/opinion/blogs/columnists
Navigation

Sortir par la petite porte

La députée Claire Samson
Photo d'archives La députée Claire Samson

Coup d'oeil sur cet article

Claire Samson a donc été expulsée, avec raison, du caucus de la Coalition avenir Québec après avoir contribué à la caisse électorale du Parti conservateur d’Éric Duhaime, un parti adverse qui remet ouvertement en question les mesures sanitaires et qui compte plusieurs complotistes parmi ses sympathisants.

La politique, c’est avant tout un sport d’équipe où la loyauté est au cœur de tout. On peut être en désaccord avec certaines orientations, on peut être amer et déçu de ne pas avoir les responsabilités promises, on peut avoir des différends avec la garde rapprochée du chef, mais, publiquement, on se doit d’afficher une solidarité inébranlable (sauf au PQ, mais ça, c’est une autre histoire).

Claire Samson s’est «autopeluredebananisée», comme dirait feu Jacques Parizeau. Non seulement n’a-t-elle jamais caché son amertume de ne pas avoir été nommée ministre, elle qui était perçue par plusieurs comme un poids lourd de la culture, le premier ministre lui préférant Nathalie Roy, mais elle a souvent exprimé publiquement des opinions et des positions divergeant de celles de son propre gouvernement.

«La rancune est mauvaise conseillère», selon le dicton. Plutôt que de démissionner avec fracas pour marquer sa divergence sur la langue française et sur l’intégration des nouveaux arrivants, elle s’est fait montrer la porte par le premier ministre pour manque de loyauté. Je dirais même pour manque de jugement. 

Ça m’est d’ailleurs incompréhensible. Si elle était si déçue de ne pas avoir été appelée au Conseil des ministres, ce n’est pas en finançant un parti marginal (qui ne sera fort probablement pas porté au pouvoir) qu’elle facilitera sa route vers la salle du Conseil des ministres. Si elle voulait vraiment appuyer le Parti conservateur et si les idées d’Éric Duhaime la séduisaient, pourquoi ne pas avoir tout simplement «traversé la Chambre» et annoncé qu’elle serait la toute première députée de cette formation politique? Elle aurait pu marquer l’histoire, non? 

Comment se fait-il qu’elle ne comprenne toujours pas que, lorsqu’on est membre d’un caucus, on ne contribue pas financièrement à la caisse d’un parti adverse? Il ne s’agit pas, ici, de lois ou de règles d’éthique, il s’agit simplement du gros bon sens. Ce sont finalement 100$ qui coûtent très cher à Mme Samson, désormais députée indépendante d’Iberville. Cent dollars qui feront en sorte qu’elle quittera la vie politique par la petite porte. 

Si elle finit par porter les couleurs conservatrices en Chambre, je conseille à Éric Duhaime de surveiller religieusement le registre public des dons politiques sur le site du DGEQ, il pourrait y avoir des surprises!