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Jaser de la vie en toute liberté

Pascale Wilhelmy
Photo Chantal Poirier Pascale Wilhelmy

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Inspirée par les confidences et les expériences de femmes de son entourage ou partagées par certaines sur les réseaux sociaux, Pascale Wilhelmy parle d’amour, d’amitié, d’intimité, des relations hommes-femmes, de polyamour, de solitude et d’espoir dans son nouveau roman, D’autres soupers de filles. Intimiste, tendre, teinté d’humour, il fait l’éloge de ces rencontres qui font du bien.

La famille, la maternité, la non-maternité, le polyamour, le manque d’amour et le fait d’être seule longtemps sont abordés ouvertement par les cinq amies présentées dans le roman précédent, Soupers de filles. Elles n’ont pas nécessairement les mêmes expériences, les mêmes opinions, ni les mêmes réactions à propos des sujets abordés. 

Elles sont parfois enthousiastes, parfois ennuyées, parfois en colère... mais les fous rires et les étreintes réconfortantes sont toujours présents.

Pascale Wilhelmy dit qu’écrire ce livre lui a quelque peu servi de refuge pendant la pandémie. « Je n’ai pas vu mes amies de filles. Zoom, ça a marché comme deux fois... parce qu’un 5 à 7 devant nos écrans, alors qu’on est devant nos écrans toute la journée, ça ne marche pas ». Je me suis inspirée de ce que je lisais sur les réseaux sociaux, des histoires de certaines personnes. »

Elle a aussi communiqué avec une femme qu’elle suit sur Instagram qui a décidé de ne pas avoir d’enfants, et qui s’est fait opérer en conséquence. « Je voulais comprendre sa démarche, savoir comment on fait le choix définitif, à 34 ans, de ne pas avoir d’enfant. »

Elle s’est ouverte à toutes sortes d’histoires et de choix de vie. « Je voyais son cheminement et je me disais qu’on n’est pas obligés de tous avoir la même vie. Il n’y a pas qu’un seul pattern de femme. Tu peux être célibataire et être heureuse, tu peux décider de ne pas avoir d’enfant et être heureuse aussi. »

Une part de vérité

Mais il y a tout de même une part de vérité dans son roman. « La seule chose qui est vraie, c’est ce que je raconte sur moi : ma vieille Toyota turquoise et les enfants. Quand tu te retrouves et que tu fais le constat que tu as perdu la moitié de l’enfance de tes enfants, parce que t’es séparée et que tu as la garde partagée. C’est un chapitre que j’ai eu de la misère à écrire. »

Pascale Wilhelmy considère que pendant ces fameux « soupers de filles », il y a bien des confidences qui se font et, parfois même, des bombes qui sont larguées. « Il y a de vraies confidences. Mais des bombes aussi, oui. Des fois, une fille va dire “j’ai plus de libido” ou des trucs qu’on n’aime pas chez notre conjoint. Des fois, on lance des grosses affaires et dans les soupers de filles, on va aller plus loin que ce qu’on aborde dans notre cercle intime. On veut valider si c’est arrivé à d’autres. Si on est normale. Si ce sont des choses qui peuvent se passer. »

Les soupers de filles, ça va très loin, note-t-elle. « Des fois, on peut se dire des choses importantes, et on sait que ça va rester entre filles. On parle de tout. »

Ces rencontres lui ont beaucoup manqué pendant les périodes de confinement. « Je m’ennuie de vraiment rire avec des amies. J’ai bien traversé cette pandémie grâce à ce roman. On a tous eu des journées plus grises et c’est là que j’écrivais les affaires les plus légères ou les plus drôles. C’était mon antidote et ça me faisait du bien. »

  • Pascale Wilhelmy est auteure, journaliste et chroniqueuse.
  • Elle a publié cinq romans chez Libre Expression, dont Où vont les guêpes quand il fait froid ?, finaliste au Grand Prix littéraire Archambault.

EXTRAIT

D’autres soupers de filles<br/>
Pascale Wilhelmy<br/>
Éditions Libre Expression<br/>
232 pages.
Photo courtoisie
D’autres soupers de filles
Pascale Wilhelmy
Éditions Libre Expression
232 pages.

« Cet épisode de l’intrus masqué est tout frais. Kim reçoit donc une part de mes angoisses. Sans filtre, sans élégance.

– Kim, ta gueule ! Tu ne sais pas de quoi tu parles. J’ai deux enfants, un appartement qui donne directement sur la rue, un détraqué qui rôde dans les parages. Alors oui, je me protège toute seule. Tu sais quoi ? Ces temps-ci, j’aurais envie d’un homme avec moi. Pas pour les caresses ou le sexe, juste parce que je dormirais mieux. Trouve-moi faible, mais je rêve d’être rassurée. Sincèrement, je serais heureuse de ne pas me coucher avec un bâton de baseball dont je ne sais pas me servir. Je voudrais traverser les nuits sans sursauter à chaque bruit. C’est simple, j’aimerais qu’on me défende. Et j’en ai plein le cul de me faire juger. »