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Contradictions au PCQ d’Éric Duhaime

Samson ignore certaines des positions de son chef et semble en désaccord sur certaines

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La nouvelle députée du Parti conservateur du Québec (PCQ) Claire Samson admet ne pas connaître toutes les positions de son chef, Éric Duhaime, et les deux ne semblent pas s’entendre sur l’urgence de lever les mesures sanitaires.

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Questionné vendredi à savoir s’il fallait lever toutes les restrictions liées à la COVID-19 dans la province, la réponse de l’ancien animateur de radio a d’abord été claire : « Oui », a-t-il dit.

Relancée à ce sujet, la députée Claire Samson estime plutôt que le gouvernement Legault « aurait pu déconfiner un peu plus » ou, du moins, « accélérer le calendrier ». 

  • Écoutez l'entrevue d'Éric Duhaime au micro de Benoît Dutrizac sur QUB radio:   

« Il faut avoir au moins un plan pour dire à quelle date on déconfine tout », a répliqué par la suite Éric Duhaime, en nuançant sa position initiale.

À plusieurs reprises lors de ce premier événement de presse du PCQ à l’Assemblée nationale, les positions de la députée Samson et de son chef, Éric Duhaime, ont semblé se contredire, notamment sur la responsabilité de l’humain vis-à-vis des changements climatiques.

Au point où Claire Samson a admis ne pas connaître toutes les positions du parti auquel elle vient de se joindre.

« Je les connais sommairement, là, parce qu’on a discuté ensemble, là, mais je n’ai pas analysé dans le détail. Et il y a beaucoup de propositions », a-t-elle déclaré, moins de 72 h après avoir été exclue de la Coalition avenir Québec.

Cheffe parlementaire

Claire Samson sera nommée cheffe parlementaire du PCQ à la rentrée parlementaire, à l’automne prochain. La présence d’une élue du parti permettra au chef Duhaime de tenir des points de presse au Parlement et de profiter d’une plus grande visibilité.

Il s’agit de la première fois qu’une élue portera l’étiquette conservatrice à l’Assemblée nationale depuis la fusion du Parti conservateur et de l’Action libérale nationale en novembre 1935, une alliance qui avait permis de lancer l’Union nationale.     

  • Écoutez la chronique de Caroline St-Hilaire à l’émission de Pierre Nantel sur QUB radio:    

Claire Samson a été éjectée mardi du caucus de la CAQ après avoir fait un don de 100 $ au PCQ. Elle avait alors admis au président du caucus, Mario Laframboise, qu’elle avait rencontré Éric Duhaime.

Elle nie agir par vengeance

Rappelons qu’en 2018, la députée avait fait les manchettes après avoir été écartée du Conseil des ministres du premier ministre François Legault. 

Déçue et visiblement très irritée, elle avait à l’époque quitté le Salon rouge de l’Assemblée nationale en catimini avant la fin de la cérémonie d’assermentation.

Or, Claire Samson s’est défendue vendredi d’agir par vengeance contre son ancien chef, même si elle a formulé quelques critiques à l’endroit de son équipe.

« Quand on se présente en commission parlementaire et qu’on nous tend une feuille en nous disant : ça, c’est tes questions pour la ministre ; je m’excuse, mais moi, en tant que législateur, c’est un travail que je ne prends pas à la légère », a-t-elle entre autres dénoncé.

Approche « plus démocratique »

Éric Duhaime promet d’ailleurs qu’il aura une approche « plus démocratique » au sein de son parti, malgré les nombreuses positions controversées qu’il a défendues dans le passé.

« La politique du parti, ça va être celle majoritaire, a-t-il expliqué.

Ça ne sera pas moi qui va dicter les positions du Parti conservateur du Québec, évidemment. »

Selon le dernier sondage Léger mené pour le compte du Journal, le PCQ d’Éric Duhaime récolte 6 % des intentions de vote à l’échelle de la province et 14 % dans la région de la Capitale-Nationale.

De passage à Laval, le premier ministre, François Legault, a souhaité « bonne chance à Mme Samson et à M. Duhaime ».

À propos de l’entrée en scène d’un nouveau parti politique de droite à l’Assemblée nationale, le chef de la Coalition avenir Québec dit « ne rien tenir pour acquis, il faut gagner la confiance de la population à tous les jours ». 

Des déclarations controversées  

Questionné au sujet de ses anciennes prises de position, le chef du Parti conservateur du Québec, Éric Duhaime, sans les renier, dit que dorénavant, il ne parle plus seulement en son nom, mais au nom du parti. Voici quelques-unes de ses déclarations passées qui ont fait réagir : 

Mega Fitness Gym

Alors animateur au FM93, Éric Duhaime s’était entretenu en juin 2020 avec Dan Marino, propriétaire du Mega Fitness Gym à Québec. Ce dernier avait décidé d’ouvrir son établissement même si la Santé publique n’avait pas encore donné son feu vert. 

« Les gens qui sont abonnés à ce gym-là ou qui ne sont pas abonnés à un gym, allez-y. Allez l’encourager, allez vous entraîner [...] Il y en a un qui a le courage de dire “c’est assez” et d’ouvrir son gym, j’espère que vous allez être là pour lui donner un petit coup de main », avait soutenu M. Duhaime.  


Masques à l’école

L’ex-animateur a coorganisé le 23 août 2020 une manifestation à Québec pour dénoncer le port du masque à l’école. 

« Depuis le début [de la pandémie], il y a des gens qui s’opposent. À l’époque, à mon micro, j’ai été le premier à dénoncer le confinement exagéré, le port du masque obligatoire... Mais là, je pense que quand on s’attaque à des enfants de 10 ans, qu’on les oblige à porter un masque alors qu’il n’y a pas de preuve du bien-fondé de cette décision-là, c’est la goutte qui fait déborder le vase », a affirmé M. Duhaime dans un article du Soleil.  


Faire peur avec la pandémie

« On essaie de nous faire peur avec une pandémie qu’on se rend compte que la balloune est en train de dégonfler à tous les jours, qu’ils sont quasiment déçus, pour nous dire qu’il y a zéro décès, encore aujourd’hui, zéro nouvelle hospitalisation, c’est pas ça que vous allez entendre à TVA », a-t-il affirmé à Radio X, le 8 septembre 2020.