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Tunnel Québec–Lévis: une partie du troisième lien risque de passer à travers un site patrimonial

Tunnel Québec–Lévis: une partie du troisième lien risque de passer à travers un site patrimonial
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Encore embryonnaire, le projet de troisième lien entre Québec et Lévis transformera la capitale québécoise. Et s’il se concrétise, une partie du tunnel risque d’aboutir en plein site patrimonial, a constaté le 24 heures.

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Ce sont les sorties du tunnel vers l’autoroute Dufferin-Montmorency et vers le boulevard Charest, aux limites du Vieux-Québec, qui sont au cœur du dossier. Si les plans et devis ne sont pas encore prêts, le ministère des Transports (MTQ) a déjà prévu faire passer ces structures «entre les bretelles actuelles dans la falaise à proximité de l’autoroute [440]», nous a-t-on confirmé par courriel.

Or voilà, cette section du Vieux-Québec est inscrite depuis les années 1960 au Registre du patrimoine culturel du Québec. Le même territoire apparaît depuis 1985 comme site du Patrimoine mondial de l’UNESCO.

Tunnel Québec–Lévis: une partie du troisième lien risque de passer à travers un site patrimonial
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Le cadre législatif en vigueur n’interdit pas la construction de nouvelles structures en plein milieu d’un site patrimonial. La ministre de la Culture et des Communications (MCC) a toutefois préséance sur la décision finale. Seule son autorisation officielle peut donner le feu vert à l’érection d’une nouvelle construction.

«Les projets soumis [à la] ministre sont analysés au cas par cas en fonction de leur effet sur les valeurs du site patrimonial du Vieux-Québec», a précisé le Conseil du patrimoine culturel du Québec sur son site internet.

Le bureau de projet du troisième lien a déjà présenté le projet au MCC.

Encore du chemin à faire

Le projet de troisième lien n’en est qu’à ses balbutiements. Si des appels d’offres ont été lancés, la production des plans et devis n’est même pas encore amorcée. Les sorties pourraient donc être déplacées.

Il est vrai que le MTQ entrevoit passer «à l’extrême limite de l’arrondissement historique», a convenu son porte-parole Nicolas Vigneault, vendredi.

«Même si l’emplacement exact de la sortie du tunnel Québec-Lévis reste à définir, l’équipe de projet travaille afin de connecter les sorties sur les infrastructures existantes dans le secteur, a-t-il ajouté. Des discussions ont d’ailleurs lieu [...] afin de s’assurer que les sorties du tunnel soient harmonisées avec la trame urbaine existante.»

Dans une vidéo présentée le mois dernier lors du lancement du projet, Québec fait clairement part de ses intentions. Le gouvernement souhaite faire passer une des sorties vers les bretelles existantes, au-dessus de la rue Saint-Vallier, à l’extrême ouest du Vieux-Québec. La deuxième emprunterait le même chemin, mais vers le nord et le boulevard Charest.

«Il va rester quoi?»

Encore hypothétique, cette vision inquiète dans le secteur. La chanteuse québécoise Paule-Andrée Cassidy, qui habite à deux pas de là, anticipe un choc si le projet se concrétise.

«Il va rester quoi dans le passage?» s’est-elle interrogée, la voix presque enterrée par le vrombissement des voitures au-dessus.

«À terme, tu recreuses un fossé entre les deux quartiers [le Vieux-Québec et Saint-Roch]», a-t-elle lancé.

Sommité en matière d’urbanisme à Québec, Serge Viau a été partie prenante du processus de classement du Vieux-Québec au registre de l’UNESCO dans les années 1980. L’ancien directeur général de la Ville de Québec le dit sans détour: faire passer des sorties à cet endroit, au-dessus du populaire îlot Fleurie, «ça n’a pas de sens».

«Je ne crois pas que ça va se faire», prévoit-il au bout du fil.

Au Conseil de quartier Vieux-Québec–Cap-Blanc–colline Parlementaire, on attend avec impatience les processus de consultation publique. «On va suivre le dossier avec beaucoup d’attention», a affirmé le président du Conseil, Alain Samson.

Beaucoup de travaux en 50 ans

Le secteur en question n’en est pas à ses premières péripéties de développement autoroutier. Dans les années 1970, on y construisait ce qui est depuis devenu l’autoroute Dufferin-Montmorency. Des centaines de citoyens étaient expropriés.

Dénoncée par plusieurs, l’autoroute a été partiellement déconstruite en 2007. Des deux bretelles qui trônaient au-dessus de l’îlot Fleurie – qui n’auront jamais servi –, il ne reste plus rien.

Le projet de troisième lien Québec-Lévis doit encore passer sous le radar du Bureau d’audiences publiques en environnement (BAPE), qui évaluera notamment l’acceptabilité sociale du tunnel. Ses travaux sont attendus dans les environs de 2023.

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