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On parle des vieux comme d’un problème à régler

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Le 15 juin était la Journée mondiale de lutte contre la maltraitance des aînés. Pour l’occasion, tout le gratin politique y est allé de sa petite déclaration sentencieuse et moralisatrice.

La ministre responsable des Aînés, Margueritte Blais, a d’ailleurs déclaré : « Pour assurer l’épanouissement des personnes aînées [...] il faut veiller à ce qu’elles soient traitées avec dignité et respect, et combattre toutes les sources de maltraitance. »

Doute

Vu le refus catégorique de la ministre d’ouvrir une enquête relativement aux 4000 aînés décédés dans les CHSLD, on pourrait douter de sa sincérité et l’affubler de quelques épithètes disgracieuses. Mais n’oublions pas que nous avons des politiciens à l’image de la société, de nos valeurs et de nos priorités.

Car, avouons-le, contrairement aux sociétés traditionnelles, la nôtre n’entretient pas la culture du respect envers les aînés, leur expérience ou leur sagesse durement acquises au fil des décennies.

Et même si on aime invoquer la solidarité et la dignité, ce n’est qu’un vernis. Notre société est profondément individualiste et matérialiste. Les valeurs exaltées sont celles du travail, de la productivité et de la réussite matérielle. Le reste semble accessoire, voire dépassé. 

On s’active à accumuler des biens plutôt qu’à faire le bien. On parle des vieux comme d’un problème à régler. On s’alarme de ce qu’ils coûtent au système de santé. Mais on oublie ce que le système de santé leur a coûté leur vie durant.  

Grandeur

On a coutume de dire qu’on juge de la grandeur d’une nation à la façon dont elle traite ses plus faibles. Notre société est certes économiquement avancée, mais quand elle pratique la maltraitance systémique et institutionnelle des anciens, c’est qu’elle est également humainement retardée. 

La lutte contre la maltraitance des aînés ne débute pas dans les instances étatiques, elle commence par un changement profond de culture et de mentalités. Y sommes-nous prêts ?