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Un bal pour tous: elle fournit des robes et des complets gratuitement

Marion Perreault récolte des robes de bal pour son projet depuis le mois de juillet 2020.
Photo Julien Garon-Carrier Marion Perreault récolte des robes de bal pour son projet depuis le mois de juillet 2020.

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Une jeune femme originaire de La Pocatière, dans le Bas-Saint-Laurent, récupère des robes de bal et de complets pour les prêter aux élèves moins fortunés afin qu’eux aussi profitent de cette soirée tant attendue.

Marion Perreault, une étudiante de 20 ans en travail social au Cégep de Lévis, a créé l’organisme Un bal pour tous, qui promeut l’utilisation de vêtements usagés pour les soirées de bal. «La plupart des vêtements n’ont servi qu’une seule fois et sont encore très beaux», a-t-elle affirmé lors d’une rencontre avec l’Agence QMI.

Inclusion sociale

«À la base, si tu n’as pas les moyens [...] payer pour porter un vêtement de bal pour quelques heures, c’est ridicule», a-t-elle admis, expliquant qu’Un bal pour tous «est complètement gratuit».

Marion Perreault. Les 90 ensembles de bal sont conservés dans des housses dans le grenier d'un organisme communautaire.
Photo Julien Garon-Carrier
Marion Perreault. Les 90 ensembles de bal sont conservés dans des housses dans le grenier d'un organisme communautaire.

Le tout a débuté en juillet 2020, alors que Marion Perreault travaillait dans un organisme communautaire qui tient une petite friperie à Saint-Jean-Port-Joli. «Je trouvais ça dommage que les robes de bal restent inutilisées», a-t-elle dit, ajoutant qu’elle était persuadée que «ça pouvait servir à quelqu’un».

Partant de quelques morceaux de vêtements cédés par la friperie, elle a ensuite récolté les dons de robes et de complets-vestons grâce aux réseaux sociaux et au bouche-à-oreille. Sa collection compte aujourd’hui 90 ensembles pour sa première année d’activité, ainsi qu’une quinzaine de paires de chaussures.

Elle entrepose le tout sans frais dans l’immeuble de l’organisme communautaire où elle travaillait l’été passé. Les élèves intéressés par ses services s’y rendent, essayent et choisissent leurs vêtements sur place, après avoir rempli un petit contrat qui stipule que les vêtements doivent être rendus dans le même état qu'ils étaient au moment du prêt.

«Éventuellement, j’aimerais ça aussi offrir des services de coiffure, d’esthéticienne, de couturière, de nettoyeur ainsi que de transport avec de belles voitures», a-t-elle laissé savoir. Pour y arriver, elle mise sur la générosité des commerçants qui offrent ces services, œuvrant elle-même comme bénévole avec les moyens du bord, sans financement.

Son projet dessert actuellement sept écoles secondaires dans trois MRC, soit Montmagny, L’Islet et Kamouraska, mais comme le gouvernement a autorisé la tenue des bals seulement la semaine dernière, elle n’a que deux usagers pour l’instant.

«Je n’ai pas beaucoup de demandes, mais j’ai envoyé des formulaires à quelques personnes qui m’ont contacté par l’entremise de la page Facebook d’Un bal pour tous», a-t-elle affirmé.

Une chance égale

Pour Raphaël, un élève de cinquième secondaire qui a eu recours au service d’Un bal pour tous, l’initiative de Marion Perreault constitue une véritable aubaine. «Juste les souliers ce n’est pas donné», a-t-il lâché en entrevue avec l’Agence QMI.

«Je suis vraiment satisfait. J’ai trouvé tout ce que je voulais», a-t-il dit, en prévision de la remise de diplôme le 23 juin.

De l’aveu même de sa mère, Manuella Lévesque, le «prix de l’habit» avoisine «les 300 $», alors qu’une location pour 24 heures tourne autour de 125 $.

«Ça me coûtait de le laisser aller avec un jeans propre et une chemise alors que sa partenaire s’est payé une belle robe», a dit Mme Lévesque.

«C’est vraiment un beau projet [Un bal pour tous]. Ça permet aux finissants un peu moins fortunés d’être aussi beaux et aussi belles que les autres», a-t-elle fait savoir.