. Des 156 participants au US Open, 43 golfeurs vivent leur baptême de feu et 15 font un retour à Torrey Pines après avoir disputé l’édition 2008. Quatre Canadiens y participent : Corey Conners, Adam Hadwin, Mackenzie Hughes et Taylor Pendrith.