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La Zarra: et si Piaf chantait du hip-hop?

La Zarra
Photo courtoisie La chanteuse québécoise La Zarra, de son vrai nom Fatima-Zarah Hafdi.

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« J’étais en train de filmer un vidéoclip, à Marseille, et je me suis dit qu’est-ce que je fous là? Il y avait une grosse équipe à côté de moi et j’ai comme eu un moment de lucidité à me demander ce que j’étais en train de faire. Wow! » 

Elle s’appelle Fatima-Zahra Hafdi, mais a choisi le nom de scène La Zarra. Elle est Québécoise, elle arrive dans l’univers de la musique sur le tard, dans la trentaine, mais attention ; si les souhaits des labels Universal (au Canada) et Polydor (en France) se réalisent, vous n’avez pas fini d’en entendre parler. 

Ce n’est pas commun que deux étiquettes de disques aussi importantes, de chaque côté de l’Atlantique, sur la simple écoute de quelques chansons, misent gros sur une parfaite inconnue, ancienne coiffeuse devenue artiste à la faveur d’une rencontre avec le producteur montréalais Benny Adam. 

Ce qui a séduit les oreilles des bonzes de l’industrie? Son assemblage aussi efficace qu’inusité de variété française directement inspirée de son idole Édith Piaf et de hip-hop tout ce qu’il y a de plus contemporain. 

« C’est vraiment naturel », répond-elle, lors d’un entretien sur Zoom, depuis Paris, quand on lui demande d’où ça lui sort. « Ce sont les deux choses que j’écoute. J’avais cette vision dans ma tête. » 

Des classiques à chaque jour 

La Zarra affirme n’avoir jamais rêvé d’être chanteuse, même si elle a été élevée dans la musique. Elle est une enfant des années 90, fascinée par le rap de Tupac, Notorius B.I.G. et IAM. À l’autre bout du spectre musical, elle a aussi été bercée par les mélodies de Piaf, Aznavour, Brel et Barbara, que sa mère lui faisait écouter chez elle, à Longueuil. 

« Au départ, je n’étais pas particulièrement fan de Piaf. Son roulement de « r » m’embêtait. Aujourd’hui, je trouve ça fantastique. Je me suis replongée dans la variété française à l’âge de 15 ans et j’en écoute à chaque jour depuis. Ces chansons te permettent de visiter des sentiments que tu n’éprouveras pas dans la vie de tous les jours, de recréer des moments de mélancolie que tu n’as jamais connus », confie-t-elle. 

Comme elle a de la suite dans les idées, son nom de scène constitue un clin d’œil au surnom d’Édith Piaf, La môme. 

Premier extrait 

Jusqu’à récemment, La Zarra n’avait sorti que trois titres, tous des relectures sous forme de collages (mashup) de chansons hip-hop et de classiques français. La première, À l’ammoniaque mon Dieu, était un mélange d’À l’ammoniaque, du groupe français PNL, et du succès Mon Dieu, de Piaf. 

Il y a une semaine, elle a présenté un premier titre original, Tu t’en iras, aux stations de radio d’ici et de France. Ce morceau pop, formaté pour la radio top 40 et plutôt en décalage de ses autres compositions, est un avant-goût d’un album à venir plus tard en 2021. 

« Je ne réalise pas tout ce qui m’arrive encore parce que ça m’en prend beaucoup pour être impressionnée. C’est peut-être parce que je ne suis plus jeune, jeune. À 18 ans, on est plus impressionnable et on délègue davantage. Moi, j’aime contrôler ce que je fais. Je suis impliquée dans tout. » 

Le test de la scène 

Outre l’originalité de sa proposition musicale, ce qui frappe d’abord chez La Zarra, c’est sa voix. Une voix racée, chaude, qui évoque sans détour les grands d’autrefois. 

Dire qu’elle n’a jamais suivi de cours de chant. 

« À force d’écouter des chansons françaises, j’ai conditionné mon oreille à reproduire des mimiques. Ensuite, j’ai pu créer mon propre style. » 

En plus de l’album, la prochaine étape, cruciale, sera de présenter ses compositions sur scène. Jamais encore elle n’a chanté devant un public. 

« Ça me stresse vraiment, avoue-t-elle, mais en même temps, tout ce que je fais en ce moment, je ne l’ai jamais fait et ça fonctionne. Il faut que je me fasse confiance, que je pousse ma vision au maximum et ça va être correct. »