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Souvenirs impérissables

Yohann Benson avait participé à l’Omnium des États-Unis à Torrey Pines en 2008

Yohann Benson
Photo d’archives Le Canadien Yohann Benson s’exécutant à l’approche du 12e trou à l’Omnium des États-Unis en 2008.

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On ne peut réaliser l’ampleur de l’Omnium des États-Unis sans avoir gravité dans l’environnement du plus grand championnat américain. C’est si immense et intense qu’on perd la notion du temps en plus de ses repères. En 2008, le Québécois Yohann Benson avait participé à la 108e édition du tournoi à Torrey Pines. Sans expérience, il n’a jamais réellement savouré son incroyable aventure. Retour sur l’un de ses plus beaux souvenirs en carrière.

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Benson, représentant le club de golf Whitlock à Hudson, n’avait que 26 ans quand il est débarqué en Californie à quelques jours de son premier coup de départ sur le South Course. 

Il avait obtenu son ticket en passant d’abord par la qualification locale à Dye Preserve, à Jupiter en Floride. Il était passé à l’étape sectionnelle en gagnant son ticket en prolongation. Et à Old Oaks, près de New York, les astres s’étaient alignés lors de sa seconde ronde de la journée. Terminant au deuxième rang, il avait donc accédé au fameux US Open où il avait rendez-vous avec les grandes stars en banlieue de San Diego. 

Tout s’était déroulé si rapidement, qu’il n’avait jamais vraiment réalisé l’ampleur du moment. 

« Je suis arrivé là comme un chevreuil sur l’autoroute. À l’aéroport, on m’avait tendu les clés de ma voiture de courtoisie. Une Lexus. Après, c’était l’inscription, la rencontre de mon cadet Mark Long, la prise de départ pour les rondes de pratique et tout le reste. C’était vraiment une grosse semaine », se remémore Benson avec plaisir en entrevue avec Le Journal

« Mais c’était trop tôt dans ma carrière pour que je puisse en profiter et bâtir sur cette expérience. Le moment est beaucoup trop gros. Tu ne réalises pas où tu te trouves et ce que tu fais. Tu es un étranger dans ce paysage.

« Je crois que je l’ai réalisé deux ans plus tard, ajoute-t-il. Ce n’est jamais facile s’adapter à un nouveau milieu, surtout celui-là. Je n’avais même pas une semaine de préparation et c’était en plein au US Open. » 

Adaptation difficile

Durant ces années, Benson évoluait sur le circuit canadien. Il n’était donc pas tout à fait prêt à affronter un parcours de 7600 verges et des allées bordées d’herbe longue épaisse prenant des allures de foin. 

« On n’a pas ce genre de parcours au Québec. On n’est pas habitué à des verts si durs et rapides. Cette combinaison nous est inconnue. On n’utilise pas souvent des longs bâtons pour entrer aux verts. C’est là que j’ai vu à quel point ces gars sont bons, s’est-il exclamé. Avec un fer 4 ou un fer 5, ils placent la balle sur le vert pas très loin du fanion en modifiant leurs trajectoires. »

Auteur de rondes de 83 (+12) et 78 (+7), Benson y a goûté. Surtout en visitant cette fameuse herbe longue. « C’était atroce ! Je suis un joueur assez précis et quand je manquais l’allée, je la ratais de quelques pieds, donc ma balle était vraiment enfouie. Les gars qui manquaient les allées par 30 verges étaient avantagés, car l’herbe était piétinée par les spectateurs. »

Autres souhaits

Tombé sous le couperet, Benson est fier d’avoir participé à l’Omnium des États-Unis. Bien que cette expérience n’était pas inscrite sur sa bucket list, il en garde des souvenirs impérissables puisqu’il l’a vécue avec ses parents. Elle lui a aussi permis de rencontrer des gens du milieu et de créer des amitiés qui perdurent depuis 13 ans.

D’ailleurs, il devrait recevoir un jour ses cartes de pointage qui appartiennent à un amateur de golf de la Colombie-Britannique. 

Depuis cette édition, il a tenté de se qualifier à nouveau sans être en mesure de percer le processus. Il ne baisse pas les bras, car il souhaite revivre ce moment qui l’a fait vibrer en juin 2008. 

« C’est si grandiose. J’aurais souhaité en profiter davantage. Je crois que je serais beaucoup plus confortable. J’ai quand même été cadet à plus de 200 tournois du PGA Tour et goûté à nouveau au US Open à Erin Hills en 2017 aux côtés de Russell Knox. »

Maintenant âgé de 39 ans, il vise un jour de participer à l’Omnium canadien. Et qui sait, il n’a pas rayé de sa bucket list une présence à l’Omnium britannique.