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Une bête différente

Les golfeurs font face à un défi fort différent pour l’Omnium des États-Unis

4th Hole
Photo courtoisie, USGA

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Hôte de l’Omnium Farmers Insurance en janvier, il ne faut surtout pas s’attendre à ce que le South Course de Torrey Pines offre un défi semblable aux 156 golfeurs participant à l’Omnium américain. Surtout pas ! C’est une bête complètement différente. Il sera infiniment plus compliqué.

En préparant méticuleusement le parcours depuis la conclusion du Farmers le soir du 31 janvier, l’Association de golf des États-Unis (USGA) en a changé la configuration. À commencer en abaissant la normale à 71. Le sixième fanion, une normale 5 de 515 verges pour le tournoi du circuit de la PGA, est devenu une très longue normale 4. 

Il serait donc très surprenant de voir le champion plonger sous la barre des -10 comme les vainqueurs des cinq dernières éditions du Farmers. En 2008, Tiger Woods avait remporté l’Omnium des États-Unis sur ce même parcours en affichant un score cumulatif de -1 à égalité avec Rocco Mediate. On se souvient du duel épique en prolongation pour déclarer le vainqueur. Sur une jambe, le Tigre avait remporté son 14e sacre majeur.

Transformation

Dans sa philosophie, la USGA souhaite présenter le test ultime de golf. Le tournoi doit être gagné en affichant un score près de la normale. C’est pourquoi elle prépare les parcours les plus diaboliques.

À cet égard, Woods a déjà souligné qu’il est impossible de se préparer à une véritable gifle en plein visage. C’est exactement ce que représente le US Open. Chaque année, on voit des golfeurs en baver et piocher, au grand plaisir des plus sadiques amateurs. 

L’équipe d’agronomes et le surintendant Rich McIntosh ont pris possession du parcours depuis fort longtemps. Au fil de l’hiver et du printemps, ils ont modifié la combinaison des herbes et resserré les allées en laissant l’herbe longue pousser. Ainsi, le fameux « kikuyu grass » est plus dominant à travers le « rye grass » et le « poa annua ». 

Le « kikuyu grass » est un type de gazon puissant ressemblant au chiendent. Selon sa densité et sa longueur, son large feuillage embête considérablement les golfeurs, surtout lorsque la balle se trouve en mauvaise position.

Selon l’ADN du US Open, l’herbe longue prend une tout autre signification. Cette semaine, elle mesure près de cinq pouces. 

« En 2020, après le Farmers, Rich McIntosh avait coupé le “rye grass” dans l’herbe longue afin d’encourager le “kikuyu grass” à prendre de la vigueur. La stratégie avait fonctionné, donc il a fait pareil cette année, a expliqué le directeur des championnats de la USGA, John Bodenhamer, mercredi en conférence de presse. 

« Nous n’avons donc pas besoin de laisser l’herbe longue pousser à plus de six pouces, a-t-il poursuivi en notant toutefois une certaine inconstance sur la propriété. Jusqu’à cinq pouces, les golfeurs en auront bien assez. C’est comme frapper sur du cuir. C’est plus difficile, épais et robuste. Ils savent à quoi s’attendre.

« Selon les positions de balles, ce sera possible ou non d’atteindre l’objectif. Ce sera un bon défi pour les joueurs. Ils auront à démontrer toutes leurs habiletés et prouver qu’ils sont les meilleurs de la planète. »

Ferme et rapide

La clinique d’agronomie terminée, il faut signaler que le South Course est maintenant beaucoup plus ferme et rapide. Voilà d’autres particularités chères à la USGA. 

Il est donc plus compliqué de contrôler les balles sur les surfaces. Avec le soleil annoncé durant la totalité du tournoi, on peut gager que les périodes d’arrosage seront très courtes, voire inexistantes pour accentuer le défi. 

Depuis le début de la semaine, les golfeurs ayant participé à l’Omnium Farmers en janvier, disputé sur les deux parcours de Torrey Pines, répètent qu’ils affrontent un terrain différent. 

Jordan Spieth n’avait pas résisté au couperet avec des rondes de 69 et 75. « Autour des verts, l’herbe est si dense et haute qu’on retrouve difficilement nos balles. À certains endroits en bordure d’allées, l’herbe est même tondue vers le tertre. C’est difficile d’y frapper un fer 7 pour retourner dans l’allée, a expliqué le Texan qui a remporté l’Omnium des États-Unis à Chambers Bay en 2015. 

« Les bons coups seront récompensés, surtout sur les trous les plus difficiles », a-t-il ajouté.

Torrey Pines – South Course

  • 7685 verges
  • Normale 71
  • 1er neuf | 3723 vgs
  • 2e neuf | 3962 vgs

Les grands tournois

  • 2008 : 108e Omnium des États-Unis
  • Depuis 1968 : Hôte du tournoi annuel du circuit de la PGA maintenant connu par l’Omnium Farmers Insurance

Attention dès le départ

4th Hole
Photo courtoisie, USGA

Dans l’univers du golf, on prétend que le coup de départ le plus intimidant se trouve à Augusta lors du premier élan au Tournoi des Maîtres. Le poids du prestige, de la perfection, de l’histoire et de la signification du moment pèse lourd. Le South Course de Torrey Pines ne donne pas facilement sa place en ouverture de tournoi, surtout pour l’Omnium des États-Unis. Durant la saison 2008, cette normale 4 de 446 verges a pris le second rang de tous les trous d’ouverture en vertu de sa moyenne de 4,36 coups. Celui du Royal Birkdale lors de l’Open britannique l’avait devancé à 4,51 coups. Trois fosses gardent l’allée étroite et l’approche au fanion se veut délicate, puisqu’il faut impérativement contrôler la distance sur un vert incliné vers l’avant. En 2008, Woods y avait inscrit trois de ses quatre doubles bogueys. Quand il avait placé la balle dans l’allée en ouverture de la ronde de prolongation, il avait levé les bras au ciel en souriant. Son rival Rocco Mediate, bien au fait de ses déboires, l’avait félicité avec plaisir. Woods avait finalement inscrit une normale. 

Défi ardu

4th Hole
Photo courtoisie, USGA

En 2008, la normale 4 du 12e fanion avait donné des maux de tête aux golfeurs. Avec une moyenne de 4,58 coups, ce trou de 501 verges fut le plus difficile du tournoi. Situé face à l’océan Pacifique, les golfeurs composent habituellement avec le vent soufflant du large. En plus de devoir placer la balle dans l’allée étroite depuis les tertres, ils ont à approcher le fanion la plupart du temps avec un long fer et même un bois. Deux fosses protègent le vers incliné vers l’avant.

Parcours public

Le complexe de 36 trous de Torrey Pines appartient à la Ville de San Diego. Surplombant les falaises donnant sur l’océan Pacifique, ce parcours municipal est l’un des plus connus en Amérique du Nord et à travers le monde. Chaque année, il figure au palmarès des plus beaux parcours publics des États-Unis publié par le magazine Golf Digest. Nommé en hommage à une espèce rare d’arbre sauvage qui pousse uniquement dans cette région côtière du comté de San Diego et de l’île Santa Rosa. À l’instar du parcours de Bethpage Black situé à Long Island et hôte des éditions 2002 et 2009 du US Open, les adeptes font la file à l’aurore pour espérer jouer à Torrey Pines. Il en coûte de 34 à 78 $ US pour les résidents de San Diego. La facture d’une ronde varie entre 75 et 250 $ pour les non-résidents.

Conditions météorologiques 

Jeudi

  • Brumeux le matin et ensoleillé avec passages nuageux l’après-midi
  • Max : 22 degrés C.
  • Vents : Sud-ouest de 7 à 15 km/h – Rafales de 15 à 20 km/h

Vendredi

  • Ensoleillé avec passages nuageux
  • Max : 22 degrés C.
  • Vents : Ouest/Sud-ouest de 7 à 15 km/h – Rafales de 15 à 20 km/h

Samedi

  • Ensoleillé
  • Max : 21 degrés C.
  • Vents : Ouest de 8 à 16 km/h – Rafales de 15 à 25 km/h 

Dimanche

  • Ensoleillé
  • Min : 21 degrés C.
  • Vents : Ouest/Sud-ouest de 8 à 16 km/h – Rafales de 15 à 25 km/h